jeudi, juin 13, 2024
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Une autre saison record pour les homardiers gaspésiens

Les homardiers gaspésiens ont vécu une autre année de croissance de leurs prises et de leurs revenus en 2023, en vertu de débarquements totalisant 4 882 tonnes métriques et de revenus de 82,4 millions $. Il s’agit de records dans les deux cas.

Ces homardiers ont ainsi fracassé le record précédent de 3 809 tonnes établi en 2021. C’est aussi en 2021 que le précédent record de revenus totaux avait été  enregistré, à 70,1 millions $.

Ces données compilent les débarquements effectués dans les zones 19, 20A, 20B et 21, couvrant la côte comprise entre Mont-Louis et Miguasha, via la pointe de Forillon. Ils excluent les revenus de Gaspésiens pêchant à l’île d’Anticosti ou dans le secteur à l’ouest de Rivière-à-Claude, où une pêche exploratoire a lieu. Les données du ministère fédéral des Pêches et des Océans pour 2023 sont encore préliminaires.

«Par rapport à 2021, c’est plus que 1 000 tonnes au-dessus de notre record de prises. Mille tonnes, c’est ce qu’on prenait en 2010 pendant toute la saison, mais à 180 pêcheurs! En 2007 ou 2008, on avait capturé un peu plus de 700 tonnes seulement, et maintenant, on atteint 4 882 tonnes», commente O’Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie.

En 2023, la seule zone 19, dans laquelle évoluent 10 homardiers localisés entre Mont-Louis et la pointe nord de Forillon, a fourni des prises de 603,8 tonnes rapportant 10,5 millions $ aux pêcheurs.

O’Neil Cloutier rappelle que dans les années de précarité de la ressource homard en Gaspésie, l’approche de précaution avait incité pêcheurs et biologistes à fixer à 650 tonnes la limite de prises en deça de laquelle la pêche serait fermée. Il rappelle aussi que les efforts entrepris par les homardiers au milieu des années 1990 pour contrer le déclin du stock de crustacés portent fruits.

MIGRATION DE MASSE?

«Je commence à croire de plus en plus à l’hypothèse de la migration de masse. Le contexte a fait qu’avec les changements climatiques et les efforts réalisés pour améliorer les conditions de reproduction du stock, c’est devenu payant, au sens où on voit les gains réalisés depuis toutes ces années, mais j’ai l’impression qu’il y a plus», souligne M. Cloutier.

«On voit des genres de homard qu’on ne voyait pas ici. On a pris du homard très gros, des homards noirs avec des balanes (une variété de mini-crustacé recouvert de calcaire), donc des homards qui n’ont pas eu de mue depuis plusieurs années, des homards plus «sales», comme le vieux crabe. On n’est pas habitués à les voir dans la capture. C’est venu de quelque part. Je me demande si l’ouragan Fiona (du 24 septembre 2022) n’a pas joué un rôle dans une migration de masse», suggère-t-il, curieux de voir ce que les biologistes penseront de cette hypothèse.

En 2023, le prix au débarquement a été bon, à 7,66 $ la livre, mais tout de même inférieur aux prix de 2021 et de 2022, à 8,35 $ et 7,94 $ respectivement.

«Un prix de 7,66 $ en moyenne pour la Gaspésie, ça demeure très satisfaisant. Ça fait 30 cents la livre de différence avec 2022, mais considérant le contexte mondial d’incertitude, on peut difficilement se plaindre», assure O’Neil Cloutier.

La progression des prises et des revenus découlant de la pêche du homard en Gaspésie a été fulgurante depuis 10 ans. Avant 2013, une saison de capture se résumait généralement à un volume de 1 000 tonnes métriques et des revenus globaux de 10 millions $, alors que le nombre de homardiers se situait à entre 220 et 225 au cours de la première partie des années 1990, avant de décroître à  partir de 1998 et graduellement dans les années subséquentes pour atteindre 157 détenteurs de permis en 2023.

À titre comparatif, en 2013, le prix se situait à 4,40 $ la livre et le volume de tous les homardiers gaspésiens avait atteint 1 418 tonnes métriques, générant des revenus totaux de 13 756 929 $. C’est à compter de 2013 que la valeur et le volume des prises ont grimpé graduellement dans la péninsule.

PÊCHE EXPLORATOIRE AU NORD DE LA GASPÉSIE

Le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie surveille de près l’évolution de la pêche amorcée en 2018 entre la rivière Tartigou, juste à l’est de Baie-des-Sables, et Rivière-à-Claude, à l’est de Sainte-Anne-des-Monts. Entre 2018 et 2022 inclusivement, la capture était réalisée avec 100 casiers par bateau. Elle était considérée comme une pêche expérimentale. Elle est passée à un statut de pêche exploratoire en 2023.

«Leur pêche est exceptionnelle cette année. On en a des échos. La pêche est  effectuée par trois Malécites de Viger et un non-autochtone. Ils pêchent avec 250 casiers, alors que dans les zones 19, 20 et 21, on pêche avec 235 casiers», précise O’Neil Cloutier.

Le Regroupement représente notamment les homardiers du nord de la Gaspésie, de Forillon à l’est jusqu’à Rivière-à-Claude, à l’ouest. Aux 10 pêcheurs évoluant entre Forillon et Mont-Louis s’ajoute un onzième homardier basé entre Mont-Louis et Rivière-à-Claude.

O’Neil Cloutier verrait bien le Regroupement représenter éventuellement les homardiers du secteur Tartigou-Rivière-à-Claude, s’ils le veulent, quand leurs permis passeront au stade de capture commerciale.

«Je m’inquiète par ailleurs du braconnage de homard dans certains secteurs du côté nord de la Gaspésie. Il y a 350 kilomètres de côte entre Forillon et Tartigou. Il y a perte de contrôle en matière de surveillance par Pêches et Océans Canada. Il n’y a que deux employés pour surveiller tout ce secteur. Il y aura commerce illicite de homard à Sainte-Anne-des-Monts tant qu’il n’y aura pas de permis commercial émis dans ce secteur», assure O’Neil Cloutier.

LA GASPÉSIE – page 4 – Volume 36,4 Septembre – Octobre – Novembre 2023

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Gilles Gagné
Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.
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