Prix de la crevette au débarquement : la Régie des marchés agricoles doit trancher

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N’ayant toujours pas réussi à s’entendre pour l’établissement des prix de la crevette payés au débarquement pour la première période de pêche de la saison avec l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP), l’Office des pêcheurs de crevette du Grand Gaspé (OPCGG) a déposé une demande d’arbitrage auprès de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec afin de dénouer l’impasse. Pendant ce temps, le début de la saison, qui devait débuter le 1er avril dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, est retardé.

Cette année, le total autorisé des captures demeure identique à celui de l’an dernier, soit 17 999 tonnes. Après au moins huit rondes de négociation dans le cadre du plan conjoint de mise en marché en vigueur, les deux parties ont fait connaître leurs arguments le 30 avril devant la Régie. La décision de l’arbitre quant aux prix payés pour la première partie de la saison qui se termine le 30 juin était attendue dans les jours suivants.

Avant de se présenter en arbitrage, la différence des prix proposés par les deux parties était énorme. La dernière offre de l’AQIP pour la première période de pêche était de 0,97 $ la livre pour la grosse crevette, de 0,89 $ pour la moyenne et de 0,78 $ pour la petite.

LA PANDÉMIE N’EST PAS TERMINÉE

«La pandémie continue à sévir, rappelle le directeur général de l’AQIP, Jean-Paul Gagné. Les restaurants, les hôtels et plusieurs organisations sont fermés dans beaucoup de pays.» Il croit aussi que les prix doivent être basés sur la tendance du printemps et qu’il faut attendre de voir comment se comportera le marché en mai et juin.

«L’année passée, on a supporté énormément d’inventaires et on en a encore, déplore le représentant du secteur de la transformation. Pendant ce temps, on a payé les pêcheurs et la transformation. Dans les usines, on ne peut pas continuer à faire des pertes! Avec ce que les pêcheurs nous ont proposé, on ferait des pertes dans chacune des catégories. Il faut aussi que les employés d’usine travaillent! Que ce soit les pêcheurs ou nous, on a une part de responsabilités.»

VISIONS DIFFÉRENTES

Avant l’arbitrage, les attentes de l’OPCGG étaient de 1,48 $ la livre pour la grosse crevette, de 1,15 $ pour la moyenne et de 0,96 $ pour la petite. «Les prix ont baissé dans la dernière année et c’est clairement en lien avec la pandémie, explique le directeur de l’Office des pêcheurs de crevette du Grand Gaspé, Patrice Element. Par contre, étant donné que le déconfinement est plus que probable à très court terme au Royaume-Uni, qui est le marché principal de la crevette, les prix ne peuvent pas faire autrement que remonter. Donc, notre argumentaire est basé sur le fait que les prix des 12 prochains mois ne peuvent pas être plus bas que les prix des 12 derniers. Ça, l’AQIP n’est pas d’accord avec ça.»

Pour la première période de pêche de l’an dernier, qui prenait fin le 30 juin, la Régie avait décrété le prix à 1,65 $ la livre pour la grosse crevette, à 1,35 $ pour la moyenne et à 0,84 $ pour la petite. Les prix de la deuxième partie de 2020, qui s’étalait du 1er juillet jusqu’à la fin de la fin de la saison, étaient de 1,20 $ la livre pour la grosse, de 1 $ pour la moyenne et de 0,78 $ pour la petite.

Au cours de la dernière année, les impacts de la pandémie ont été importants pour toutes les espèces pêchées au Québec. «La crevette a probablement été celle qui a été la plus affectée par la pandémie, contrairement au crabe des neiges, croit Patrice Element. L’an passé, la COVID-19 et le confinement ont frappé assez fort dans des endroits où la crevette nordique est vendue, soit principalement au Royaume-Uni et dans les pays scandinaves. C’est ce qui fait que la demande et les prix ont baissé. Mais, la bonne nouvelle, c’est qu’avec le taux de vaccination extrêmement élevé au Royaume-Uni, la  situation ne peut pas faire autrement que s’améliorer.»

En contrepartie, le porte-parole des usines de transformation de Rivière-au-Renard, de l’Anse-au-Griffon et de Matane soutient qu’il est encore difficile de vendre en Europe. «On ne peut pas dire que la pandémie est finie, plaide Jean-Paul Gagné. Peut-être que ça pourra se redresser en cours d’année, mais il y a beaucoup d’inconnu pour tout le monde.»

Si la reprise n’arrive que dans six ou huit mois, Jean-Paul Gagné juge que le fardeau économique sera trop lourd à porter pour l’industrie de la transformation, allant même jusqu’à appréhender des déficits, d’autant plus que le taux de change est beaucoup moins favorable que l’an dernier pour l’exportation. «On est loin du compte de l’an dernier. C’est inquiétant. Équilibrer les prix avec ceux de l’an dernier, ça va être difficile. Tout le monde attend la reprise, mais elle ne se fera pas à brève échéance.»

Chose certaine, personne ne se rendra riche avec la crevette cette année, croit M. Gagné. «Mais, essayons de faire nos frais chacun de notre côté. N’abandonnons pas cette industrie! Elle est importante pour Matane et particulièrement pour Gaspé, où il y a deux usines de transformation qui emploient plusieurs personnes.»

Depuis plusieurs années, l’AQIP demande que le prix soit fixé en pourcentage du prix obtenu sur le marché. «Si ça monte, c’est tant mieux pour tout le monde et si ça baisse, c’est pire pour tout le monde, en conclut son directeur général. C’est une façon qui serait pas mal plus simple. On n’aurait pas à débattre chaque année. Mais, les pêcheurs ne veulent rien savoir de ça.»

DÉBUT DE SAISON AVANT LE 7 MAI

Dans la mesure où les deux parties accepteront la décision de la Régie, les crevettiers pourraient partir en mer avant le 7 mai. «La quasi-totalité est prête et ceux qui ne sont pas prêts, il ne leur reste que quelques petits travaux mineurs à faire sur leur bateau», assure M. Element. De son côté, M. Gagné confirme que les usines sont toutes aussi prêtes.

L’an dernier, la pêche s’était mise en branle au début juin en raison, encore une fois, de rondes de négociations difficiles entre les deux parties, mais aussi en raison de la pandémie de la COVID-19 qui a secoué fortement l’industrie de la crevette. Le retard s’expliquait également par la présence d’importants inventaires de crevette non vendus dans les usines gaspésiennes et par des marchés saturés et peu accessibles au printemps. L’intervention de la Régie des marchés agricoles avait aussi été nécessaire pour fixer les prix au débarquement.

GASPÉ-NORD – page 8 – Volume 34,2 Avril-Mai 2021

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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