Une bonne saison à prévoir pour les crabiers de la zone 12 malgré une baisse de 16% du contingent global

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Les crabiers gaspésiens évoluant dans la zone 12 du sud du golfe du Saint-Laurent de même que les transformateurs qui reçoivent leurs débarquements s’attendent à une assez bonne saison en 2016. Bien que le contingent ait baissé de près de 16%, la hausse du prix d’environ 30%, peut-être davantage, laisse entrevoir des revenus totaux plus importants qu’en 2015.

Le contingent global de la zone 12, soit la plus importante des quatre zones de pêche du sud du golfe du Saint-Laurent, est passé de 22 844 à 19 172 tonnes métriques, une baisse de 15,8%. C’est une baisse un peu plus importante qu’attendue par les biologistes du ministère fédéral des Pêches en raison d’un phénomène rare, un saut de mue de carapace dans une partie du stock qui aurait dû faire son entrée dans la biomasse disponible pour la pêche.

Toutefois, les conditions de marché sont très favorables, rappelait, en mars, l’économiste Martial Ménard, de Pêches et Océans Canada, lors du comité consultatif sur le crabe des neiges.

Il expliquait cette perspective par la baisse de l’offre de crabe aux États-Unis, le taux de change favorable aux exportations, le prix du crabe canadien en hausse sur le marché américain au début de 2016 et une bonne croissance économique aux États-Unis, le principal marché d’exportation du crabe canadien et gaspésien. Monsieur Ménard rappelait de plus que la croissance au Japon est faible, mais qu’il y a croissance tout de même.

Raymond Sheehan, président de la firme E. Gagnon et Fils, le plus gros transformateur de crabe des neiges en Gaspésie, précise, de son côté, que la baisse de contingent signifie quand même une période limitée de travail pour les 375 employés de l’usine située à Sainte-Thérèse-de-Gaspé.

«Le temps de pêche sera réduit d’environ 15% et, logiquement, si le crabe n’est pas là en même quantité que l’an passé, il y aura 15% de moins en temps de travail à l’usine. On va combler avec du homard. Il y aura du homard de la Gaspésie et du homard des Maritimes, soit du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard», assure monsieur Sheehan.

Un volume de 7 millions de livres de crabe a été transformé à l’usine de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, en 2015. Raymond Sheehan prévoit recevoir environ 5,8 millions de livres cette année. Une quarantaine de bateaux envoient leurs captures à l’usine de Sainte-Thérèse-de-Gaspé cette année, des crabiers traditionnels et des pêcheurs ayant bénéficié d’un accès au crustacé plus récemment. Les autochtones de la Gaspésie livrent une très grande partie de leurs prises chez E. Gagnon et Fils.

Raymond Sheehan attend de bons résultats de la vente du crabe des neiges sur les marchés internationaux.

«Il n’y a pas d’inventaires. Il y a eu une baisse de 40% des quotas en Alaska. Il y a 15 000 tonnes de moins sur les marchés. Les pêcheries russes sont mieux contrôlées dans la mer de Barents. Le marché est bon aux États-Unis parce qu’il y a un manque de produits. Au Japon, ça devrait être mieux cette année. Le yen s’est évalué de 10% depuis l’an passé. Aussi, il y a moins de braconnage de crabe. Il y a eu une entente entre la Russie et le Japon», analyse-t-il.

UN $ CANADIEN EN HAUSSE

Le taux de change devait constituer l’élément déterminant menant à une saison très prospère dans le crabe des neiges, mais une remontée constante de la devise canadienne depuis mars a modifié les prévisions.

«Les choses ont changé», dit laconiquement Raymond Sheehan, rappelant qu’en amorce de saison 2015, le taux de change se situait à 1,19 $ (canadien pour arriver à un dollar américain) et qu’il se situait à  1,23 $ à la conclusion de la saison de pêche. Ce taux était à 1,46 $ en janvier 2016 et à seulement 1,26 $ le 22 avril, journée de la mise à l’eau des casiers.

«Si je savais comment évolue le taux de change, je ne travaillerais pas (…) Présentement, ça peut jouer de deux cents par jour. Sur le produit, ça peut avoir un gros effet», conclut monsieur Sheehan.

Les premiers jours de capture dans le crabe ont bien reflété la réalité climatique de la fin avril, du temps qui peut être ensoleillé, ce qui fut le cas, mais aussi assez mouvementé en mer.

Jean-Claude Hautcoeur, un crabier de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, a dû suivre de la terre ferme les premières sorties en mer de son équipage et de son bateau, le Marie-Claude, en raison d’ennuis de santé. Il espérait retourner en mer au cours de la première semaine de mai, mais il a gardé un œil attentif sur les débarquements et sur les conditions au large.

«Il y a eu un bon voyage et un moins bon. Dans le premier, on a débarqué plus de 20 000 livres, presque 25 000, mais le deuxième s’est passé dans la tempête. Ils ont pris 13 000 ou 14 000 livres. Ils n’ont pas levé toutes les trappes», signale monsieur Hautcoeur.

Les deux premiers voyages ont été réalisés «en face de Sainte-Thérèse, dans le canal, jusqu’au sud de Miscou. Ils ont mis des trappes un peu partout, à cinq places», ajoute-t-il.

Jean-Claude Hautcoeur et son équipage bénéficient d’un quota de 200 000 livres cette année. Ils livrent leurs prises à l’usine E. Gagnon et Fils.

«Le prix est de 3,50 $ la livre au départ. L’an passé, la moyenne a été de 2,65 $, mais on a terminé à  2,75 $, avec le rajustement de fin de saison», note monsieur Hautcoeur.

Au cours des deux dernières années, les débarquements gaspésiens venant de la zone 12 ont atteint 34,4 millions $ en 2014 et 35,1 millions $ l’an passé. Les débarquements totaux de crabe des neiges en Gaspésie ont atteint 36,6 millions $ il y a deux ans et 37,3 millions $ en 2015.

LE SUD DU GOLFE – page 4 – Volume 29,2 – Avril-Mai 2016

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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