mardi, mars 5, 2024
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2023 excellente et bonne pour certains, mais désastreuse et préoccupante pour d’autres

À l’approche de la période des fêtes, le cœur à la réjouissance est loin d’être le même pour tous les acteurs des différentes composantes de l’industrie québécoise des pêches. La fin de 2023 laisse déjà présager de belles perspectives pour certains en 2024, mais elle annonce du même coup des temps beaucoup plus difficiles pour d’autres.

Nous retiendrons avec enthousiasme de 2023 l’excellente performance obtenue par notre industrie du homard au Québec maritime, et ce, tant sur le plan de la capture que celui de la mise en marché. D’ailleurs, notre dossier économique, rédigé par notre journaliste Gilles Gagné et présenté dans les pages 15 à 19, est plus qu’impressionnant quant aux résultats obtenus par la flottille des homardiers. Elle occupe, pour une quatrième année consécutive, le premier rang pour la valeur des prises de l’ensemble des revenus totaux provenant du secteur de la capture avec des retombées de plus de 232 millions$. Ce n’est rien de moins que 66% des revenus globaux de 351 millions$, toutes flottilles confondues. Et jusqu’à preuve du contraire, rien n’indique que 2024 ne sera pas aussi bonne et peut-être encore meilleure puisque les stocks de homard n’ont jamais été en aussi bonne santé et que le prix d’achat pour les consommateurs de ce précieux crustacé est encore très concurrentiel.

Pour sa part, la performance de notre industrie du crabe des neiges peut être qualifiée  d’acceptable dans les circonstances. La dernière année aura surtout été marquée par une obligation d’un ajustement des prix de vente de cet autre crustacé d’importance sur les marchés de référence. Cela s’est traduit par une chute drastique du prix au débarquement de même que par l’obtention d’une valeur beaucoup moindre pour sa commercialisation ici au Québec et à l’étranger. Cette action nécessaire a porté fruit pour regagner la confiance des consommateurs, principalement du côté américain. À moins d’un revirement de situation inattendu, 2024 pourrait être un peu plus profitable pour certaines flottilles de pêche côtières actives dans l’estuaire et le nord du golfe, en raison de la biomasse disponible. Cependant, pour la grosse zone 12 du sud du golfe, certains échos obtenus font déjà état d’une baisse importante des captures qui pourrait atteindre jusqu’à 27%, par rapport à l’an dernier. Par ailleurs, reste à voir si nous assisterons à une certaine remontée significative de la valeur marchande de ce crustacé à l’échelle internationale au cours de la prochaine année.

Autrefois considéré comme l’un des trois précieux fleurons de l’industrie des pêches du Québec, après ceux du crabe des neiges et du homard, l’industrie de la crevette n’est plus l’ombre d’elle-même et 2023 s’est avérée catastrophique. L’effondrement des stocks de crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent, confirmé par la dernière évaluation scientifique réalisée cet automne, plonge dans le noir et le néant total plusieurs centaines de travailleurs de la capture et de la transformation en Gaspésie. Pire encore pour cette industrie, aucune perspective encourageante n’est attendue à court et à moyen termes, alors que la situation pourrait continuer de se dégrader. Cela veut dire un minimum de 5 ans de continuité d’incertitude et les options de survie pour les pêcheurs et les transformateurs sont peu nombreuses dès le printemps prochain. De un, seulement quelques crevettiers pourraient prendre la mer avec des quotas tellement anémiques que c’est à se demander si cela en vaudra la peine d’un point de vue de la rentabilité. De deux, un programme de rachats d’entreprises de pêche et de permis de crevette devient incontournable pour diminuer la capacité de pêche par rapport à la ressource disponible. De trois, les crevettiers qui décideront de poursuivre leurs activités, en attendant des jours meilleurs, doivent bénéficier d’une quelconque façon d’un accès à la reprise prochaine de la pêche commerciale au sébaste. De quatre, les transformateurs concernés se voient dans l’obligation de tenter de diversifier leurs activités, même si l’importation de crevettes congelées étrangères risque d’être la première option retenue avant de penser d’investir des sommes d’argent considérables pour faire autre chose. Le moment est venu pour tous ces acteurs, incluant les deux paliers de gouvernement, d’élaborer dès maintenant une véritable stratégie de survie et de maintien de cette industrie avec des mesures et des programmes d’aides financières bien adaptés à la réalité du moment présent et de ceux qui prévaudront pendant cette période de crise.

De son côté, l’industrie du poisson de fond continue d’en arracher. C’est encore plus vrai en 2023 avec la saison misérable et inquiétante qui a prévalu pour les intervenants de la pêche au turbot, puisque cette espèce semble avoir disparue soudainement des eaux de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent. Une multitude de questionnements persistent à son sujet pour 2024. Des réponses sont attendues au cours de l’hiver, après une analyse de la dernière évaluation scientifique qui ne s’est pas déroulée comme prévue en mer lors de la récolte de données. Certains indices de cette mission scientifique laissent d’ailleurs sous-entendre un avenir précaire pour le turbot. La seule mince consolation pour l’industrie du poisson de fond au Québec, c’est le flétan atlantique, avec son petit volume alloué, qui permet d’éclaircir un peu un tableau déjà assez noir. Enfin, on sait déjà que cette industrie ne peut plus compter sur des approvisionnements de morue, si minimes soient-ils, parce qu’elle est en voie de disparition depuis belle lurette.

ENTRE-NOUS – page 05 – Volume 36,5 Décembre 2023-Janvier 2024

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