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L’AQIP fait pression pour un assouplissement des règles relatives à l’embauche des travailleurs étrangers temporaires

L’Association québécoise de l’industrie de la pêche du Québec (AQIP) presse le gouvernement fédéral d’assouplir ses règles relatives à l’embauche des travailleurs étrangers temporaires. Son directeur général, Jean-Paul Gagné, souligne que ça fait quatre ans que son organisation exerce des pressions en ce sens. Avec le vieillissement de la main-d’œuvre locale, les besoins en relève étrangère ne cessent de croître, à tel point que certaines entreprises, comme Pêcheries LéoMar de Havre-aux-Maisons, prévoient augmenter de 30 % à 55 % leur taux d’embauche de travailleurs d’origine mexicaine l’an prochain.

«On voudrait que ce soit amélioré dans les meilleurs délais parce que là, on n’invente pas des employés!», insiste M. Gagné.

Entre autres assouplissements, les industriels de la pêche veulent avoir l’autorisation de prêter leurs travailleurs étrangers temporaires à d’autres secteurs d’activité, en particulier ceux du tourisme et de l’agriculture, entre deux saisons de transformation en usine. Les besoins de main-d’œuvre sont si criants en été dans les restaurants, par exemple, que certains établissements de l’archipel étaient fermés le samedi, en plein cœur du mois d’août!

Or, un projet pilote pour remédier à cette situation est sur la table depuis 2020 et n’a toujours pas eu d’échos de la part d’Ottawa, se désole M. Gagné. «On revient à la charge», dit-il.

Quand ils viennent aux Îles au printemps, les travailleurs saisonniers mexicains ont en poche un contrat d’une durée de cinq à six mois, nous explique pour sa part James Derpak, directeur général de Fruits de Mer Madeleine (FMM). Mais comme ils sont dans l’impossibilité de se rendre utiles auprès d’autres entreprises dans le besoin en cours d’été, ils font le choix de retourner voir leur famille au Mexique en fin de production printanière à la mi-juillet, et de revenir pour les pêches dites d’automne qui débutent à la fin août.

Ces allers-retours aux frais de l’employeur sont très dispendieux, souligne M. Derpak. «C’est un poids financier additionnel pour l’entreprise, affirme-t-il. Le coût des vols entre les Îles et le Mexique a augmenté énormément dans les derniers 24 mois. Ç’a doublé. En 2021, on était capables d’avoir un aller-simple à 400 $, 500 $  et là, c’est en haut de 1 000 $. Et quand on sait qu’il y en a beaucoup qui aimeraient plutôt rester ici et travailler, c’est clair que l’intérêt des travailleurs étrangers est là.»

PAS SI SIMPLE

Questionnée à ce propos, la députée de la Gaspésie et des Îles et ministre des Pêches et des Océans, Diane Lebouthillier, assure que son gouvernement prend le dossier de la pénurie de main-d’oeuvre au sérieux et qu’il travaille à «améliorer et à faciliter la vie des employeurs». «Tout le monde au Canada voudrait avoir des projets pilotes, pour avoir visité des usines de transformation au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard, les transformateurs me le disent : s’il n’y avait pas l’immigration, le secteur des pêches serait fermé. Et ce dont je suis très contente – on en a entendu parler beaucoup cette année, autant de la Fédération des chambres de commerce et du Conseil du patronat – c’est qu’au moins, actuellement, tout le monde pousse dans le même sens.»

Cependant, Mme Lebouthillier prévient qu’il n’est pas aussi simple que l’on croit, de «passer un travailleur d’un secteur à un autre». «C’est facile à dire sur papier, fait-elle remarquer. Mais dans l’application des règles, c’est autre chose. Oui, ça coûte cher aux employeurs de faire venir des travailleurs étrangers de l’extérieur, mais ce que j’entends sur le terrain, c’est qu’un travailleur étranger pourrait aller dans un autre secteur et ne plus vouloir revenir au premier employeur. Ça fait qu’il n’y a rien de simple dans la situation actuelle.»

De son côté, le ministère de l’Emploi et Développement social du Canada nous indique que seul le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) permet aux employeurs de transférer un travailleur d’une exploitation agricole à une autre, «à condition qu’ils aient obtenu, au préalable : le consentement du travailleur; l’approbation écrite du représentant du gouvernement étranger au Canada; et l’approbation écrite de Service Canada». «Les secteurs de la pêche et du tourisme ne sont pas admissibles au Programme des travailleurs agricoles saisonniers», nous précise-t-on.

EMPLOYEURS RECONNUS

D’autre part, le 8 août dernier, Emploi et Développement social Canada a annoncé la mise en œuvre, dès 2024, d’un projet pilote pour les employeurs reconnus (PPER) qui «réduira le fardeau administratif et   simplifiera le processus d’embauche» du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), dont relèvent notamment les secteurs des pêche et du tourisme. Pour obtenir le statut d’employeur reconnu, un dirigeant d’entreprise doit avoir présenté à au moins trois reprises une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT) démontrant que l’embauche d’un travailleur étranger est nécessaire parce qu’aucun résident permanent n’est disponible pour occuper l’emploi.

En vertu de ce statut d’employeur reconnu, les employeurs n’auront plus à produire d’étude d’impact sur le marché du travail à chaque saison d’embauche, et ce, pour une période de trois ans, soit la durée du projet pilote. «La bureaucratie pour faire venir les travailleurs étrangers est très lourde, commente à ce propos Christian  Vigneau, président-directeur général des Pêcheries LéoMar. Donc, c’est certain que s’ils peuvent nous alléger ça un peu, ce sera très apprécié.»

Quant à James Derpak, il dit souhaiter que cet assouplissement bureaucratique pave la voie aux échanges de travailleurs entre différents secteurs d’activité. «J’espère que ce soit une première étape pour être capable de partager, de faire travailler les employés, nous confie-t-il. Je n’ai aucune idée de ce que sont les plans du fédéral, mais j’espère que c’est un début de plus de flexibilité. Il faut trouver un bon équilibre entre ce qui est juste pour les  employés et ce qui est juste pour les employeurs.»

En cette saison 2023 de pêche dite automnale, seulement 25 des 56 travailleurs étrangers temporaires dont disposait Fruits de Mer Madeleine ce printemps, sont de retour du Mexique pour prêter main forte aux opérations à quai et en usine. Chez Pêcheries LéoMar, où travaillaient 96 Mexicains pendant les saisons de pêche au crabe des neiges et au homard, seulement le tiers d’entre eux sont toujours présents dans l’archipel. Et tandis que tout ce beau monde quittera l’archipel à la fin septembre, le dg de FMM se félicite de ce que 80 % de sa main-d’œuvre étrangère ait déjà annoncé son retour l’an prochain.

MAIN-D’OEUVRE – page 26 – Volume 36,4 Septembre – Octobre – Novembre 2023

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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