Développement et modernisation sont au rendez-vous chez Les Crabiers du Nord

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L’entreprise de transformation nord-côtière Les Crabiers du Nord est en pleine expansion. En développement depuis un an et en partenariat avec Pêcherie Manicouagan, l’usine a amorcé, depuis quelques semaines, la production d’une nouvelle sauce aux fruits de mer. De plus, les  récents investissements de 1,3 million $ ont permis à l’entreprise de Portneuf-sur-Mer de moderniser ses équipements et d’accroître son développement.

Les deux entreprises de la Côte-Nord viennent de lancer une nouvelle sauce à base d’aliments entièrement naturels et créée à partir de deux produits marins du Québec, soit la mactre de Stimpson et la crevette nordique. «Ça fait plusieurs mois qu’on travaille là-dessus, raconte la directrice du marketing de Pêcherie Manicouagan, Janita Gagnon. On a eu l’idée, on y a réfléchi, on a fait des tests, on a présenté ça aux principaux clients potentiels pour aller chercher leur opinion et être sûrs de suivre toutes les étapes pour faire les bonnes choses et pour que le produit soit apprécié.»

Pêcherie Manicouagan et Les Crabiers du Nord ont consulté des spécialistes afin de développer la recette. «On a travaillé longtemps pour développer la recette en usine, pour ne pas se tromper, souligne Mme Gagnon. On est parti d’un produit maison et, après ça, on l’a mené ailleurs pour le mécaniser. On a vraiment pris notre temps pour développer la recette dans laquelle on avait confiance avant de dire que c’était la recette finale. On a fait des panels de dégustation et on a fait de petits ajustements pour en arriver au produit fini.»

PRÉPARATION FACILE

Pour l’instant, le produit et l’emballage ont été conçus pour le commerce de détail, en portion individuelle. La sauce est pasteurisée et présentée dans un sachet de plastique souple. Il suffit de la réchauffer sur la cuisinière. On peut aussi tremper le sachet dans l’eau chaude ou au four à micro-ondes. Il ne reste plus qu’à verser son contenu sur des pâtes ou un filet de poisson, «si on veut rehausser et rendre  un peu plus gastronomiques nos plats», suggère Mme Gagnon.

Le produit se conserve pendant 50 jours au réfrigérateur. «Donc, il a une belle durée de vie, souligne la porte-parole de Pêcherie Manicouagan. On peut aussi l’acheter congelé et le laisser décongeler. Le sachet se conservera 50 jours.»

LA MACTRE DE STIMPSON ET LA CREVETTE À L’HONNEUR

«La sauce est faite à 100 % à base de produits d’ici, décrit la directrice du marketing. Les produits qui sont mis en valeur dans la sauce sont la mactre de Stimpson et la crevette nordique. On a misé sur des produits haut de gamme. Nous sommes allés avec un produit où la qualité est à l’honneur.»

Selon la directrice du marketing, ce nouveau produit répond parfaitement aux besoins des consommateurs. En plus d’ajouter de la saveur et de l’originalité à leur assiette, cette sauce à la texture onctueuse est facile à préparer. «Pour l’automne et l’hiver, c’est une sauce réconfortante, estime Janita Gagnon.  On est fier de dire que, ces temps-ci, avec tout ce qui se passe, c’est tendance; les gens veulent consommer localement. C’est un produit 100 % d’ici, du Québec. Donc, le timing de lancement est, je pense, très bon.» De plus, les gens adorent la mactre de Stimpson, avance celle qui avoue avoir un coup de cœur personnel pour ce mollusque.

VALEUR AJOUTÉE

L’objectif poursuivi par la création de ce nouveau produit consiste à ajouter de la valeur à la mactre de Stimpson qui est peu connue et qui est principalement destinée aux marchés d’outre-mer. «Mais ça commence à être de plus en plus connu, se réjouit Mme Gagnon. On travaille vraiment fort pour garder tous nos produits  ici, pour que ça continue à bien aller. Éventuellement, notre objectif serait de ne plus exporter la mactre de Stimpson, de toute la garder ici. C’est sûr qu’en développant des recettes comme pour la sauce, ça met de la valeur au produit. Les gens qui goûtent à la mactre de Stimpson trouvent ça vraiment bon. On explique un peu c’est quoi et ça fait connaître l’espèce. C’est un produit bien de chez nous et ça mérite d’être connu parce que c’est délicieux!»

RÉPONDRE À LA TENDANCE

Le marché visé par ce nouveau produit est avant tout celui des commerces de détail locaux et, pour répondre à la tendance populaire, celui des ventes en ligne. «On voit plusieurs plateformes d’entreprises qui vendent plein de produits d’ici, qu’elles mettent dans des boîtes qui sont livrées directement à la porte, observe Janita Gagnon. C’est un produit qui est adapté pour ce genre d’entreprises-là.»

Après seulement quelques semaines de production, la nouvelle sauce est déjà disponible dans plusieurs poissonneries du Québec. «Ce n’est pas encore rendu dans toutes les grandes bannières, mais on travaille là-dessus, assure Janita Gagnon. Je suis présentement en pourparlers avec les chaînes. C’est sûr qu’elles sont motivées à travailler avec des entreprises locales comme la nôtre. J’ai confiance qu’on puisse la retrouver un peu partout dans les tablettes des supermarchés. J’espère!» À court et à moyen termes, l’entreprise compte prioriser le Québec et songera ensuite à agrandir son marché vers l’Ontario et les autres provinces.

La directrice du marketing de Pêcherie Manicouagan est confiante du succès de cette nouvelle sauce, d’autant plus que la compétition pour ce type de produit spécifique n’existe pas, à son avis. «Pour un produit de cette qualité-là et ses composantes, il n’y a pas de compétition directe.»

Si, pour l’instant, la nouvelle sauce est seulement disponible en portion de 250 ml, Pêcherie Manicouagan reçoit déjà des demandes pour un format HRI [hôtellerie, restaurants et institutions]. «Probablement qu’on va travailler à développer un plus gros packaging, indique Mme Gagnon. Les restos pourraient acheter cette sauce-là. Ce n’est pas compliqué; ils ont juste à la verser sur les pâtes et bingo!»

INVESTISSEMENT CHEZ  LES CRABIERS DU NORD

En octobre, l’entreprise Les Crabiers du Nord a investi 1,3 million $ afin d’acquérir de nouveaux équipements automatisés et numériques dédiés aux opérations de conditionnement, de cuisson et d’empaquetage. Pour l’aider à acquérir ces équipements, Développement économique Canada a accordé une contribution remboursable de 306 117 $ à l’usine de Portneuf-sur-Mer.

Les sommes ont principalement été affectées à l’achat d’un autoclave pour la pasteurisation et la stérilisation des produits en sacs de plastique et en pots de verre ainsi qu’à la ligne d’emballage. «L’autoclave permet de faire des conserves et de donner une valeur ajoutée à la troisième transformation, explique le directeur général des Crabiers du Nord, Gilles Gagnon. Sur la ligne d’emballage, on a maintenant une machine pour fabriquer les boîtes.» Si l’ancien équipement freinait le développement de nouveaux produits, l’autoclave ouvre maintenant la voie à de nouvelles offres sur le marché.

EFFETS POSITIFS SUR LES TRAVAILLEURS

En haute saison, lorsque l’usine est en pleine production de crabe de neiges et d’autres espèces, elle compte environ 75 employés. À cette période-ci, une vingtaine sont affectés à la fabrication de conserves. En plus de la production de la nouvelle sauce aux fruits de mer, l’acquisition de nouveaux équipements et la modernisation prolongent les opérations de l’usine, assurant ainsi aux employés une plus longue période de travail. «Ça fait travailler notre monde qui, normalement, est saisonnier, s’enthousiasme Janita Gagnon. Maintenant, l’usine roule quasiment douze mois par année. Il y a toujours une équipe en saison morte.»

Si les nouvelles technologies et la machinerie récemment installées contribuent à allonger la période d’opérationnalisation de l’usine, elles ne favoriseront néanmoins pas la création d’emplois additionnels. Elles viennent plutôt pallier le manque de main-d’œuvre. «Sur la ligne d’emballage, ça réduit un peu notre personnel, indique M. Gagnon. On manque tellement d’employés qu’on va pouvoir prendre ces personnes-là et les affecter ailleurs. De ce temps-ci, c’est très important quand on peut sauver un, deux ou trois postes. On n’a pas besoin de faire venir des personnes d’autres pays, comme des Mexicains.»

Le personnel des Crabiers du Nord est âgé. «Je n’ai pas encore fait le décompte, mais voilà quelques années, c’était 52 ans de moyenne d’âge, souligne le patron. Là, on a dû monter un peu parce que c’est tout le temps le même personnel.»

PAS D’IMPACT DÛ À LA COVID-19

La pandémie n’a pas eu d’impact négatif sur Les Crabiers du Nord. «Ça a bien été parce qu’on n’a pas eu de cas, se réjouit Gilles Gagnon. C’est sûr que, comme tout le monde, on a pris des mesures extraordinaires. Mais, on a été chanceux, tout s’est bien passé et on a pu travailler.»

Les ventes n’ont pas fluctué, à l’exception de la Chine, où il a été difficile pour l’entreprise d’exporter. «À cause de la COVID, ils demandaient toutes sortes de documents et c’était assez compliqué, explique le directeur général. Les relations entre le Canada et la Chine n’aident pas non plus! Mais, ça a débloqué dernièrement et ça va bien.»

Outre la Chine, les produits de première transformation sont exportés au Japon, aux États-Unis et un peu partout au Canada. Parmi ses projets, l’entreprise étudie la possibilité d’exporter en Europe. «On est certifié BRC (référentiel de qualité et de sécurité alimentaire du British Retail Consortium) et on a le droit d’exporter en Europe, mentionne Gilles Gagnon. Mais, à l’heure actuelle, on n’en a pas senti le besoin parce que nos produits étaient tous vendus.» Pour le moment, seules les conserves et la sauce aux fruits de mer sont destinées exclusivement au marché québécois.

À l’instar de plusieurs entreprises, la crise sanitaire a engendré des coûts supplémentaires pour Les Crabiers du Nord. «Le plexiglass pour la distance entre les employés, les masques et la prise de température avant chaque entrée des employés, c’était plus compliqué», énumère le patron. En dépit du fait que l’entreprise était déjà assez sévère en matière de lavage des mains, elle a dû ajouter des mesures encore plus strictes. «Le personnel a adhéré à ça et nos employés ont travaillé toute l’année. Ils sont très heureux de ça.» Comme l’usine n’a connu aucun ralentissement et qu’aucun cas de COVID-19 n’a été décelé parmi les employés, Gilles Gagnon estime que ces dépenses imprévues en valaient finalement le coup.

LA HAUTE-CÔTE-NORD – pages 28-29 – Volume 33,5 Décembre 2020-Janvier 2021

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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