Institut Maurice-Lamontagne : un bilan positif pour 2020, malgré la pandémie

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Malgré le contexte de la pandémie de COVID-19 qui aura terni neuf des douze mois de 2020, le bilan de l’Institut  Maurice-Lamontagne est, dans l’ensemble, plutôt positif. C’est le constat auquel en arrive Jean-Yves Savaria, le directeur du centre de recherche en sciences de la mer de Pêches et Océans Canada situé à Mont-Joli.

«Je suis assez content de l’année qu’on a eue, malgré que je me serais bien passé, comme tout le monde, de cet épisode de COVID, laisse tomber Jean-Yves Savaria. On a pu se revirer de bord dans les missions, en collaboration avec la Garde côtière, et tout ce qui était essentiel d’un point de vue des collectes de données a pu se faire.» Les équipes ont également pu produire des avis scientifiques pour la gestion des stocks.

S’il dresse un bilan positif pour 2020, il n’en demeure pas moins que M. Savaria ne va pas jusqu’à dire que la pandémie n’a pas eu d’impact puisque certaines missions scientifiques ont dû être annulées. «Jusqu’au mois de juin, on avait un moratoire où on n’avait pas de missions et aucun travail de terrain ne se faisait, sauf pour les choses essentielles.»

Le scientifique estime cependant que le maximum a été fait et que le résultat est tout à fait satisfaisant, en ce sens que l’impact sur les avis scientifiques ne devrait pas être significatif. «Ça ne nous a pas empêchés de faire notre travail pour pouvoir orienter les décideurs, notamment sur le plan de la gestion de la ressource pour les pêcheries.»

S’il sent une certaine morosité s’installer chez les employés, le patron de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML) estime que ceux-ci sont contents de travailler puisqu’ils sont conscients qu’il y a plusieurs personnes qui ont perdu leur emploi. «Les gens restent positifs et très collaboratifs. On espère que ça puisse rester comme ça!»

MAINTIEN DES SERVICES ESSENTIELS

Lorsque la pandémie a commencé en mars, l’IML était en préparation de ses différentes missions scientifiques relatives aux pêches, notamment pour l’évaluation des stocks. «Lorsque c’est arrivé, on a dû prendre des décisions rapidement, se souvient M. Savaria. Ce qui a été maintenu, dès le départ, ce sont les services qui étaient vraiment essentiels dans le cadre de nos mandats pour les citoyens. Donc, tout ce qui est relatif à la sécurité a notamment été maintenu.» Ces services essentiels sont ceux offerts par la Garde côtière canadienne et par le Service hydrographique du Canada.

L’installation d’un système de bouées Viking figurait dans les travaux jugés essentiels. Il s’agit d’un système dans lequel se trouvent des hydrophones qui permettent de détecter la présence de baleines noires. «On connaît l’enjeu de la baleine noire avec les pêcheurs et le transport. Ça a été mis à l’eau assez rapidement.» Les relevés bathymétriques pour le transport maritime qui sont réalisés par le Service hydrographique du Canada ont aussi été autorisés. Donc, tous les travaux qui relevaient de la sécurité maritime étaient permis. «C’est avec parcimonie qu’on a autorisé certaines missions en début de saison.»

Les autres missions scientifiques prévues de mai à juin ont été annulées. «On a mis une pause pour des raisons évidentes de sécurité des employés, le temps de mettre en place des mesures adéquates pour qu’on puisse opérer dans des conditions le plus sécuritaire possible dans le contexte.»

La majorité des autres employés a dû retourner à la maison en télétravail. Cette situation a demandé une série d’adaptations technologiques pour leur permettre de travailler à distance. «Ça a représenté de nombreux défis», reconnaît M. Savaria. Le directeur salue d’ailleurs le «travail vraiment exceptionnel» des services informatiques afin que les employés puissent bénéficier de la technologie, des connexions et des outils de travail adéquats, ne serait-ce que d’avoir des portables. «Ceux qui pouvaient travailler à distance ont pu tomber opérationnels quand même assez rapidement et poursuivre leur travail.»

Si certaines activités de l’IML n’ont pas été interrompues au début de la crise, elles ont cependant été au ralenti. La situation a commandé des ajustements au chapitre des priorités et a pu avoir un impact sur les livrables. «Mais, je dirais que ça n’a pas été problématique pour ce qui est du travail de laboratoire. C’était essentiel cet été et cet automne particulièrement, où c’est toujours une période très achalandée lors des retours de missions pour traiter les échantillons. Tout ça s’est déroulé à peu près normalement dans le contexte.»

HYDROGRAPHES VIRTUELS

Jean-Yves Savaria croit qu’une telle situation de crise force à innover, à être imaginatif. «Quand on se retrouve dans des situations comme celles-là, il faut sortir du carré de sable et trouver des solutions, ce qui nous permet d’essayer de nouvelles façons de faire et de nous adapter. Quand on peut innover et trouver de nouvelles  avenues pour faire le travail, il y a peut-être des choses qui pourraient être conservées pour plus tard quand on reviendra à une certaine normalité.»

C’est le cas du Service hydrographique qui, dans le contexte de la crise sanitaire, a su modifier ses façons de faire son travail qui est essentiel à la sécurité de la voie maritime. Normalement, une partie du travail est réalisée par du personnel navigant et deux hydrographes qui sont à bord afin de faire leurs relevés. «Cette année,  on a fait l’expérimentation d’avoir des hydrographes virtuels pour faire le travail, donc à distance, raconte le directeur de l’IML. Puis, ça a fonctionné assez bien! Maintenant, cette façon de faire pourrait être maintenue dans certains cas. On peut maintenant imaginer qu’il serait vraiment possible d’opérer et de contrôler à distance les systèmes hydrographiques qui sont à bord de certains navires. Même dans un contexte où on manque de personnel compétent à bord ou que le personnel opérant ne peut pas être là, ce travail-là pourrait se faire.»

PHASES DE RÉINTÉGRATION AU TRAVAIL

Pour cette période où seuls les employés qui assuraient les services essentiels étaient autorisés à aller à l’IML, Jean-Yves Savaria parle de phase 0. Il s’agissait des travailleurs pour qui le travail ne pouvait pas être fait de la maison, tels que les techniciens de laboratoire. «Ce sont des gens qui doivent vraiment être sur place, précise-t-il. Il y en a qui avaient d’autres tâches, qui travaillaient sur d’autres choses et qui ne pouvaient pas faire avancer les dossiers normalement. On a été pendant quelques semaines dans ce mode de fonctionnement-là.»

Puis en juin, l’IML a amorcé la phase 1 de réintégration de ses employés. Ainsi, 25 % des travailleurs ont reçu la permission de revenir dans l’édifice. «C’est la phase dans laquelle on se trouve actuellement depuis juin», précise M. Savaria. Il y a donc encore 75 % du personnel qui œuvre du domicile parce que «ce sont des gens qui n’ont pas besoin impérativement des locaux de l’IML pour faire leur travail». «Mais, c’est heureux qu’on ait pu avoir la possibilité d’aller à 25 %. Sinon, ça aurait eu un impact pas mal plus significatif.» Cela signifie donc que sur les quelque 450 employés, 105 peuvent travailler à l’intérieur de l’Institut. Parmi ceux-ci se trouvent des scientifiques et autres experts ainsi que le personnel d’entretien.

Cette phase de réintégration a requis plusieurs adaptations. Des laboratoires aux missions scientifiques en mer avec la Garde côtière, en passant par les aires communes comme la cafétéria, l’IML a dû mettre en place une panoplie de mesures spécifiques qui tiennent compte de la menace que représente la COVID-19. Les espaces très restreints des laboratoires, des navires et des avions représentaient un enjeu pour l’organisation. «On a dû mettre en place des protocoles et des mesures qui ont été révisés par les comités locaux de santé et de sécurité qui suivent les directives des   instances publiques de santé pour avoir des milieux de travail sécuritaires, souligne le directeur de l’IML. Ça a pris un certain temps. En juin, on avait aussi mis les mesures en place, en collaboration avec la Garde côtière, pour pouvoir aller de l’avant pour la quasi-majorité des missions.»

La création de la bulle atlantique a représenté un autre enjeu pour le centre de recherche, notamment à cause des missions réalisées sur des navires de la Garde côtière qui, comme le TELEOS, sont basés dans les provinces maritimes. La bulle atlantique posait problème pour accepter des scientifiques qui provenaient du Québec. «C’est le genre de défi avec lequel on a composé, indique M. Savaria. […] On s’est adaptés en respectant des quarantaines volontaires avant d’embarquer à bord et en prenant des mesures très précises. Sur un navire, on est très confiné. Ça a requis des adaptations. On a réussi à faire le travail avec une excellente collaboration de la Garde côtière.»

L’IML n’a pas été touché par le coronavirus dans ses installations. Cependant, un ou deux employés qui étaient en télétravail ont contracté le virus, mais ils n’avaient eu aucun contact avec des collègues. Pour la centaine d’employés qui ont réintégré leur espace de travail à l’IML, les mesures sont très sévères. «Si on a un cas de COVID, on ne veut pas être obligé d’arrêter le travail de tout le monde, explique M. Savaria. […] On aime mieux être un peu plus prudents pour la santé de nos employés et la continuité de nos opérations. Pour l’instant, ça va bien. On se croise les doigts!»

DÉFIS POUR 2021

Le principal défi pour la prochaine année sera d’instaurer la phase 2, ce qui entraînera la réintégration de 50 % des employés dans leur milieu de travail. La poursuite des embauches liées à la nouvelle loi sur les pêches figure parmi les principales priorités. «On a des équipes qui sont encore en train de mettre en place du personnel, spécifie M. Savaria. Il y a aussi la mise en œuvre des politiques et règlements qui découlent de cette loi-là, autant pour la protection de l’habitat du poisson que pour les dispositions en lien avec le rétablissement des stocks de poisson. Donc, ce sont des dossiers chauds pour l’IML et pour les scientifiques, en collaboration avec nos collègues de la gestion des pêches à Québec, qui ont le mandat de gérer des stocks.» L’établissement de partenariats avec le monde universitaire se poursuit au chapitre de la recherche et du développement. «C’est un enjeu, estime Jean-Yves Savaria. Nous, on peut opérer dans une certaine mesure, mais ça a été un défi pour les universités. Ce ne sont pas toutes les universités qui permettent l’accès des employés et des étudiants dans les  laboratoires.»

Bref, le plus gros défi sera, selon M. Savaria, «de gérer le retour à la normalité et de poursuivre le travail qui se fait déjà en fonction des priorités gouvernementales». Par ailleurs, aucun nouvel investissement majeur n’est prévu à court terme à l’IML.

Puisqu’il faut tirer des leçons ou des réflexions de toute situation de crise, Jean-Yves Savaria se fait un peu philosophe. «Je pense que le monde du travail est changé à tout jamais. Avec la technologie, les organisations ont dû s’adapter. Certains traînaient de la patte sur certains plans, mais on n’a plus le choix.»

RECHERCHE SCIENTIFIQUE – pages 20-21 – Volume 33,5 Décembre 2020-Janvier 2021

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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