De bonnes captures aussi enregistrées par les Madelinots

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Les crabiers madelinots se félicitent du début hâtif de leur saison de pêche, tant dans la zone 12 du sud du golfe du Saint-Laurent que dans la 12F, le long du chenal laurentien. Après trois semaines de pêche, les capitaines du MANON-YVON et du FRANCIS-ÉRIC de la flotte traditionnelle avaient notamment capturé de 60 % à 65 % de leur contingent individuel. À pareille période l’an dernier, ils ne faisaient que mettre leurs casiers à l’eau, rappelle Yvon Thériault. «Je m’attends à ce que le rythme des prises diminue avec le mois de mai, mais au moins il nous reste du temps, dit-il. L’année passée il ne nous restait pratiquement plus de temps; comme on finit à la fin juin, j’avais dû laisser 25 000 livres de crabe à l’eau.»

Les pêcheurs de la zone 12 disposent d’un quota moyen par bateau de 215 000 livres, contre 295 000 en 2020. Le taux de prises admissibles global a lui-même été abaissé de 26 %, cette année. Malgré tout, Francis Poirier qualifie de surprenante l’abondance des captures. «La saison est quand même très bonne; mieux qu’espérée, affirme le capitaine du FRANCIS-ÉRIC. Jusqu’à présent, il y avait du crabe un peu partout dans le golfe, ça fait que les gens ont pu se disperser. On ne se marche pas sur les pieds et il y a du crabe pour tout le monde. Avril : pas de baleine, pas de crabe blanc. C’est la plus belle saison pour pêcher!»

«C’est une des bonnes années depuis que je pêche!, renchérit Yvon Thériault. On a eu jusqu’à date une moyenne de prises par unité d’effort de 200 à 250 livres, contre 150 à 200 livres l’an dernier. Mais il a venté en «tabanourche» et il n’a pas fait chaud. C’était tout le temps des vents est-nord-est; ce n’était pas du bon vent pour avoir du calme. Mais je prétends que c’est bon pour que le crabe rentre dans les cages! Et comme de raison, pour avoir commencé de bonne heure, on n’a pas eu de baleines de recensées.»

FERMETURE 12F

Parlant des baleines noires menacées de disparition, les crabiers de la zone 12F ont, pour leur part, eu à composer avec une fermeture de la presque totalité de leur zone le 29 avril, lorsque le ministère des Pêches et des Océans (MPO) y a fait son premier repérage aérien de la saison. Pour la zone 12F, il s’agissait d’une première depuis la mise en place de mesures de protection des mammifères en 2018.

Le capitaine du CAP-ADÈLE, Marcel Cormier, raconte qu’il a été contraint de déplacer 45 de ses 75 casiers. Heureusement, souligne-t-il, le MPO a permis à sa flottille de se relocaliser temporairement dans la zone 12, en bordure de la zone 19 longeant le Cap Breton. «C’est une petite zone, la zone 12F, fait remarquer M. Cormier. Il a fallu nous déménager à 5-6 heures de nos fonds de pêche habituels. J’avoue que j’aurais préféré rester dans la zone 12F, mais je ne voulais pas entrer en conflit avec les autres qui avaient plus de cages dans la petite section restée ouverte, à l’ouest de la longitude 61˚ 00.»

La fermeture temporaire d’une superficie de 2 000 km² a été décrétée pour deux semaines, soit jusqu’au 13 mai. Reste donc à voir si elle sera levée ou maintenue jusqu’en fin de saison, si la présence des baleines persiste dans le secteur. «L’année passée on a laissé 15 000 livres à l’eau, relate le capitaine du CAP-ADÈLE. On avait commencé tard à cause de la COVID-19 et les usines devaient s’organiser; rendu à la fin juin, le crabe a manqué «net»; il n’y en avait plus quand on a fini.»

Cela dit, Marcel Cormier rapporte que ses rendements sont plutôt stables par rapport à l’an dernier. En un mois, il dit avoir capturé près du tiers de son quota individuel de 125 000 livres. «Le quota est le même qu’en 2020 et nos voyages sont contingentés par l’usine, mentionne le capitaine du CAP-ADÈLE. Mais ce ne sont pas les meilleures années; on ne fait pas de pêche miraculeuse. Je pense que le partage de la ressource avec les homardiers entraîne une surexploitation. Il y a trop de casiers pour la zone.»

Quoi qu’il en soit, Marcel Cormier admet que le prix de 7 $ la livre payé à quai jusqu’à présent, soit le double de ce qu’il était en début de saison 2020, agit comme un baume. «Une chance que le prix est bon; on est content pour ça! C’est une consolation. Ça fait oublier la présence des baleines noires, concède-t-il. Tant que le monde pourra en acheter, c’est correct.»

«Je ne suis pas sûr que le prix va rester à ce niveau record, commente de son côté le capitaine du MANON-YVON. Mais c’est certain qu’avec la pandémie, c’est incroyable comme on s’en tire bien! Il faut croire qu’il y avait de la demande et c’est ça qui fait le prix! L’an passé les prises n’étaient pas encourageantes et le MPO nous disait qu’on avait peut-être surévalué la biomasse du crabe, alors on ne savait pas trop à quoi s’attendre cette année», résume Francis Poirier. Et finalement le crabe est au rendez-vous et le prix est une belle compensation pour les quotas qui ont baissé!»

Chez Fruits de Mer Madeleine de l’Étang-du-Nord, on exporte la production de crabe des neiges à parts relativement égales vers le Japon et les États-Unis. Son directeur général Pierre Deraspe attribue les prix record payés à quai à la très forte compétition entre les industriels pour sécuriser leurs approvisionnements, affirme-t-il. «Il y a une guerre des prix un peu partout parce que certaines usines n’ont pas suffisamment de volume pour leurs   installations et les prix ne reflètent pas nécessairement la réalité du marché.»

M. Deraspe, qui va jusqu’à se demander si les 7 $ la livre versés aux pêcheurs sont soutenables, promet néanmoins que ce prix sera ajusté à la hausse pour s’arrimer au prix du marché. «Je suis très surpris que la demande du marché soutienne un prix si élevé, dit-il. Tant mieux si ça dure et je le souhaite. Mais on ne peut pas passer du simple au double d’une année à l’autre sans qu’il n’y ait un impact majeur pour l’avenir, s’inquiète l’industriel. C’est artificiel; ce n’est pas sérieux. Est-ce qu’il y a beaucoup de clients qui peuvent continuer à s’acheter de la chair de crabe pour manger un souper à 72 piastres la livre? La clientèle va s’essouffler.»

La présidente-directrice générale de LA Renaissance des Îles, Lynn Albert, n’a pas voulu commenter. Notons qu’elle emploie une centaine de travailleurs étrangers en provenance du Mexique, pour combler la pénurie de main-d’œuvre. Chez Fruits de Mer Madeleine, on en accueille 25, pour la première fois cette année. «Ça représente environ 15 % de notre main-d’œuvre, rapporte Pierre Deraspe. Ça se passe bien. Ce sont pour la plupart des jeunes de 25-35 ans. Ils sont arrivés le premier avril et on va les garder pour la production d’automne, jusqu’à la fin d’octobre.» De plus, les deux entreprises sont engagées dans une automatisation progressive de leurs usines respectives. L’hiver dernier, elles ont notamment investi dans leurs lignes d’empaquetage, afin d’éviter les blessures dues au soulèvement répétitif des lourds paniers de crabe congelé.

LE SUD DU GOLFE – pages 6-7 – Volume 34,2 Avril-Mai 2021

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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