samedi, juillet 4, 2026
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Capture de crabe des neiges dans la zone 12 : 2026 sera loin de passer à l’histoire

Une saison ayant commencé tardivement, le 14 avril, un contingent très limité, du crabe clairsemé dans la zone 12 et la Garde côtière ne s’étant pas assuré du déglaçage du chenal menant à Shippagan, tels sont certains des éléments qui font que l’année 2026 sera loin de passer à l’histoire en matière de crabe des neiges dans le sud du golfe Saint-Laurent.

Daniel Desbois, président de l’Association des crabiers gaspésiens, reste calme dans sa description des facteurs qui ont causé des ennuis aux pêcheurs, même ceux qui auraient pu être évités, même si son ton est un peu cassant.

«On aurait pu commencer la saison quelques jours avant, et pas juste à cause de l’aéroglisseur. Le remorqueur de Paspébiac devait garder ouvert le chenal de Shippagan pendant l’hiver. Il a été en panne et la Garde côtière n’avait pas de plan B. Elle ne nous a pas informés. L’aéroglisseur est aussi arrivé plus tard que nécessaire», décrit M. Desbois.

Quand le chenal de Shippagan est déglacé tôt au printemps, ou quand on l’empêche de s’encombrer en hiver, la plupart des crabiers du Nouveau-Brunswick peuvent sortir tôt au début d’avril. Comme le ministère fédéral des Pêches et des Océans n’ouvrira pas la pêche au crabe  en Gaspésie avant celle des Néo-Brunswickois, les crabiers gaspésiens apprécient bien que toutes les précautions soient prises pour un démarrage hâtif. Ça évite l’interaction avec les baleines noires, un élément occasionnant des fermetures de quadrilatères dans le golfe. Ces précautions n’ont pas été maximisées pendant l’hiver 2026, note M. Desbois.

Une faible concentration de la ressource

Daniel Desbois s’attendait à une faible concentration de crabe des neiges dans le golfe en 2026, considérant que la biomasse passe à travers un creux de cycle.

«C’est normal, avec des baisses de quota, mais il y a des zones, comme la baie des Chaleurs, qui ont été plus décevantes que d’autres. Il devait y avoir de la biomasse, mais il n’y avait rien. Dans l’est du golfe, c’était meilleur, comme complètement à l’ouest. Les cartes de concentration de ressources marquaient des quantités dans le canal (la baie des Chaleurs), mais il n’y avait pas de crabe à cet endroit. Il s’est peut-être déplacé», analyse M. Desbois, toutefois conscient que le crustacé se déplace seulement sur des distances assez faibles.

Son fils Yan commande maintenant le crabier qu’il a mené pendant plusieurs années. «Il n’a pas commencé fort mais il s’est repris. Il avait terminé sa pêche après quatre semaines, vers la mi-mai. On a l’équivalent d’un permis et demi» précise Daniel Desbois.

Le 1er juin, soit six semaines et demi après le feu vert du 14 avril, 97% du contingent du sud du golfe était capturé. Le mois de mai a quand même été compliqué par la présence des baleines noires, dont le premier spécimen s’est pointé dans le golfe le 28 avril.

«Ç’a dérangé parce que les premiers secteurs fermés correspondaient à 100% aux secteurs où les pêcheurs se trouvaient. Dans la vallée de Shédiac, il n’y avait pas de crabe, mais pas de baleines non plus», dit-il.

Le 2 juin, les pêcheurs devant capturer la quantité résiduelle de 3% du contingent restant à prendre se retrouvaient devant un parcours à obstacles assez compliqué. «Pratiquement tout est fermé dans le   golfe», résumait alors Daniel Desbois.

Un prix assez comparable

Le prix versé aux crabiers depuis le début de la saison s’est généralement établi à 7 $ la livre pour les bateaux munis d’une cale à glace, et à 7,25 $ pour les bateaux équipés d’une cale à eau. C’est assez semblable à ce qui a été payé en 2025. Un léger ajustement à la conclusion des ventes pourrait se manifester plus tard dans l’année.

«C’est une drôle d’année, pas habituelle. On a reçu un peu plus que ça. Ça dépend des usines. C’est moins haut que l’an passé, pour le quota et le prix, dans notre cas», résume Daniel Desbois, discret sur les données.

Le quota total pour les zones 12, largement dominante, 12E, 12F et 19 s’est établi à 14 493,01 tonnes métriques en 2026.

La rentabilité sera-t-elle au rendez-vous? «Pas vraiment. C’est difficile pour tout le monde. Le ministère (fédéral des Pêches et des Océans) a fait beaucoup d’efforts pour identifier avec l’acoustique les secteurs où arrivaient les baleines noires. Ils (les employés du ministère) ferment avec l’acoustique, mais ils ne l’entendent pas tout le temps. Des zones restent fermées même quand les baleines ont quitté la zone depuis plusieurs jours. On se demande s’ils ont réduit le budget des avions d’observation. On n’a pas vu de réouverture de zones, excepté la semaine passée, quand la pêche était presque terminée», déplore Daniel Desbois.

LE SUD DU GOLFE – page 10 – Volume 39,2 Mai – Juin – Juillet 2026

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Gilles Gagné
Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.
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