Homard madelinot : des prises historiques de près de 9,3 millions de livres

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La pêche au homard 2017 des Îles-de-la-Madeleine se solde par des débarquements inégalés de 65 % supérieurs à ceux de l’an dernier. Il faut dire, cependant, que les prises avaient diminué du quart en 2016, par rapport à la saison record de 2015. Ainsi, avec leurs captures totalisant près de 9,3 millions de livres cette année, les pêcheurs madelinots marquent un nouveau record de 20 % supérieur à celui de 7,7 millions enregistré il y a deux ans.

Quant au prix payé à quai avant ajustement, il est en hausse de 4 % par rapport à celui de 6,60 $ de l’an dernier. Il est aussi, à 6,89 $, de neuf sous supérieur au prix final de la saison 2016, déterminé par une décision arbitrale de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec rendue au mois de mars.

ENGOUEMENT POUR LE HOMARD

Le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP), Jean-Paul Gagné, parle d’un prix exceptionnel, pour une valeur globale payée à quai de plus de 64 millions de dollars. «Le prix est resté très, très élevé sur les marchés malgré les volumes abondants. C’est très spécial dans les circonstances», souligne le porte-parole des acheteurs.

En fait, le crustacé vivant se vendait jusqu’à 15 dollars la livre sur les marchés de Montréal et de Québec, en fin de saison, à la mi-juillet. «Il y a un engouement indéniable pour le homard, poursuit monsieur Gagné. Cette année, les ventes ont été très rapides; il n’y avait pas d’inventaires. Habituellement, les inventaires sont assez élevés à chaque semaine, mais cette saison, ça a très bien sorti à chaque semaine.»

Malgré tout, l’Office des pêcheurs de homard des Îles conteste les prix versés à quai au cours de huit des neuf semaines de pêche. Son négociateur, Claude Régnier, calcule que l’écart varie, d’une semaine à l’autre, de 8 à 97 sous la livre, par rapport à la valeur témoin de la formule de fixation des prix de la convention de mise en marché, qui est elle-même de 25 sous la livre supérieure au prix plancher prévu pour les pêcheurs. «Tout compte fait, le manque à gagner totalise près de 4,8 millions $; soit une moyenne de 14 700 $ par pêcheur, précise l’avocat. C’est énorme!»

«Le prix était très bon, mais j’ai le sentiment qu’on n’a pas eu la juste valeur pour notre produit, commente pour sa part Jesse Dickson, capitaine du Jenny-Ann de l’île d’Entrée. Nous n’avons pas atteint les 8 $ la livre comme à Chéticamp. Je crois qu’on devrait être payés le même prix, c’est sûr.»

«On a été bien payés quand même, concède quant à lui le capitaine de La Vague du Sud, Dany Thériault, de la Pointe-Basse. Mais par rapport aux autres provinces, je ne crois pas que le prix ait été aussi élevé. Si on a un ajustement, on va le prendre c’est sûr.»

«Le prix est bon, mais la valeur témoin n’a pas été prise en compte, déplore de son côté Raynald Cyr, capitaine du Jean-François C. de Cap-aux-Meules. Près d’un dollar la livre de différence, malgré les 25 sous de négociation pour la première semaine de pêche, c’est de la grosse argent! Du jamais vu! Ça fait une bonne marge de crédit pour les acheteurs fournie par les pêcheurs! Il ne faut pas laisser aller la valeur témoin.»

ANALYSES DIVERSES

Selon les données statistiques préliminaires de Pêches et Océans Canada par port de pêche, nombreux sont les pêcheurs dont les débarquements atteignent ou dépassent désormais les 30 000 livres. «C’est très bon!», résume Simon-Pierre Gaudet, capitaine de l’Alexandre-Steeve de Havre-Aubert. «Je suis très satisfait, enchaîne Raphaël Vigneau, de L’Étang-du-Nord. La ressource est là!»

«Le homard était prêt à cager dès le début de la saison, observe Jérémie Cyr, capitaine du Marika-Sandrine de Grande-Entrée. La biomasse semble être là, mais il y a des signes que le pattern de pêche change. Par exemple, il y a beaucoup de captures sur le sable, et très peu proche du rivage. Il y a quelque chose qui se passe; les changements climatiques peuvent être un facteur.»

«Personnellement, on peut dire que c’est une bonne saison, mais j’ai déjà vu des meilleures années», affirme pour sa part Pascal Chevarie de Pointe-aux-Loups. Ce capitaine de La Mer du Nord dit avoir manqué six journées de pêche à cause des vents dominants du nord. «Six jours de manqués, ça paraît; surtout en début de saison. J’ai perdu trois jours au cours de la première semaine; c’est dur à rattraper. Surtout que cette année il y avait du homard partout.»

«D’habitude, du côté nord, c’est plus faible en début de saison, note Roberto Bourgeois, capitaine du Lady Laurence de Millerand. C’était une année exceptionnelle; ma meilleure saison connue du côté de chez nous!»

«Je suis très content, renchérit Graham Burke, de Grosse-Île, également du côté nord de l’archipel. Je pense que la température de l’eau nous a été favorable. Cette année, tout comme en 2015, nous avons commencé tardivement, alors que l’an dernier, on avait commencé très tôt en saison, à la fin avril, ce qui peut expliquer la baisse de 25 %», analyse le capitaine du Wild Rover.

«La saison était bonne, parce que la capturabilité était bonne entre autres choses, conclut pour sa part le biologiste chargé du suivi de la ressource, Benoît Bruneau, de l’Institut Maurice-Lamontagne. Toutes les conditions étaient réunies. Et c’est sûr que le homard qui n’a pas été capturé l’an dernier en raison d’un lent début de saison a pu être capturé plus gros cette année.» Selon monsieur Bruneau, les homards de taille commerciale grossissent d’environ 10 % à chaque mue de leurs deux premières classes de taille.

LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE – page 11 – Volume 30,4 – Septembre-Octobre-Novembre 2017

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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