La pêche au homard débutera le 5 mai et de nouvelles mesures s’ajoutent

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La mise à l’eau des cages pour la saison 2018 de pêche au homard des Îles-de-la-Madeleine se fera le   5 mai, soit le samedi le plus proche de la date traditionnelle du 10 mai. C’est le consensus auquel est arrivé le comité consultatif de gestion de la ressource de la zone 22 à sa réunion annuelle tenue le       23 février dernier à Cap-aux-Meules, à laquelle assistaient une trentaine d’observateurs. Le vent, la présence de glace et la sécurité des havres de pêche en lien avec les travaux de dragage sont évidemment des éléments à considérer pour un éventuel report. TAUX DE PROTÉINES Or, le président du Regroupement des pêcheurs et des pêcheuses des côtes des Îles (RPPCÎ) demande au ministère des Pêches et des Océans (MPO) de tenir compte des travaux de recherche menés par Merinov pour développer un outil d’aide à la décision basé sur la température de l’eau à 16-17 mètres de profondeur et sur le taux de protéines sanguines des crustacés. «C’est pour donner plus de chance aux pêcheurs d’avoir de bons rendements en début de saison de pêche», explique son président, Charles Poirier. À ce propos, Ruth Taker, directrice générale de la Coopérative des pêcheurs du Cap Dauphin, de Grosse-Île, affirme que ses acheteurs sont très soucieux du taux de protéines sanguines des captures. «Ils nous appellent à chaque semaine pour s’en informer, dit-elle. À six, le homard n’a pas de chair, et à 16, il commence à perdre sa coquille.» «Ç’a une forte incidence sur le prix du marché, renchérit François Albert, directeur des opérations de l’entreprise LA Renaissance des Îles. Si le taux de protéines est trop bas, il y a moins de chair, moins de rendement et moins de prix aux pêcheurs.» Et, puisque ça a une incidence sur le prix, le directeur intérimaire du bureau de secteur du MPO, Cédric Arseneau, promet de travailler là-dessus. «On n’est pas contre l’idée, mais on ne sait pas encore comment intégrer ces données scientifiques de Merinov dans notre modèle de prise de décision, précise-t-il. Quand on aura déterminé cette recette, on pourra les intégrer.» ÉTIQUETTES D’autre part, Pêches et Océans Canada annonce des changements mineurs à la gestion des étiquettes à casier. Les pêcheurs devront se responsabiliser pour en avoir un nombre suffisant à bord de leur bateau pour remplacer les engins perdus ou brisés, explique Simon Richard, superviseur intérimaire de la conservation et de la protection. «Les casiers non étiquetés après une tempête ne seront plus tolérés, dit-il. De plus, les pêcheurs devront désormais commander un minimum de 10 étiquettes, plutôt qu’à la pièce, afin d’ordonner la tenue de leurs registres.» Cela dit, les pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine rechignent à l’idée de devoir tenir un registre impeccable de la séquence des numéros de casiers perdus et remplacés même en cas de tempête, justement. «Il est facile de perdre le fil de la séquence dans la houle, la brume et le vent», souligne le capitaine du Kakawi, Denis Cormier. «Quel système veut-on?, rétorque le directeur de secteur du Ministère. Le système difficile à tricher ou le système difficile à mettre en opération? On peut mieux contrôler le nombre de cages en mer avec ce système», affirme Cédric Arseneau. LES BALEINES De plus, Pêches et Océans Canada étend à la pêche au homard toutes les mesures de gestion imposées aux crabiers pour la protection des baleines noires de l’Atlantique Nord dans le golfe du Saint-Laurent, à l’exception - pour cette année seulement - du marquage des cordages d’une couleur distincte associée à chaque zone de pêche. Ainsi, les homardiers des Îles verront de nouvelles conditions ajoutées à leur permis de pêche, dont l’interdiction de laisser flotter des cordages à la surface. Ils devront aussi signaler par courriel chaque engin de pêche perdu, tout en fournissant le nom et le numéro d’enregistrement de leur bateau, le numéro séquentiel de l’étiquette, le numéro d’identification de la bouée principale, de même que la latitude et longitude de la dernière position connue, et la dernière date à laquelle l’engin a été pêché. Il n’en fallait pas plus pour faire bondir les pêcheurs réunis autour de la table. «Ce n’est vraiment pas du progrès!, déplore Denis Cormier. C’est une mesure adaptée aux crabiers qui perdent peu de casiers, mais avec beaucoup de cordages», fait-il remarquer. «Vous n’avez pas idée du nombre de pertes qu’on peut avoir; jusqu’à 20 casiers par année, selon mes statistiques, enchaîne Charles Poirier. Ça n’a aucun sens!» INQUIÉTUDE Pour sa part, Mario Déraspe, président de l’Association des pêcheurs propriétaires (APPIM), note que l’interaction entre les baleines noires et la pêche au homard n’a jamais été soulevée lors des nombreuses réunions auxquelles il a participé cet automne, dans la foulée de la crise des baleines. «Dans toutes les réunions, on a toujours parlé des activités de pêche dans les 20 brasses et plus. C’est la première fois qu’on parle de restrictions pour les homardiers!», s’étonne-t-il. «La journée qu’on aura une baleine dans moins de 20 brasses, ça va être catastrophique en effet, admet Cédric Arseneau, évoquant la possibilité d’une fermeture de zone. On prend bonne note de vos commentaires et on va considérer les options.» Quoi qu’il en soit, ça ne s’arrête pas là. Pour satisfaire aux exigences du marché américain, les pêcheurs de homard devront aussi tenir un registre des interactions de leurs activités avec les mammifères marins. «Il reste à déterminer quel type d’interaction, avant que ça n’apparaissent aux conditions de permis», précise M. Arseneau. Toutefois, on sait déjà que les phoques gris sont très abondants sur les lucratifs fonds de pêche de l’île Brion; ce qui n’est pas sans inquiéter la communauté madeleinienne. LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE – page 21 – Volume 31,1 – Février-Mars 2018

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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