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Le Bloc Québécois a discuté des enjeux de l’heure dans l’industrie de la pêche aux Îles-de-la-Madeleine

Les obstacles à l’application de la Loi sur les pêches par les agents de Pêches et Océans Canada ont marqué la tenue d’un colloque organisé aux Îles-de-la-Madeleine par le Bloc Québécois, les 2 et 3 mars derniers. La rencontre, devenue une tradition pour discuter des enjeux de l’heure dans l’industrie de la pêche, en était à sa 5e édition. Elle a donné lieu à de vifs échanges sur les pressions politiques exercées sur les agents de conservation et de protection de la ressource pour qu’ils ferment les yeux sur les activités de braconniers autochtones.

Le sujet est largement documenté par Véronique Chadillon-Farinacci, professeure agrégée en criminologie à l’Université de Moncton, qui a notamment comparu devant le Comité permanent des pêches et des océans de la Chambre des communes (FOPO) l’automne dernier pour partager ses connaissances, et ce, à l’initiative du député de Gaspésie-Les Îles-Listuguj, Alexis Deschênes. Pour le bénéfice de la soixantaine de participants au colloque du Bloc Québécois, la chercheure a aussi accepté de participer à un panel de discussion sur la question, aux côtés de l’élu bloquiste et du Madelinot Pascal Harvie, un ex-agent des pêches affecté au secteur de la Côte-Nord. Ce dernier a raconté avoir démissionné de ses fonctions parce que ses patrons lui dictaient les dossiers sur lesquels travailler ou pas, dans le but d’exonérer les contrevenants autochtones de toute accusation. «Que t’arrêtes un Blanc et que tu laisses aller l’Autochtone, pour moi, ça n’a pas de sens, s’indigne M. Harvie. Ça va à l’encontre de mes valeurs. […] Normalement, on doit appliquer la loi telle quelle pour tout le monde!»

M. Deschênes déplore quant à lui qu’un des agents cité à comparaître devant le comité permanent, en décembre, ait été menacé de représailles par un représentant ministériel s’il ne faisait pas preuve de loyauté envers son employeur. «Il s’est fait dire : ‘Sache que sans travail, c’est difficile de payer ses factures’, relate le député. […] Alors ce que j’en retiens c’est qu’il a été influencé et oui, intimidé. C’est troublant.» Le FOPO a d’ailleurs dénoncé cette situation dans une lettre adressée à Kaili Levesque, sous-ministre intérimaire du MPO, en date du 20 février. Il lui rappelle que «le fait de soudoyer un témoin ou de chercher de quelque manière que ce soit à le décourager de témoigner [devant le Comité permanent des pêches et des océans de la Chambre des communes] peut constituer une atteinte au privilège parlementaire».

Comme solution, pour garantir que tous les contrevenants à La loi canadienne sur les pêches soient traités sur un pied  d’égalité, peu importe leur race, Mme Chadillon-Farinacci propose d’encadrer le travail des agents fédéraux des pêches par un code de déontologie semblable à celui des policiers de la GRC. «C’est un guide du comportement pour protéger le public, maintenir la confiance du public et faire en sorte que les rôles et responsabilités soient clairs, fait-elle valoir. […] Il faut que ce soit contraignant et enforceable par une entité extérieure [c’est-à-dire exécutoire, dont la violation entraîne des sanctions disciplinaires, civiles ou pénales].» Cette recommandation pourrait d’ailleurs figurer au rapport du FOPO qui sera rendu public d’ici juin, selon Alexis Deschênes.

Phoques et permis exploratoires

De plus, le Colloque sur les pêches du Bloc Québécois a permis de faire le point sur les principaux freins réglementaires qui nuisent à l’essor de l’industrie de la chasse aux phoques, et ce, en dépit de toutes les belles résolutions issues des États généraux tenus à Matane, en novembre dernier. On parle plus précisément du besoin de moderniser les règlements du MPO pour faciliter l’accès à la ressource et encourager la relève chez les chasseurs. À cet effet, le député Deschênes s’est engagé, en tant que second vice-président du FOPO, à présenter à ses membres une motion d’étude pour accélérer cette réforme. «Parce que les cas où on voit que la réglementation est totalement déphasée, voire inutile et surtout contreproductive semblent nombreux», relève-t-il.

Du reste, le porte-parole du Bloc Québécois en matière de pêcheries n’y verrait pas de dédoublement avec un processus ministériel déjà en cours visant à réviser en profondeur la Loi sur les pêches. «En droit, on disait souvent ‘Trop fort, ne casse pas’, explique celui qui est  avocat de profession. Donc, je pense qu’une étude au Comité des pêches en même temps qu’un processus de révision interne de la réglementation ne peut en effet qu’apporter de l’eau au moulin. […] Et un règlement, ça se change beaucoup plus facilement qu’une loi.»

Notons qu’Alexis Deschênes a aussi profité du colloque pour exposer ses idées sur le processus d’émission des permis de pêche exploratoires et d’ouverture de nouvelles pêcheries – également évoquées dans le cadre d’une étude du Comité permanent des pêches et des océans (Pêche Impact, octobre 2025) -, afin d’ouvrir la discussion avec les pêcheurs, industriels et élus présents. Il en ressort que le sujet suscite des divisions, les uns applaudissant par exemple à l’accès des flottilles en difficulté à la ressource homard des secteurs d’Anticosti et du nord de la Gaspésie, tandis que les autres en craignent l’impact sur la pérennité de leur propre pêche commerciale.

Cela dit, tous s’entendent pour qu’à tout le moins les nouvelles attributions de droits de pêche soient appuyées d’études d’impacts socio-économiques ainsi que d’avis scientifiques, et respectent la Politique du pêcheur propriétaire-exploitant. M. Deschênes affirme quant à lui que ces principes généraux seront intégrés au rapport du FOPO qui sera soumis à la ministre Joanne Thompson prochainement. «C’est assurément impossible de rendre à    100 % les gens heureux quand on ouvre de nouvelles pêches, convient le député. Mais comment peut-on faire pour que ça se fasse le mieux possible? C’est ce que notre rapport proposera.»

Fonds des pêches

D’autre part, c’est sans surprise que la pertinence du renouvellement du Fonds des pêches du Québec ait fait l’unanimité chez les participants au colloque du Bloc Québécois, tant sont nombreux les exemples de projets innovants et porteurs d’avenir financés par ce programme fédéral-provincial dont l’échéance, le 31 mars, arrive à grand pas. «Il faut que notre secteur soit soutenu pour être structuré par tous nos projets et pour qu’il poursuive son élan», a résumé Claire Canet, chargée de projet au Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie. «On ne part pas d’ici les mains vides, a ajouté le chef de la formation politique indépendantiste, Yves-François Blanchet, dans son mot de la fin. Il n’y a aucun des sujets abordés qui ne mèneront pas à quelque chose, à des gestes concrets. […] Et le Fonds des pêches, on va mordre le mollet et on ne le lâchera pas tant qu’on n’aura pas confirmation de son renouvellement.»

M. Blanchet et Deschênes étaient accompagnés de quatre autres députés bloquistes, afin de favoriser une vision transversale du secteur des pêches au sein de leur caucus. Du nombre, figuraient Andréanne Larouche, députée de Shefford qui est notamment porte-parole en matière de travail, ressources humaines et développement des compétences, de même que Sébastien Lemire, député d’Abitibi-Témiscamingue, responsable des dossiers de nature agroalimentaire et de développement économique régional.

Le directeur associé du Centre de recherche sur les milieux insulaires (CERMIM), Marc-Olivier Massé, et la directrice générale d’Exploramer, Sandra Gauthier, étaient également invités à l’événement, afin d’y présenter leurs missions et projets de développement respectifs.

COLLOQUE – pages 26-27 – Volume 39,1 Février – Mars – Avril 2026

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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