50 bougies pour Les Fruits de Mer de l’Est du Québec

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Cette année marque le 50e anniversaire de l’usine Les Fruits de Mer de l’Est du Québec, qui produit la fameuse crevette de Matane. Cet anniversaire témoigne aussi d’un demi-siècle d’évolution fulgurante dans les méthodes de transformation de «la perle rose du Saint-Laurent» et d’une véritable histoire d’amour entre Matane et la Scandinavie, qui remonte dès les débuts de l’entreprise.

C’est aux termes de recherches menées par le département des pêcheries du ministère de l’Industrie et du Commerce que le capitaine Clément Soucy de Rimouski a l’idée, vers la fin des années 1960, de se lancer dans l’industrie de la pêche à la crevette. Mais, le hic, c’est l’absence d’une usine de transformation du crustacé.

Le pêcheur se rend alors en Norvège pendant trois semaines pour y étudier les techniques modernes de pêche en lien avec le climat. Là-bas, il y achète un chalutier équipé pour la pêche à la crevette. Il établit le dialogue avec la Stabburet, une société norvégienne spécialisée dans la mise en conserve des produits de la mer, qui lui offre l’appui financier et moral nécessaire. L’un des sociétaires, Gunnar Nilsen, vient évaluer les possibilités de monter une usine de transformation et de congélation de crevettes à Matane. En 1967, une usine ouvre ses portes sous le nom de Can-Nor Seafoods. Elle demeure sous la propriété de la compagnie norvégienne jusqu’en 1970, année où elle prend l’appellation Les Fruits de Mer de l’Est du Québec, après avoir été achetée par une entreprise britannique, la Young Seafoods.

En 1986, l’entreprise passe aux mains de Clearwater Fine Foods de la Nouvelle-Écosse. Puis, en 1998, un regroupement de six pêcheurs québécois s’en porte acquéreur. C’est 35 ans après sa fondation que l’usine Les Fruits de Mer de l’Est du Québec se retrouve de nouveau sous des intérêts scandinaves. Elle est achetée par le groupe danois Royal Greenland en 2006.

Les Scandinaves préfèrent depuis longtemps les crevettes d’eau froide. En consultant les archives de l’époque, on constate que le premier directeur de l’usine de Matane, Svein Haaland, qui était décrit comme un expert dans le domaine, considérait que les crevettes gaspésiennes étaient encore meilleures que les scandinaves. D’ailleurs, interrogé sur ses connaissances du Québec et de Matane avant d’y débarquer avec sa famille, cet ingénieur chimiste avait répondu qu’il ne connaissait absolument rien de cette contrée lointaine, à part ses crevettes!

Déjà, en 1968, la qualité de la crevette de Matane lui vaut les grands honneurs lors d’événements d’envergure internationale, tels que la Compétition internationale d’art culinaire de Francfort, en Allemagne. «La Symphonie des fruits de mer», un plat de l’équipe canadienne, remporte cinq médailles d’or. Ce plat était notamment composé d’aspics de crevettes de Matane et de homard. L’événement réunissait plus de 200 concurrents. En 1970, «la perle rose du Saint-Laurent» se distingue également lors de l’Exposition internationale d’Osaka, au Japon.

Si la renommée de la crevette de Matane n’a pas perdu de son lustre depuis 1967, il y a cependant une chose qui a beaucoup changé depuis les débuts: les méthodes de transformation. En 2017, les procédés sont à des années lumière de ce qu’ils étaient, il y a 50 ans.

Lors de la mise sur pied de l’entreprise, les femmes décortiquaient les crevettes à mains nues. Une fois «épluché», comme elles le disaient à l’époque, le crustacé était nettoyé et surgelé. En 1967, la Can-Nor recevait de 18 000 à 20 000 livres de crevettes par semaine. Une fois transformé, 5 000 livres du produit jugé bon à la consommation sortait de l’usine.

MODERNISATION ET INVESTISSEMENTS MAJEURS

En 1972, l’entreprise s’automatise. En 1976, l’usine possède trois machines à décortiquer la crevette. La production grimpe alors à trois millions de livres par année, soit près de la moitié du total des prises de ce crustacé au Québec. La progression fulgurante des activités entraîne ainsi la construction d’une nouvelle usine en 1980. Au début des années 1990, l’usine transforme annuellement quelque 6 millions de livres de crevettes, soit le cinquième du volume total de l’espèce pêchée au Québec.

Au cours des quinze dernières années, plusieurs millions$ en travaux de rénovation du bâtiment et de modernisation des équipements ont permis de rendre l’usine plus performante et d’accroître son effi-   cacité. «Maintenant, tout est fait par des machines, mentionne la conseillère en ressources humaines, Marie-Andrée Richard. La dernière vérification est visuelle et manuelle.» Plusieurs améliorations ont également été apportées sur le plan de la santé et de la sécurité au travail.

«Aujourd’hui, on transforme 13 millions de livres par année, indique la directrice générale adjointe, Anny Villeneuve. On fait affaires avec une vingtaine de bateaux. La crevette nordique se pêche dans l’estuaire du Saint-Laurent, au large de l’île d’Anticosti et de Sept-Îles.»

Si l’usine Can-Nor engageait 56 femmes et 7 hommes en 1967, puis 90 femmes au plus fort de la saison de 1969, Les Fruits de Mer de l’Est du Québec compte actuellement 140 employés, dont une vingtaine à l’administration. «On a déjà été 200», lance un préposé au déchargement, Réjean Gauthier, qui cumule 41 ans de services. «C’est maintenant moitié hommes, moitié femmes», souligne madame Richard.

En 1967, les ouvrières gagnaient entre 1$ et 1,45$ de l’heure. Aujourd’hui, les employés reçoivent une moyenne de 16,75$ de l’heure. «La plupart ont plus de 37 ans d’ancienneté», souligne la conseillère aux ressources humaines. À leur 44e année, Herven Barriault, Francine Leblanc et Jean-Pierre Tanguay sont les doyens. Bernice Parent, qui travaille dans les bureaux, cumule 43 ans d’ancienneté.

D’ailleurs, à l’instar de la majorité des usines de transformation de la crevette, la main-d’oeuvre est vieillissante aux Fruits de Mer de l’Est. Le doyen, Herven Barriault, a été engagé au déchargement de la crevette en 1973. Ce fut son premier et seul emploi. Quand les prises sont bonnes, il peut pelleter jusqu’à 90 000 livres de crevettes par jour. «Dans la cale, c’est assez «rough», laisse tomber l’homme de 64 ans, en esquissant un sourire. Il faut être en forme! Les jeunes sont pas tous capables de faire cette job-là, surtout quand ils sont pas habitués. Je pense que les jeunes, ils aiment pas ça. C’est pas des «toughs»! De 10h à 5h, quand tu pellettes de la crevette, tu dors bien le soir!»

La moyenne d’âge des employés est de 55 ans, selon Marie-Andrée Richard. Le recrutement représente un défi de taille. «C’est assez dur physiquement, reconnaît-elle. On s’en va vers une génération où les jeunes sont gâtés. Ils ne veulent pas passer 12 heures debout au froid et à l’humidité.»

TRANSFORMATION – page 12 – Volume 30,4 – Septembre-Octobre-Novembre 2017

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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