Interdiction de chasse scientifique aux phoques gris à l’île Brion : grosse déception chez les chasseurs madelinots

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Le ministère québécois de l’Environnement oppose une fin de non-recevoir au projet de chasse scientifique aux phoques gris à l’île Brion, une réserve écologique créée en 1988 et devenue, depuis, une importante aire de reproduction pour ces mammifères nuisibles aux pêcheurs.

Le directeur de l’Association des chasseurs de phoques intra-Québec (ACPIQ), Gil Thériault, s’est fait dire avant Noël, par conférence téléphonique, que le projet ne cadre pas avec les objectifs du ministère. Il visait l’abattage de 1 200 loups-marins pour documenter l’état de santé des mammifères et pour élaborer un protocole de formation des chasseurs afin de les guider dans la reconnaissance des différentes pathologies pouvant affecter les animaux.

Le projet de chasse scientifique a été élaboré par l’ACPIQ, en collaboration avec Pêches et Océans Canada, Merinov et le vétérinaire Pierre-Yves Daoust de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. «Est-ce qu’ils ont des contaminants ? Est-ce qu’ils ont des agents infectieux ? De quelle façon se porte la population en général ?, résume monsieur Thériault. De plus, de la viande sauvage qui se rend dans la chaîne alimentaire, c’est quelque chose d’assez nouveau au Québec. Donc, on veut former les chasseurs à observer les carcasses et à enlever les carcasses qui pourraient avoir des problèmes.»

QUESTION DE SANTÉ PUBLIQUE

Cependant, ces questions sur les agents infectieux et les contaminants du phoque gris destiné à la consommation humaine cadrent davantage avec des objectifs de santé publique, explique le sous-ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec (MDDELCC), Patrick Beauchesne. Il appuie également son refus sur le fait que le volet commercial de valorisation des carcasses qui seraient prélevées aux fins d’échantillonnage va à l’encontre de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel. «Dans une réserve écologique, il peut y avoir de la chasse, du prélèvement faunique, par exemple, pour des fins de subsistance, indique monsieur Beauchesne. Mais, de façon générale, le type d’activités qui nous étaient proposées, même si elles étaient encadrées dans un protocole scientifique, ne cadraient pas avec les dispositions des lois qui s’appliquent présentement au Québec.»

DÉCEPTION ET INCOMPRÉHENSION

Or, ce refus du MDELCC de donner le feu vert au projet laisse le président de l’ACPIQ bouche bée. Réjean Vigneau souligne qu’il y avait pourtant eu consensus pour une telle approche, lors de l’atelier sur le développement de l’industrie du loup-marin qui s’est tenu à Québec en juin 2016. Il rappelle que tant le MDELCC que le MAPAQ étaient présents. «Pourquoi arriver avec le fait accompli, en disant «Ça ne marche pas le dossier ?», questionne-t-il. Ça ne tient pas la route! On a bien de la misère à les suivre. On a d’l’air pas mal nonos – c’est pas nous autres, c’est surtout notre gouvernement, – que de se faire dire «Allez chasser ailleurs, on vous défend de chasser chez-vous!»»

Pour sa part, le directeur du comité ZIP des Îles, Yves Martinet, qui a aussi participé à l’atelier sur le loup-marin et qui affirme avoir donné un avis favorable au projet, fait remarquer que la problématique du phoque gris reste entière. Il appelle les acteurs du milieu et du gouvernement à la concertation, afin de trouver des solutions de compromis acceptables. «Pour mieux documenter cette espèce, les impacts d’agir et de non-agir, fait valoir le biologiste. Et, comment on peut agir, dans le cas où on préfère trouver les meilleurs compromis acceptables, incluant pour la biodiversité et peut-être pour fonder une industrie qui soit viable.»

Quant au président du Rassemblement des pêcheurs et des pêcheuses des côtes des Îles, Charles Poirier, il qualifie le refus ministériel de déplorable. «L’économie des Îles va en manger un coup, dit-il, parce qu’on sait la quantité que mange un phoque gris. Il mange deux tonnes de poissons (par année). S’il n’y a plus de maquereau, il n’y a plus de hareng, et il n’y a plus de morue autour des Îles, il va manger quoi? Il va manger le homard, il va manger le p‘tit chancre, il va manger tout ce qu’il y a!»

Sur le plan politique, le député Germain Chevarie dit respecter la décision du ministère de l’Environnement, même s’il ne l’endosse pas. Ainsi, il n’est pas question pour lui de revenir à la charge pour tenter de la renverser.

Notons que le troupeau de phoques gris de l’Atlantique est passé d’un millier de têtes à plus d’un demi-million au cours des 40 dernières années. À ce propos, le sous-ministre Beauchesne admet qu’il y a peut-être lieu de revoir la Loi sur la conservation du patrimoine naturel pour l’adapter aux réalités d’aujourd’hui.

REPÈRE – page 29 – Volume 30,1 – Février-Mars 2017

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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