lundi, décembre 5, 2022
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La grippe aviaire a aussi affecté la population de phoques communs

La grippe aviaire de type H5N1, qui a décimé plus de 5 000 oiseaux marins aux Îles-de-la-Madeleine à la fin du printemps, a aussi affecté la population de phoques communs de l’estuaire du Saint-Laurent, en début d’été. Selon les données de surveillance du Réseau québécois d’urgence pour les mammifères marins, qui regroupe une quinzaine d’organismes et institutions du Québec, le taux de mortalité des mammifères y était de huit fois supérieur à la moyenne historique.

Stéphane Lair, professeur en santé de la faune à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, croit qu’ils ont été contaminés par les eiders à duvet, avec lesquels ils partagent les mêmes rochers. «On n’est pas certain, mais on pense que c’est un contact direct avec les eiders parce qu’il y a eu beaucoup de cas dans le Bas-Saint-Laurent chez les eiders à duvet, et les phoques ne sont pas reconnus pour manger des oiseaux.»

Pour sa part, le biologiste Jean-François Gosselin de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML), du ministère des Pêches et des Océans (MPO), note que la population de phoque commun est la moins abondante des quatre espèces de pinnipèdes les plus fréquemment observées sur la côte Est canadienne. «Selon les infections d’influenza rapportées chez les phoques ailleurs en Europe et aux États-Unis, et selon les nombres de mortalités rapportées pour les phoques dans l’Estuaire, il semble que les phoques communs soient plus susceptibles de développer la maladie que les phoques gris ou les phoques du Groenland, avance-t-il. La présence d’anticorps chez deux autres espèces présentes dans les eaux canadiennes, soit le phoque à capuchon et le phoque annelé, suggère que ces espèces aient aussi été exposées à des souches du virus de l’influenza par le passé sans qu’il y ait eu de mortalités rapportées ».

IMPACT SUR LA POPULATIONM. Gosselin précise que les travaux réguliers de suivi des populations de phoques communs devraient éventuellement permettre d’estimer l’impact qu’auront les mortalités liées au virus H5N1, sur le nombre d’animaux qui fréquentent la région. Le ministère est d’ailleurs à analyser les données d’évaluation de l’abondance de la population de l’est du Canada recueillies successivement dans l’Estuaire et le Golfe, la Baie de Fundy et la côte est de la Nouvelle-Écosse, de même qu’à Terre-Neuve et au sud du Labrador, en 2019-2020 et 2021.

«Par hélicoptère, on compte les animaux qui sont échoués sur les récifs, les îles et les plages tout le long de la côte, explique-t-il. Et on fait une correction, grâce à des émetteurs qu’on met sur un certain nombre de phoques et des caméras qu’on laisse sur les sites d’échouerie pour compter le nombre d’animaux par rapport à différentes heures de la journée et à la période des marées, afin d’avoir une idée de la proportion du temps qu’ils y passent. Par exemple, si on voit qu’ils passent 80 % du temps sur les sites d’échouerie et qu’on compte 80 animaux, il faut rajouter le 20 % de correction pour avoir l’abondance totale de la côte Est. Et c’est ça qu’il reste à analyser, entre autres.»

Le biologiste de l’IML signale également que, selon les données préliminaires du recensement, l’abondance des phoques communs de l’Estuaire et du Golfe était de quatre à cinq fois plus élevée en juin 2019, par rapport aux mêmes périodes de 1996 et 2001. «Aussi faut-il faire attention, prévient Jean-François Gosselin. C’est peut-être parce qu’on a une plus grande population qu’on a aussi plus de mortalités, cette année. Et ce n’est pas avec des nécropsies qu’on va nécessairement savoir dans quelle proportion les phoques communs ont été affectés par la grippe aviaire, parce qu’on ne prend que les carcasses qui sont mortes. C’est plutôt avec nos travaux de suivi annuel de l’abondance des jeunes qui sont nés dans l’Estuaire, sur les sites d’échouerie de Mitis et de Bic, et de leur taux de survie, que nous faisons en plus de nos grands relevés sur trois ans sur la côte est. Comment ce taux de survie va varier au cours des prochaines années, comment ça va changer par rapport aux années récentes, c’est davantage ça qui va nous donner une idée de la mortalité associée à la H5N1.»

Notons qu’il faudra patienter environ un an avant d’obtenir le rapport d’analyse des données d’abondance des phoques communs de l’Est du Canada pour la période 2019-2020.

ENVIRONNEMENT – page 27-2 – Volume 35,4 Septembre-Octobre-Novembre 2022

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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