La saison des homardiers madelinots sauvée par le prix payé à quai

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Malgré la baisse moyenne de plus de 25% de leurs prises par rapport à celles de l’an dernier qu’ils qualifient d’exceptionnelles, les pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine ont, au terme de leur saison 2016, le sentiment d’avoir sauvé la mise. «C’est une année normale avec un très bon prix», résume Charles Poirier, capitaine du Bay Catcher de la Pointe-Basse.

Lui-même dit enregistrer une baisse de 4 000 livres cette saison. «Ça serait mieux dans mes poches, comme de raison; mais ce n’est pas alarmant», dit-il. «Je ne pense pas qu’on va attraper 30 000 à 35 000 livres à chaque année, renchérit William Burke de Grosse-Île. Je pense que 2014 et 2015 étaient juste une couple d’années chanceuses.» Ce capitaine du Julie-Ann William rapporte des débarquements de 11 000 livres inférieurs à ceux de l’an dernier.

PRÈS DE 8 $ LA LIVRE

Du côté de l’Île d’Entrée, cependant, la baisse moyenne des captures n’est que de 9% par rapport à la saison précédente. Le capitaine du Marlena Phil-Len, Larry McLain, estime que ses rendements 2016, tout comme ceux de 2015, sont supérieurs à la normale. «Je n’ai pas à me plaindre, dit-il. Surtout avec un prix au débarquement qui a frisé les 8 $ la livre au dernier tiers de la saison. Ah! Ah! Même moi j’en suis étonné. C’est ma meilleure saison à vie, du point de vue monétaire.»

«Une chance que le prix était bon, parce que ça aurait été une triste année», signale pour sa part Yves Bénard, capitaine du Pépé Flo de Pointe-aux-Loups. «Ça n’a pas été fort, fort du côté du Nord; on a eu une baisse de 30% certain. Le prix a compensé un peu.»

Du côté sud, son confrère Denis Cyr de Havre-Aubert conclut sa saison 2016 avec une diminution de 18% à 20% de ses captures. Il se déclare content de sa saison. «Le prix est très bon, dit-il; je n’ai jamais vu ça! Quand tu fais une bonne année à ce prix-là, c’est vraiment plaisant!», se réjouit le capitaine du Smoke’n Oakum.

BEAUCOUP DE VENT ET DE BOËTTE

Cela dit, les pêcheurs questionnés pensent tous que la baisse de leurs captures est en partie attribuable au début hâtif de la saison, à la fin avril. «Au début, le homard ne grouillait pas, commente Paul Chevarie, capitaine du Paul-Olivier de Cap-aux-Meules. La température n’a pas été idéale. Ç’a été mouvementé; j’ai perdu deux journées et demie à cause de la température. Mais je n’ai pas baissé énormément; grosso modo, avec environ 1 900 livres en moins, c’est quand même bien.»

Tout de même, M. Chevarie émet l’hypothèse que l’absence de couvert de glace, l’hiver dernier, a peut-être influencé le comportement du homard. «Il y a eu des tests qui ont démontré que le taux de protéines était quand même assez fort au début du printemps. Ça veut dire qu’il n’avait pas faim.»

«Normalement, pendant l’hiver, le homard est endormi et il ne mange pas, renchérit Adam Clark, qui pêche du côté de Grande-Entrée. Il y a eu beaucoup de glace en 2014 et 2015, alors que cette année les prises ont beaucoup baissé. Je ne sais pas si c’est à cause de ça. Le homard est difficile à comprendre.» Ce capitaine du Emma Joan enregistre une baisse de près de 30% de ses prises par rapport à l’année dernière. Bien qu’il n’ait pas manqué de journées de pêche, il admet être une fois rentré à quai sans avoir tout pêché. «Il y a eu beaucoup de vent d’est, dit-il. Et, à Grande-Entrée, le vent d’Est, ce n’est pas bon pour le homard.»

À l’autre bout de l’archipel, Hugo Bourgeois de Millerand a capturé 6 000 livres de moins que l’an dernier. Il note qu’il y avait non seulement beaucoup de vent, mais aussi beaucoup de caplans sur les fonds de pêche. «C’était une grosse année de boëtte, dit-il. Ça a plus nourri le homard. Ça paraissait, on voyait des gros spots sur la sondeuse, et puis les fous de Bassan plongeaient et plongeaient tous les matins», explique le capitaine du Marie-Hugo.

Daniel Miousse de l’Étang-du-Nord rapporte quant à lui une baisse de 10 000 livres sur son rendement de 27 000 livres de 2015. «C’est sûr que l’année passée était exceptionnelle», dit-il. À son avis, c’est une quantité inhabituelle de petites moules sur les fonds de pêche qui a détourné les homards de ses casiers. «Ça se collait sur les cages. Sur la fin de la saison, c’était mieux; nos captures ont augmenté. Les moules avaient grossi (et elles étaient donc trop difficiles à manger pour le homard). Il n’a pas fait beau non plus, conclut le capitaine du Frêrot. L’eau était froide… C’est un paquet de facteurs qui a dérangé. Mais le prix est raisonnable et je suis content de ma saison quand même!»

Réf.: LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE – page 19 – Volume 29,4 – Aout – Septembre 2016

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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