Pêche au crabe des neiges dans la zone 16 : l’industrie recommande une baisse de 5 % du TAC

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Comme les conditions actuelles en mer sont favorables en raison de l’absence de glace, les crabiers de la zone 16 pourront assurément larguer les amarres plus tôt que l’année dernière. La date de début de la pêche recommandée lors de la rencontre du comité consultatif de la zone 16 est le 1er avril, pour une fermeture souhaitée le 13 juillet. Une diminution de 5 % du total autorisé de captures (TAC) est proposée par les crabiers pour cette saison, ce qui pourrait se traduire par un contingent de 2 210 tonnes.

Cette baisse recommandée de 5 % des captures en 2021 suggère une certaine prudence du côté des pêcheurs afin de protéger le stock de crabe des neiges d’une surexploitation. «On considère que 5 %, dans l’état actuel du stock, c’est une baisse qui est tout à fait raisonnable et appropriée, estime Jean-René Boucher, directeur de l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16. Si jamais cette baisse-là aurait dû être de 10 %, on sera capables de l’ajuster l’année prochaine.»

Le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP) est étonné de la diminution recommandée de 5 %. «Il n’en restera pas beaucoup», s’exclame Jean-Paul Gagné. Il estime que cette recommandation à la baisse, dans la mesure où elle sera retenue comme décision finale par Pêches et Océans Canada, sème de l’inquiétude. «Du côté des industriels, ça fait une grosse différence! C’était déjà en baisse l’année passée. S’il y a encore une baisse de 5 %, ce ne sera pas désastreux, mais ce sera plus difficile.»

M. Gagné se dit donc préoccupé. «Ça aura une influence sur l’emploi. Les semaines seront moins longues.» En revanche, il se souvient aussi de l’inquiétude qui planait avant le début de la dernière saison. «Quand elle a commencé, on s’est aperçus que ça allait être correct.»

Jean-René Boucher est déçu des perspectives biologiques présentées pour la prochaine saison. «La saison 2020 a été spéciale sur plusieurs plans, rappelle-t-il. Dans la zone 16, on a commencé trois semaines en retard à cause de la COVID-19 parce qu’il y avait des inquiétudes en Minganie, entre autres. On a fait un protocole avec les élus locaux. Mais, on a perdu les trois meilleures semaines de pêche. On n’a pas eu d’observateurs à bord. Les relevés qui ont été faits par les sciences ont été décalés. Notre relevé postsaison a été fait pendant une semaine de mauvais temps. Donc, on croit qu’il n’est pas représentatif.»

Par ailleurs, les pêcheurs sont sensibilisés, chaque année, au fait que l’habitat du crabe des neiges tend à se rétrécir et que le crustacé change ses habitudes. «Mais, on va faire les relevés aux mêmes endroits, s’étonne Jean-René Boucher. Est-ce que le dernier est vraiment représentatif de la réalité? On se pose la question.»

PAS D’ABONDANCE DE NOUVEAUX CRABES

Le directeur de l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16 n’est pas étonné des conclusions de l’aperçu scientifique des chercheurs de l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli, qui laissent sous-entendre que la biomasse commerciale pour la pêche en 2021 demeure encore faible et qu’il faudra attendre un certain temps pour assister à un recrutement intéressant de la ressource. «On n’est pas contre la vertu, corrobore Jean-René Boucher. On veut que la ressource se porte bien et on fait tout ce qu’il faut pour que ça arrive. Ce n’est pas une surprise. On connaît l’état de notre stock.»

Considérant que le crabe est une ressource qui est cyclique, les crabiers ne sont pas vraiment préoccupés par l’état de santé actuel du stock. «On est en bas du cycle et ce n’est pas là que les TACS sont les plus élevés, explique Jean-René Boucher. L’avenir est positif dans la mesure où on va possiblement avoir du nouveau crabe disponible pour la pêche à partir de 2023. On va avoir encore deux saisons difficiles. Mais, j’apporte un gros bémol parce qu’au TAC actuel, on est capables de vivre avec ça et on pense que la ressource est capable de le supporter. Donc, il n’y a pas d’inquiétude. La pente va remonter assez rapidement. Je suis confiant pour les années à venir.»

PRÉSENCE D’OBSERVATEURS SOUHAITÉE

Le directeur de l’Office souhaite la présence d’observateurs à bord des navires. Auparavant, il attend un protocole de la part de Biorex qui pourra rassurer ses pêcheurs relativement à la COVID-19. «Les élus municipaux ne veulent pas que la pêche soit un vecteur de transmission dans leur communauté. On veut prioriser la sécurité de tout le monde. Mais, on veut avoir des données aussi. Il faudra trouver un équilibre.»

Jean-René Boucher reconnaît cependant que la présence d’observateurs à bord des navires comporte une part de risques en période de pandémie. «D’avoir des individus qui se promènent d’un bateau à l’autre, d’un équipage à l’autre, ce n’est pas l’idéal!»

Par ailleurs, M. Boucher souhaite que le prix du crabe pour la saison 2021 ressemble à celui de 2019. «On ose espérer que 2020 demeure seulement une donnée aberrante dans la série. On est confiants que la saison devrait bien se dérouler du côté des prix au débarquement.» Les crabiers de la zone 16 s’attendent donc à une hausse importante du prix payé à quai, «considérant que le prix de 2020 était nettement insuffisant», selon le directeur de l’Office.

Le patron de l’AQIP estime que «si le crabe se fait plus rare, il sera peut-être plus payant». «La rareté crée souvent un prix à la hausse. Ça peut être important, surtout si la COVID-19 est un peu plus contrôlée dans les restaurants.» Jean-Paul Gagné est même optimiste. «Je ne m’attends pas à avoir une moins bonne saison de pêche cette année que l’an dernier. On pourrait même avoir, dans certains cas, une meilleure saison!»

Jean-Paul Gagné prédit que les activités de transformation seront moins impactées par la crise sanitaire que la saison dernière, d’autant plus que la vaccination est amorcée au Québec. «Les usines étaient prêtes au printemps dernier et elles sont encore plus prêtes. Il y a aussi encore de l’aide jusqu’au 31 mars 2022, que ce soit pour la ventilation, la distanciation et l’aménagement de salles.»

Le dirigeant de l’AQIP ne peut confirmer que l’arrivée de travailleurs étrangers sera une réalité pour certaines usines concernées par la transformation de crabe de la zone 16. «Peut-être que le nombre va diminuer, dépendamment de la quantité de crabes à transformer, appréhende cependant M. Gagné. D’après l’entreprise qui fait venir des travailleurs étrangers, particulièrement du Mexique, ils sont 320 à être attendus dans les usines de transformation du Québec. Il y en a plusieurs aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie.»

LA MOYENNE-CÔTE-NORD – page 18 – Volume 34,1 Février-Mars 2021

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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