Indices d’abondance commerciale et de productivité du homard : des seuils inégalés pour la population du crustacé des Îles-de-la-Madeleine

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La population de homard des Îles-de-la-Madeleine atteint des des seuils inégalés, tant en termes d’abondance commerciale que de productivité. Selon la nouvelle évaluation scientifique du stock présentée aux pêcheurs réunis en comité consultatif de gestion, le mardi 19 mars à Cap-aux-Meules, l’échantillonnage en mer de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML)   démontre que l’abondance 2018 est de 70 % supérieure à celle de 2015.

PICS HISTORIQUES

Le biologiste Benoît Bruneau, qui signe son premier rapport d’évaluation scientifique du stock de la zone 22, précise que la croissance 2018 est de plus de 110 % plus importante que la série historique 1985-2017. «Les débarquements de 2018 ont eux-mêmes atteint un pic historique de 91 % plus élevé que la moyenne des 25 dernières années, souligne-t-il. C’est une augmentation qui est phénoménale dans la série historique des données.»

M. Bruneau se félicite d’ailleurs de ce que les données sur les prises par unité  d’effort fournies par les pêcheurs par le biais de leur livre de bord, et insérées pour la première fois dans ce rapport d’évaluation triennal, confirment la tendance observée dans ses relevés au chalut. «On en est à une première étape à utiliser ces données et de les comparer avec les indicateurs traditionnels qu’on a utilisés par le passé, dit-il. Et, je suis très satisfait de voir que les résultats des estimés des pêcheurs suivent les mêmes tendances qu’on retrouve sur d’autres indicateurs. Donc, ça va nous permettre de continuer à aller de l’avant.»

Dans son évaluation scientifique 2018, le biologiste de l’IML note aussi que le nombre de femelles oeuvées et le recrutement de petits homards atteignent également des valeurs historiques. «La produc- tion d’œufs estimée est de 3,9 fois plus élevée en 2018, qu’au cours de la période 1994-1996. En comparaison, cette production théorique était de 2,6 fois plus élevée en 2015.»

CROISSANCE ACCÉLÉRÉE

Quant au recrutement du stock de homard des Îles-de-la-Madeleine, la tendance est à une accélération de la croissance des larves et des post-larves, explique Benoît Bruneau. «La production a augmenté et, en termes généraux sur la biologie du homard, certains indicateurs semblent montrer qu’au lieu de prendre sept à huit ans pour une larve à devenir un homard de taille adulte, on pourrait être rendu autour de cinq à six ans. On soupçonne que dans les jeunes âges, première et deuxième années, que plus de mues peuvent être faites en raison de la température plus élevée à la période à laquelle les larves se déposent (sur le fond). Ça accélère la croissance du stock; du moins, les indicateurs vont en ce sens.»

SUCCÈS D’ACCOUPLEMENT EN BAISSE

Et, alors qu’il y a eu un bond du pré-recrutement en 2015, le biologiste de l’IML rapporte avoir enregistré un ralentissement par la suite, puis une tendance à l’augmentation. «On s’attend que pour les deux, trois années à venir, on devrait encore voir une augmentation, à toutes choses égales, au niveau de la capturabilité», assure-t-il.

Or, tandis que tous ces principaux indicateurs de l’évaluation 2018 du stock de homard des Îles-de-la-Madeleine sont à la hausse, Benoît Bruneau relève une seule ombre au tableau, soit une baisse du succès d’accouplement, par rapport à la moyenne historique. En 2018, le pourcentage de femelles matures en post-mue récente, qui avaient un bouchon spermatique indicateur d’un accouplement, oscillait entre 60 % et 70 %, selon leur taille, alors que ce pourcentage variait entre 80 % et 90 % en 2015.

«Cette tendance négative est un phénomène qu’on voit dans d’autres stocks de l’Est du Canada, à différents endroits dans le Golfe, indique-t-il. Il y a un effort national pour approfondir la question et essayer d’expliquer les processus qui mènent à une diminution du succès  reproducteur.» Est-ce que ce serait lié aux changements climatiques? «Je ne vais pas lancer d’hypothèses à ce sujet», esquive M. Bruneau.

BIOLOGIE – page 16 – Volume 32,2 Avril-Mai 2019

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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