jeudi, juin 25, 2026
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Pêcheries LéoMar investit plus d’un million de dollars afin de maximiser sa production de chair de homard

Pêcheries LéoMar vise une plus grande valorisation des coproduits du homard. L’entreprise madelinienne vient d’investir plus d’un million de dollars afin de maximiser sa production de chair à son usine de Gros-Cap. Elle a fait l’acquisition d’une nouvelle machine à émincer qui permet d’extraire la viande des carapaces et tout ce qu’un autre équipement, utilisé en amont de la chaîne de traitement, a laissé dans les petites pattes. Des tests menés le printemps dernier ont permis de réduire du tiers le volume des restes de production expédiés au Centre de gestion des matières résiduelles (CGMR).

«Ce qu’on veut, c’est être capable de sauver le plus de produit vendable sur le homard, une matière première qu’on achète et qu’on passe déjà en usine, expose Christian Vigneau, président de Pêcheries LéoMar. C’est certain que les coproduits n’ont pas une grande valeur économique, mais on aime mieux essayer de les valoriser. Parce que sinon, on paie quand même très cher pour envoyer ces matières à l’enfouissement. Alors on va être doublement gagnant si on peut en commercialiser une certaine partie et économiser sur ces coûts d’enfouissement.»

M. Vigneau précise que ses coproduits de chair émincée sont surtout dirigés vers des entreprises internationales spécialisées dans la troisième et quatrième transformations des produits marins. «Ce sont des grandes entreprises qui vont faire des concentrés, puis des produits finis comme des lobster cakes, des crab cakes, des bisques de homard. Alors oui, il y a quand même une certaine demande à la grandeur de la planète.»

L’acquisition du nouvel équipement à émincer la chair de homard a été soutenue par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Il a versé une subvention de près de 475 000 $ à Pêcheries LéoMar dans le cadre de son Programme d’appui financier au développement du secteur des pêches et de l’aquaculture commerciales. Christian Vigneau indique que son opération sera créatrice de 12 à 15 emplois selon les vo-lumes transformés. L’usine de Gros-Cap compte déjà sur une équipe d’environ 225 travailleurs. «Être capable de faire travailler plus notre monde; être capable d’aller chercher un pourcentage de rendement un peu plus élevé avec notre homard, c’est notre but. Et comme je disais, à double effet : au lieu de payer pour l’envoyer au CGMR, on essaie d’en tirer un certain profit.»

2e et 3e transformations

D’autre part, Pêcheries LéoMar n’exclut  pas de se lancer elle-même, éventuellement, dans les 2e et 3e transformations de produits marins. L’entreprise n’en est toutefois qu’à l’étape du remue-méninge et ne se fixe aucun échéancier, souligne son président. «On examine les opportunités. Partout autour de nous, dans les Maritimes et même à l’international, on voit des compagnies qui achètent des coquilles de homard qui viennent du Canada et qui font des produits finis en Europe, qu’on revend après aux États-Unis. Et nous, on a la matière première pour le faire et on aimerait l’exploiter à son maximum.»

D’ailleurs, Christian Vigneau admet être inspiré par les produits de 2e et 3e transformations développés à l’époque des Pêcheries Gros-Cap, sous l’impulsion de son directeur général d’alors, Jean-Yves Cyr. Ces derniers avaient même été primés dans le cadre du plus prestigieux concours d’affaires au Québec, Les Mercuriades, organisé par la Fédération des chambres de commerce du Québec. «Personnellement, j’en rêve, nous confie le dirigeant de Pêcheries LéoMar. Mais les procédés industriels ont beaucoup changé et ce n’est pas toujours évident de faire des recettes maison à grande échelle. Ça ne donne pas toujours le résultat voulu, ou ça change le goût. Il n’en demeure pas moins que revenir avec des produits comme le tomalli, le fard d’homard que Pêcheries Gros-Cap faisait, ce serait merveilleux! La demande était si forte qu’il fallait se mettre sur une liste d’attente pour avoir une chance d’en avoir!»

Cela dit, M. Vigneau ajoute qu’il y a une panoplie d’autres produits, allant de consommés à des huiles aromatisées, qu’iI aimerait bien un jour mettre en tablette. «Les perspectives de 2e et 3e transformations sont illimitées. Et nous, à la base, ce qu’on veut c’est faire travailler nos équipements et nos installations le plus longtemps possible dans l’année. Les frais fixes demeurent les mêmes et donc, en augmentant notre temps de travail, on serait gagnant», conclut-il.

TRANSFORMATION – page 33 – Volume 38,4 Décembre 2026 – Janvier 2026

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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