Des activités éducatives et de chasse aux phoques gris à l’Île Brion pourraient être compromises

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Les discussions pour soustraire une portion de la plage de l’île Brion des limites de la réserve écologique, afin d’y permettre des activités éducatives et de chasse commerciale aux phoques gris, sont dans l’impasse. C’est du moins ce qu’affirme le directeur de l’Association des chasseurs de phoques intra-Québec (ACPIQ), Gil Thériault, dans une lettre aux partenaires du dossier qu’il a rendue publique en octobre. Le litige porte sur le secteur à l’ouest d’Anthony’s Nose, aussi appelée Anse du pluvier siffleur, où s’écoule un ruisseau plusieurs mois par année et où les mammifères ont l’habitude de se mettre à l’abri.

Pour les groupes en environnement, soit Attention FragÎles, le Comité Zip et la Société de conservation des Îles-de-la-Madeleine, il est impensable de retirer le secteur d’Anthony’s Nose de la réserve écologique, parce que le milieu constitue «un type d’environnement des plus sensibles et ayant la plus grande valeur écologique de cette réserve», soulignent-ils dans une lettre adressée en juillet au directeur de la Direction des aires protégée du ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques du Québec (MELCC), Francis Bouchard.

Néanmoins, selon Gil Thériault, il y a un consensus local entre les chasseurs et les groupes environnementaux du territoire, pour que la chasse n’y soit autorisée que quelques semaines par année, en janvier et février, quand la terre est gelée et que la zone est pratiquement inactive du côté biologique, sans pour autant retirer cette zone de la réserve. «Parce qu’il faut aussi savoir que selon Ghislain Cyr, un chasseur professionnel d’expérience, une interdiction nous priverait de 60 % des possibilités de captures à l’Île Brion, dit-il. C’est une   solution basée sur le gros bon sens.»

Or, le MELCC refuserait cette solution, parce que «selon lui, il n’existe pas de solution mitoyenne: soit cette zone est retirée de la réserve et on pourra y chasser quelques jours par année, soit elle y reste et toute présence humaine, autre qu’à des fins éducatives ou scientifiques y sera interdite», écrit Gil Thériault.

De son côté, le directeur de la Direction des aires protégées se refuse à toute entrevue sur la question. «Le ministère poursuivra les échanges avec les différents intervenants afin de déterminer la superficie de la plage à retirer ainsi que les modalités des activités qui seraient permises sur ce même territoire, nous écrit-on par courriel. Le ministère aspire à une rencontre fin novembre ou au début décembre, afin de trouver une solution qui répondra aux besoins des Madelinots dans les meilleurs délais.»

La Municipalité des Îles, qui est partenaire au dossier, appelle quant à elle le MELCC à prendre acte de la proposition de voie de passage, soumise par les chasseurs et groupes environnementaux madelinots. «Si on permet la chasse, il faut s’assurer que ce soit dans une zone où il y a présence de phoques gris, sinon ça ne donne rien, déclare le maire Jonathan Lapierre. Mais il faut aussi protéger la biodiversité de l’île Brion; ça, on n’en démord pas.»

Selon les plus récentes données du chercheur scientifique Mike Hammill, de l’Institut Maurice-Lamontagne, la population de phoques gris de la réserve écologique est désormais estimée à 15 600 individus, avec un taux annuel de croissance de 5 %. En 2020, le MELCC a confié à un chercheur en écologie végétale et professeur de biologie à l’Université Laval, Stéphane Boudreau, le mandat d’en documenter l’impact sur l’écosystème dunaire de l’Île Brion. Son analyse portera aussi sur l’impact d’éventuelles activités de chasse commerciale, sur la base d’un abattage de quelques centaines de bêtes dans le cadre d’une mission scientifique d’observation commandée par le ministre Benoit Charette en janvier dernier. Le professeur Boudreau doit présenter son rapport en mars 2023, afin de dresser les paramètres de durabilité d’une chasse commerciale dans le secteur.

REPÈRE – page 43 – Volume 34,5 Décembre 2021-Janvier 2022

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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