Création d’une table ronde sur le partenariat scientifique du homard : le MPO initie une première démarche auprès de différents partenaires

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Le ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO) propose la création d’une Table ronde du partenariat scientifique sur le homard. Le Ministère a tenu une première rencontre de discussion en ce sens, par vidéoconférence, le 15 juin dernier. Plus de 40 personnes y ont participé, dont des autochtones, des représentants de la pêche commerciale et des gouvernements provinciaux, de même que des scientifiques du MPO et des chercheurs universitaires.

«Notre volonté de nous réunir pour échanger des idées sur des questions de recherche clés et de nouveaux domaines de travail est fondamentale pour notre compréhension commune du homard, explique le ministère par voie de communiqué. En travaillant ensemble en vue d’atteindre cet objectif commun, nous nous assurons que les futures collectivités autochtones et côtières du Canada atlantique et du Québec bénéficieront de stocks de homard en bonne santé.»  

Amélie Rondeau, gestionnaire de la division des sciences halieutiques et écosystémiques pour la région du Golfe, précise que le MPO se donne deux ans pour lancer l’initiative. «Il n’y a pas d’échéancier à ce moment-ci, dit-elle. On n’a pas de projet concret non plus. On est encore dans la phase de remue-méninges avec nos collaborateurs.»

UNANIMEMENT FAVORABLES

La première rencontre de la mi-juin a permis d’amorcer le dialogue et de sonder les partenaires, poursuit Mme Rondeau. Elle affirme à ce propos que les participants étaient unanimement favorables à l’idée de mettre l’épaule à la roue afin de cibler les priorités de recherche sur le roi des crustacés. «Les débarquements de homard sont en continuelle croissance et étant une espèce abondante et de très bonne valeur économique, la question est de savoir s’il y a des lacunes au niveau de nos connaissances scientifiques qu’on pourrait adresser ensemble, pour faire en sorte qu’on gère ces stocks-là de façon efficace pour notre futur et celui de nos communautés côtières, expose-t-elle. Donc, contrairement à beaucoup d’initiatives qu’on voit un peu sur le tard pour les espèces en déclin, ici on essaie d’avoir l’approche contraire. Ça va bien, c’est en croissance; faisons en sorte que ça demeure ainsi.»  

Le ministère fédéral des Pêches refuse toutefois de rendre public le compte-rendu de la rencontre, ni même la liste de ses participants. Le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles (RPPCI), qui regroupe la majorité des homardiers madelinots, nous confirme néanmoins y avoir assisté partiellement, «par manque de temps». Cela dit, dans un échange de courriel, l’administration centrale du MPO à Ottawa nous indique que «pendant cette réunion, le groupe a discuté de l’accent mis sur la biologie du homard, l’écologie et la pêche durable, y compris les effets des changements climatiques sur la productivité, le calendrier des pêches, le cycle biologique, la structure de la population, les effets de la température sur la pêche, et la modélisation de la durabilité à long terme. Le partenariat devra également déterminer la manière dont il fonctionnera.»

Quant à la problématique des interactions entre la pêche commerciale au homard et les baleines noires de l’Atlantique nord menacées d’extinction, le sujet n’a pas été «précisément soulevé», rapporte Amélie Rondeau. «Ça se veut un processus totalement séparé de tout le cadre décisionnel qui entoure la pêche, dit-elle. Les personnes qui ont été contactées, et la base de cette initiative-là est vraiment au niveau des sciences et n’inclut pas le secteur de la gestion des pêches. Les principaux sujets abordés touchent beaucoup aux changements climatiques et, bien   entendu, on peut y associer les baleines et ça ne veut pas dire que ce ne sera pas considéré. Mais on veut vraiment se concentrer sur l’espèce Homarus americanus et voir ce qu’on a besoin pour assurer un niveau de connaissances le plus complet possible, pour bien anticiper l’évolution des populations dans un contexte changeant au niveau de l’écosystème.»

2E RENCONTRE

Le MPO doit convoquer une deuxième rencontre de ses partenaires en cours d’automne, prévoit Mme Rondeau. Cette fois, un plus grand nombre de personnes sera invité, précise-t-elle. «On parle avec différents intervenants qui n’ont pas participé à la discussion du 15 juin et l’intérêt est là, affirme la gestionnaire. Ça été un exercice complexe d’identifier les personnes pour la première discussion, mais le message qu’on veut passer c’est qu’on n’a pas formé un comité clos; ce n’est pas du tout le cas. On voulait tâter le pouls et essayer de voir ensemble comment on pouvait structurer une approche beaucoup plus large.»    

Le MPO a confié à Kent Smedbol, gestionnaire de la division de l’écologie des populations basée à Dartmouth, dans la région des Maritimes, la responsabilité de faire progresser les pourparlers vers la création de cette Table ronde du partenariat scientifique sur le homard. Ultimement, les travaux pourraient mener à la création d’un nouveau programme de recherche sur le homard du Canada atlantique et à une entente de financement fédéral-provincial.

La contribution des organisations de pêcheurs sera aussi essentielle, souligne M. Smedbol. «Une des raisons pour lesquelles nous visons un partenariat pour impliquer les communautés et les associations de pêcheurs commerciaux, c’est qu’ils ont aussi de l’expertise et des ressources, relève-t-il. Pour une question particulière, dans une zone de pêche donnée comme celle des Îles-de-la-Madeleine, par exemple, il vaut mieux s’y pencher avec beaucoup de bateaux sur l’eau, avec les pêcheurs. Le Ministère ou un chercheur universitaire ne pourrait vraiment pas y arriver tout seul. Alors, ce n’est pas qu’une question de financement gouvernemental. Nous avons besoin de la contribution des pêcheurs autour de la table.»

Pour sa part, le président de l’Association des pêcheurs propriétaires des Îles (APPIM), Mario Déraspe qui compte plus de 40 ans d’expertise, ne demande pas mieux que de collaborer avec le MPO s’il y est invité. «On a toujours collaboré avec les sciences et c’est très important de poursuivre ce travail de collaboration si on veut s’assurer de la pérennité de la ressource, commente-t-il. Il faut que les pêcheurs et les organisations s’impliquent au meilleur de leurs capacités.»

CONCERTATION – page 18 – Volume 34,4 Septembre-Octobre-Novembre 2021

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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