Plan de gestion du sébaste de l’Unité 1 : le MPO a statué pour les deux prochaines années

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Le ministère des Pêches et Océans (MPO) a adopté, sans tambours ni trompettes cet été, le plan de gestion du sébaste de l’Unité 1 du golfe, pour les deux prochaines années. Or, il n’est pas encore prêt à donner le feu vert à la pêcherie qui est sous moratoire depuis 1995, et ce, malgré une formidable explosion de la biomasse du stock.

PÊCHE EXPÉRIMENTALE

En vertu de ce plan de gestion 2018-2019, l’allocation de pêche indicatrice, qui se termine le 30 octobre de chaque année, reste stable à 2 000 tonnes. De plus, le Ministère fédéral des Pêches autorise une pêche expérimentale d’hiver – une première en 20 ans – assortie d’un quota annuel de    2 500 tonnes.

Le conseiller principal en gestion de la ressource à Pêches et Océans Canada, Région du Québec, Bernard Morin, explique que cette pêche expérimentale vise notamment à développer des techniques d’engins de pêche pour cibler le sébaste par espèce, dont le mentella, qui est en meilleur état que le fasciatus. «Généralement, le mentella se retrouve un peu plus en profondeur que le fasciatus, dit-il. Donc, il y a des différences, et on espère que les pêcheurs qui participent aux projets expérimentaux puissent, justement, documenter ces différences-là.»

Sept pêcheurs, dont quatre Québécois et trois Terre-Neuviens, ont répondu à l’appel de projets, pour cette pêche expérimentale qui a débuté à la fin octobre. Du nombre, il y a le Madelinot Bruno-Pierre Bourque, capitaine du BORÉAS VII, qui livrera ses captures chez Fruits de Mer Madeleine, à L’Étang-du-Nord. Il bénéficie d’un quota de 80 tonnes, précise M. Morin. «Pour récolter des informations sur la distribution et la reproduction de la ressource, expose le gestionnaire. Et, au niveau de la sélectivité de l’engin de pêche, pour essayer différents maillages; pour développer des techniques pour réduire les prises accessoires, ou la capture de petits sébastes.»

Les activités de pêche expérimentale au sébaste se prolongeront jusqu’au 14 mai 2019. Pêches et Océans Canada lancera un deuxième appel de propositions en décembre, pour les projets 2019-2020.

MADELIPÊCHE CONTRARIÉE

Pour sa part, Madelipêche dénonce ce plan de gestion qu’elle qualifie d’inéquitable, étant donné la poursuite, en parallèle, de la pêche commerciale de l’Unité 2, à l’extérieur du golfe. Le gestionnaire de l’entreprise, Paul Boudreau, fait remarquer que la biomasse de poisson rouge y est cinq fois moindre. Aussi rejette-t-il les explications du MPO, selon qui il faut documenter davantage le stock du golfe, sur ses aires de reproduction et de distribution saisonnière, par exemple, pour soutenir un plan de gestion durable. «De maintenir une pêcherie dont le recrutement est en explosion, de maintenir un moratoire, ça n’a aucun sens, affirme-t-il. Je pense qu’au niveau scientifique, il n’y a rien qui appuie cette décision-là.»

M. Boudreau reproche plutôt au MPO de céder au lobby des industriels néo-écossais et terre-neuviens, qui profitent du moratoire du golfe pour développer leurs propres marchés. «Si on veut être capables de transformer, il faut être capables de vendre, insiste le comptable professionnel agréé. Et, pour être capables de vendre du poisson qui est sous moratoire, c’est extrêmement difficile. Tu ne peux pas te créer des marchés, quand tu dis à un acheteur : «Nous, on veut te vendre du poisson qui est sous moratoire».»

DÉJÀ DE TAILLE COMMERCIALE

Cela dit, la majorité des sébastes des cohortes massives de 2011, 2012 et 2013 atteignent la taille commerciale de 22 centimètres, cette année, selon ce qu’affirme Caroline Senay, biologiste spécialisée en évaluation de stock à l’Institut Maurice-Lamontagne (IML). Or, comme les fasciatus sont moins nombreux que les mentella, elle explique que la pêche expérimentale des deux prochaines années aidera à maximiser les contingents de la pêcherie commerciale à venir. «Quand on veut gérer un stock de façon durable, bien, les quotas sont limités par l’espèce la moins abondante, souligne-t-elle. Mais, si on arrive à cibler la mentella, qui est l’espèce la plus abondante, on pourrait avoir des quotas plus élevés.»

Pour sa part, le capitaine de l’AVALAON VOYAGER, Denis Éloquin, admet qu’il est   difficile de pêcher le sébaste sans capturer du petit poisson. Il a fait deux sorties de pêche indicatrice, en juillet puis en septembre, qui lui ont chacune rapporté une quarantaine de milliers de livres de poisson. «Du poisson, il y en a partout, dit-il; mais c’est impossible de pêcher, dans le temps, parce que tu peux pas démêler le petit du gros. Il y a encore trop de juvéniles en bas de 22 centimètres.»

M. Éloquin précise qu’en vertu de leurs conditions de permis, les pêcheurs de sébaste ne doivent pas capturer plus de 15 % de poissons en deçà de la taille minimale légale. «Par moments, c’était plus comme 60 % de poissons matures et 40 % d’immatures, rapporte-t-il. Et à certains endroits, je dirais que c’était du 50/50. Alors, la réalité, c’est que ça va prendre deux ans pour qu’on atteigne la proportion de 85 % 90 % de gros poissons, pour que ce soit acceptable.»

Entre temps, les chercheurs de l’IML ont aussi amorcé des travaux d’analyse cellulaire des gonades de sébaste, en laboratoire pour, à moyen terme, tenter de déterminer quand et où le poisson se reproduit. «Puis, avec cette première étape-là, on va avoir une charte qui va nous permettre de faire le lien entre l’aspect visuel de la gonade, puis à quel stade de reproduction est rendu le poisson», explique Caroline Senay.

Signalons que la prochaine évaluation scientifique du sébaste est prévue pour l’hiver 2019-2020.

LES POISSONS DE FOND – page 16 – Volume 31,5 – Décembre 2018 – Janvier 2019

 

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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