La construction navale prospère à nouveau aux Îles-de-la-Madeleine

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Après avoir connu un ralentissement au début des années 2000, la construction de bateaux de pêche prospère aux Îles-de-la-Madeleine. Selon les entreprises Léo LeBlanc et fils et Goodwin Fibre de verre, la demande est directement liée à la croissance des prix et des débarquements de homard, ces dernières années.

Ainsi, bien qu’il ait vendu son chantier naval du port de Cap-aux-Meules en janvier 2015, Camil LeBlanc multiplie la fabrication de coques dans un atelier de location, tant pour la clientèle locale qu’extérieure. «Présentement, j’ai quatre coques à faire pour la péninsule acadienne, à Lamèque et l’île de Miscou; deux pour Chéticamp, et aussi de la demande pour les Îles-de-la-Madeleine, dit-il. Pour ici, j’ai une coque de vendue et il y a de la demande pour encore quatre ou cinq bateaux.»

DE PÈRE EN FILS

Pour sa part, Cody Goodwin de Grosse-Île compte au nombre d’une demi-douzaine d’entreprises actives dans la construction et la réparation de bateaux dans l’archipel. Lui-même pêcheur de homard de quatrième génération, il fabrique, chez Goodwin Fibre de verre, des embarcations de pêche tout comme son arrière-grand-père Arthur, son grand-père Kestall et son père Mark avant lui. «On a construit trois bateaux depuis le mois d’octobre l’année passée jusqu’à avril, précise le jeune homme. C’est une grosse année. C’est beaucoup d’ouvrage. On était rien que trois qui travaillaient, ça fait que c’est aussi dur de trouver des hommes à travailler.»

Quant au mécanicien Daniel Chiasson de Havre-Aubert, il a commencé à diversifier ses activités dans la réparation de bateaux en novembre dernier. Il se lancera aussi dans la construction navale d’ici l’automne. La demande est telle que son entreprise doublera son nombre d’employés de quatre à huit au cours de la prochaine année. «On n’a encore aucun contrat de signé, indique-t-il, mais on ne serait pas capable de tout faire ce qui nous est demandé.» M. Chiasson, dont le père a été pêcheur de homard, dit bien connaître le métier. Il prévoit faire une construction et trois réparations, dont une majeure, au cours de l’automne et de l’hiver prochains.

OSM ATLANTIQUE

Par ailleurs, dans le cadre de sa stratégie maritime, le gouvernement du Québec a annoncé un soutien de 300 000 $ pour le démarrage d’une nouvelle entreprise, OSM Atlantique. Cette dernière se spécialise dans la conception et l’exploitation de machines portables pour l’usinage de gros moteurs diésels, afin de réaligner leurs cylindres et réparer les portées de vilebrequins. OSM Atlantique, qui s’est installée dans une partie de l’atelier que Techn’Îles a acheté de Léo LeBlanc et Fils, dans le port de Cap-aux-Meules l’an dernier, fait aussi la réparation et l’entretien des pièces de moteurs diésels.

Cependant, avec un investissement de départ de près de 2,8 millions $, l’entreprise n’est encore qu’un petit joueur dans ce secteur d’activité, reconnaît son président et actionnaire principal, Jacques Aucoin. Il se déclare néanmoins très confiant en ses capacités à affronter la compétition. «On s’est aperçu que nos compétiteurs sont beaucoup moins performants que nous, dans ce métier-là, dit-il. Juste pour donner un exemple, quand on fait du machinage sur un moteur, sur un bateau de croisière de 16 cylindres, nous, on prend quatre jours. Nos compétiteurs en prennent 15 et plus. Et ça, ça nous donne un avantage. Et, déjà, on est connu pour notre rapidité et la précision.»

PROJET DE 4 MILLIONS $

L’aide du gouvernement du Québec est venue en deux phases, au début avril et à la fin mai, par le biais du FAIR, le Fonds d’aide aux initiatives régionales. Lors de son passage dans l’archipel pour la première occasion, le ministre responsable de la région de la Gaspésie et des Îles, Sébastien Proulx, n’a pas manqué de souligner le caractère innovateur d’OSM Atlantique, dont l’objectif est de desservir une clientèle disséminée aux quatre coins du monde. «Peu importe où on est sur le territoire, quand le génie est au rendez-vous, on est capables d’être en avant des autres. Ce que dit M. Aucoin n’est pas banal; je veux dire, on est capables d’enligner des cylindres plus rapidement qu’ailleurs et ce sera ça le succès d’une entreprise comme celle-là. Alors, c’est là toute la magie des entrepreneurs qui s’établissent dans leur milieu, affirme M. Proulx. Et moi, je salue les initiatives comme celle-là chaque fois que j’en rencontre une.»

La CTMA, qui est aussi actionnaire minoritaire dans l’entreprise, compte parmi les principaux clients d’OSM Atlantique aux Îles-de-la-Madeleine pour l’entretien de sa flotte. L’entreprise vise aussi le marché des paquebots, des navires de commerce et des centrales électriques. Lui-même retraité d’Hydro- Québec, Jacques Aucoin a été machiniste pendant 20 ans pour le compte de la Société d’État. Il précise qu’à terme, d’ici le début de l’année prochaine, son entreprise aura investi 4 millions $ dans le démarrage de ses activités. Elles créeront une douzaine d’emplois.

Réf.: NOS CHANTIERS – page 22 – Volume 29,4 – Aout – Septembre 2016

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300 X 250 Hydraunav
300 X 250 Marentrack
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300 X 250 Entreprises Léo Leblanc
300 X 250 Électro-Démarreur
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300 X 250 CNESST
300 X 250 Fonds régionaux de solidarité FTQ
300 X 250 Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan
300 X 250 Kohler Marine
300 X 250 Yanmar
300 x 250 Notus
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300 X 250 Polymos
300 x 250 Conception navale FMP

À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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