Usine Crustacés des Monts de Sainte-Anne-des-Monts : le maire Deschênes bloque la transaction du consortium

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Le maire de Sainte-Anne-des-Monts confirme qu’il a bloqué l’exercice de rationalisation que Québec s’apprêtait à réaliser avec le consortium formé par Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard, La Crevette du Nord Atlantique de l’Anse-au-Griffon et Les Fruits de Mer de l’Est-du-Québec de Matane. Selon Simon Deschênes, il a empêché ces trois usines d’acheter l’entreprise Crustacés des Monts spécialisée dans la transformation de la crevette nordique dans le but de la fermer. Il a agi de la sorte au profit d’un investisseur qui souhaite s’en porter acquéreur pour l’exploiter. «La COVID-19 a freiné les démarches, mais ça devrait se faire sous peu», assure l’élu.

«Au début du printemps, il y avait un scénario possible pour la saison qui approchait, raconte le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne. Avec la pandémie, tout est tombé au neutre. Je présume qu’il y a des choses qui vont se remettre en mouvement une fois que la saison va être finie et que les gens vont repenser à la saison prochaine pour arriver avec de nouvelles idées et de nouveaux projets. Ce qu’on va chercher à favoriser, c’est dans un contexte de développement économique pour que ces infrastructures soient opérées au bénéfice des citoyens et de la vitalité de ces secteurs.»

SONS DE CLOCHE DISSONANTS

Pour le maire Deschênes, il n’était pas question que cet exercice de rationalisation passe. S’il a pris le dossier en charge, c’est pour que l’usine, fermée depuis deux ans, puisse redémarrer et créer une cinquantaine d’emplois. De son côté, le ministre Lamontagne n’interprète pas l’exercice de rationalisation de la même façon. «Depuis le jour 1 des discussions avec les gens qui nous présentaient des scénarios, s’il y avait une rationalisation, il fallait qu’ils nous présentent un scénario où il y aurait une autre utilisation de cette usine. Mais, ce n’est pas arrivé. Il n’était pas dans nos objectifs qu’il n’y ait aucune opération à cet endroit. Ce qui était important, c’était de trouver une vocation à cette usine pour qu’il y ait des emplois et que ça fonctionne.»

Après une rencontre au début février à Québec avec le ministre Lamontagne et la ministre déléguée au Développement économique régional et ministre responsable de la Gaspésie, Marie-Ève Proulx, le maire de Sainte-Anne-des-Monts était revenu confiant et croyait que Québec ne serait pas intéressé à avancer l’aide financière espérée par le consortium.

«Les trois usines qui veulent l’acheter s’attendent à avoir une subvention du gouvernement», s’indigne Bertrand Desbois, qui souhaite acheter l’usine avec son frère Nicol. Pour ce dernier, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) est «mal placé pour prendre de l’argent et le donner à trois industriels pour fermer une usine, surtout à Sainte-Anne-des-Monts, dans une MRC parmi les plus pauvres du Québec». «Nous, on ne demande rien. On demande juste que le gouvernement se  retire.»

40 À 50 EMPLOIS

Même s’il est conscient que «la bataille n’est pas gagnée», le maire avait le sentiment que Québec pencherait du côté du scénario de l’investisseur qui ne demande rien au gouvernement. «L’investisseur et sa famille possèdent des quotas de pêche à la crevette d’environ 4 millions de livres. À eux seuls, ils assurent 40 à 50 emplois pour une vingtaine de semaines à l’usine de Sainte-Anne-des-Monts.»

En contrepartie, si le consortium achète Crustacés des Monts, ce serait, à son avis, pour éliminer le permis d’exploitation qui y est rattaché. «Les trois usines de Matane, de Rivière-au-Renard et de L’Anse-au-Griffon, c’est pour consolider leur place, déplore Nicol Desbois. Pourquoi vouloir enlever 50 jobs à Sainte-Anne? Pourquoi le gouvernement voudrait s’impliquer avec des compagnies qui sont à 50 % étrangères? On prendrait de l’argent des contribuables québécois pour donner à l’usine Les Fruits de Mer de l’Est-du-Québec à Matane qui appartient à 100 % au gouvernement du Danemark! Je trouve ça malhonnête. Nous, on est des pêcheurs d’ici et on veut faire travailler du monde d’ici!»

Selon Simon Deschênes, l’usine est en état de redémarrer ses opérations rapidement. «Il n’y a pas de modifications à y apporter. Sur papier, l’investisseur est capable d’acheter l’usine telle quelle et de l’opérer.»

EMPLOIS INDIRECTS

Le maire rappelle qu’il y a environ trois ans, le quai de Sainte-Anne-des-Monts a été réparé au coût de   5 millions $. «Si on n’avait pas eu d’usine de crevette et d’activités commerciales dans la pêche, probablement qu’on n’aurait pas eu cet octroi.»

Il ajoute qu’une usine de transformation crée des emplois indirects, comme dans le camionnage. «Je pense que de travailler un dossier de pêche à Sainte-Anne-des-Monts et de consolider l’usine envoie un signal important, positif et clair à notre communauté qu’on veut conserver nos acquis et qu’on veut garder notre richesse.» Par ailleurs, Simon Deschênes a obtenu une lettre d’appui de l’Association des pêcheurs de Tourelle. Le maire souligne que c’est la première fois, depuis qu’il est élu, qu’un entrepreneur privé se pointe pour investir des millions de dollars dans sa municipalité.

VENDEUR DÉÇU

Du côté du vendeur, c’est la déception. Le propriétaire de Crustacés des Monts affirme ne plus avoir d’attente. «Il y avait les trois usines et ça a été bloqué par le maire, déplore Bertrand Langlois. Je n’ai plus de nouvelles.» Il estime que l’exercice de rationalisation représentait une bonne affaire parce qu’à son avis, «il n’y a pas assez de crevettes disponibles, pas assez de volume».

Aussi, l’offre du consortium était plus intéressante. «C’est clair, lance M. Langlois. Les trois usines ont accepté le prix que je demandais. Mais, ça n’a pas passé à cause des pressions du maire et des Desbois. J’avais fait un prix aux Desbois, mais ils ont trouvé ça trop cher. Ils m’ont fait leur offre, mais elle était ridicule!» Les frères Desbois sont prêts à investir de 2 à 3 millions $. Selon nos informations, l’offre du consortium était de 5 millions $.

«On n’aurait pas besoin de ça pour vivre», mentionne Nicol Desbois. Mais, il considère que c’est important pour les 50 familles qui profiteront des emplois créés par l’usine. «Je veux que le monde soit fier de travailler pour nous. On s’en est bien sortis avec la pêche et si on pouvait en faire profiter quelques-uns, ce serait valorisant!»

TRANSFORMATION – page 20 – Volume 33,3 Juin-Juillet-Août 2020

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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