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Centre d’innovation marin : le plan d’affaires est déposé

Les partenaires du Centre d’innovation marin, dont la Corporation de développement économique et la Ville de Grande-Rivière, ont déposé le 27 février le plan d’affaires du Centre d’innovation marin. Ce projet remplacera dans une certaine mesure la Zone d’innovation de l’économie bleue, refusée par le ministère de l’Économie en octobre 2024.

Le Centre d’innovation marin vise notamment à doter les institutions gravitant dans les pêches commerciales du «bateau du futur», une plate-forme de développement en conditions réelles, comme l’appelle le maire de Grande-Rivière, Gino Cyr.

«On mise sur un outil innovant, ce bateau du futur, qui agira de levier pour l’économie bleue. C’est un bateau de moins de 50 pieds (précisément 49 pieds) utilisé par les équipementiers pour faire des essais, et répondre aux besoins du secteur des pêches en matière d’innovation», aborde M. Cyr.

Ces besoins sont multiples. Il peut s’agir d’essais sur de nouveaux moteurs, de nouveaux équipements de pont pour les bateaux, de biocarburants, l’essai de nouveaux équipements de pêche ou d’instruments de navigation. Le bateau servira aussi d’outil de formation pour les étudiants de l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec de Grande-Rivière.

«Le bateau utilisé actuellement par l’École des pêches a été construit autour de 1985. Il est aujourd’hui dépassé et ne correspond plus aux attentes des établissements de formation ni à celles des entreprises qui ont besoin de faire des essais en mer pour tester ce qui a été conçu en laboratoire. On a besoin d’un bateau modulable, multi-espèces, et multi-propulsions», précise Gino Cyr.

Les partenaires du Centre d’innovation marin sont multiples, note-t-il, d’autant plus que réaliser des essais pour une somme appréciable d’innovation se bute souvent au coût prohibitif d’une plateforme pour réaliser les dits-essais.

«On travaille en partenariat avec l’École des pêches pour bien former les étudiants, avec Merinov et avec le Hub d’innovation de Grande-Rivière, pour faire des essais en mer. En plus de ces institutions, on peut aussi travailler avec l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli, ou le MPO (ministère fédéral des Pêches et des Océans) quand ils veulent faire des tests. Pendant la saison de pêche, on le sait, les bateaux sont mobilisés», rappelle Gino Cyr.

Dans sa volonté de faire du secteur de Grande-Rivière et de Sainte-Thérèse-de-Gaspé un pôle d’excellence en pêches et en aquaculture, le Centre d’innovation marin cherchera à améliorer concrètement les connaissances dans des domaines nécessitant de rapides progrès, comme l’adaptation aux changements climatiques, la cohabitation avec les mammifères marins, la pénurie de main-d’œuvre, la décarbonation de l’économie et la migration des espèces marines.

On retrouvera aussi sur le quai de Grande-Rivière un bâtiment dédié au bateau, incluant un laboratoire et une salle de formation. L’acquisition d’une remorque hydraulique autopropulsée et l’amélioration de la rampe du parc d’hivernement de Grande-Rivière font aussi partie du projet.

Un projet de près de 20 millions$

Gino Cyr parle d’un projet dont le coût se situera entre 15 et 20 millions de dollars (M$).

«On disposait d’une période allant jusqu’au 31 mars 2026 pour déposer le plan d’affaires et on l’a fait le 27 février. C’est un document de 160 pages. Il est déposé pour analyse de performance. On s’attend à un retour d’eux (les gestionnaires du ministère de l’Économie) rapidement. Il faudra une mise de fonds de 2 millions$ du milieu comme part régionale au projet. C’est 20 % normalement, mais on pense que ce sera possible si c’est 2 M$, étant donné le contexte économique. On n’a pas cet outil, on n’a pas de plateforme pour faire des tests commerciaux», explique Gino Cyr.

Conscient qu’une campagne électorale au Québec pourrait en un sens accélérer l’approbation du projet, mais ralentir son évolution l’automne prochain, le maire de Grande-Rivière vise l’entrée en service du nouveau bateau à temps pour la rentrée d’août 2027 à l’École des pêches et de l’aquaculture.

Les devoirs seront alors loin d’être terminés, puisqu’il s’agira d’assurer une transition comportant certaines contraintes budgétaires.

«Il faut assurer la rentabilité du projet à l’intérieur d’une période de cinq ans. On ne veut pas avoir des doublons. L’École des pêches contribuera à l’utilisation du bateau. Les capitaines de l’École des pêches seront à bord lors des sorties en mer», explique M. Cyr, ajoutant que les autres utilisateurs des installations contribueront aussi, raisonnablement, en vertu d’une approche clients visant à recouvrer les coûts d’exploitation.

Des partenaires sont déjà en marche pour travailler à la réalisation du projet, en plus de la Corporation économique de Grande-Rivière et l’administration municipale. Le chantier maritime Conception navale FMP, de Newport, la MRC du Rocher-Percé et la formation collégiale du Cégep de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine appuient déjà le projet.

«D’autres partenaires visés ont été rencontrés, comme le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, l’Association des crabiers gaspésiens, Concept Métal Plus, de Grande-Rivière, et Fipec, le fournisseur  d’agrès et d’équipements de pêche», signale notamment Gino Cyr.

L’endroit où sera construit le bateau sera déterminé par un processus d’appel d’offres. M. Cyr ne cache pas que l’entreprise Conception navale FMP, de l’arrondissement Newport de Chandler, est perçue favorablement.

«Conception navale FMP est un partenaire, mais on ne peut le préétablir (comme constructeur) parce que ce sera par appel d’offres que le contrat sera octroyé», insiste-t-il.

À l’origine, le premier projet piloté par la Corporation de développement économique et la Ville de Grande-Rivière se nommait la «Zone d’innovation de l’économie bleue». Le concept correspondait à une volonté de l’État québécois de créer plusieurs zones d’innovation nationales. Les déboires de la filière batterie, notamment, ont freiné, pour ne pas dire stoppé, la réalisation d’autres zones d’innovation.

Grande-Rivière avait mené avec Rimouski la Zone d’économie bleue. La démarche de Rimouski a rencontré quelques écueils majeurs, dont un important enjeu de gouvernance, alors que nous avions obtenu la note de passage. Il n’était toutefois pas possible de scinder le projet à ce stade, en octobre 2024.

Les données associées à la Zone d’économie bleue étaient ambitieuses, alors que le processus devait mener à des investissements de 800 M$ en 15 ans, dont 256 M$ à Grande-Rivière et Sainte-Thérèse-de-Gaspé. Dans le cas gaspésien, la mise de fonds privée se situait à 50 M$.

C’est à partir des vestiges de la Zone d’économie bleue que les autorités de Grande-Rivière ont élaboré un plus modeste Centre d’innovation marin.

«Le Centre d’innovation marin aura des suites», conclut Gino Cyr, ajoutant que les projets de la Zone d’économie bleue demeurent pertinents et réalisables à long terme pour la Gaspésie.

INNOVATION  – page 20 – Volume 39,1 Février – Mars – Avril 2026

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Gilles Gagné
Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.
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