mardi, mai 24, 2022
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Le réchauffement des eaux du golfe du Saint-Laurent directement lié à l’effet des changements climatiques

Une tendance lourde au réchauffement des eaux du golfe du Saint-Laurent se dessine sous l’effet des changements climatiques. Dans son rapport annuel 2022 des conditions d’océanographie physique du Golfe, l’Institut Maurice-Lamontagne (IML) fait globalement état de températures record variant entre 0,9 ˚C et 1,2 ˚C de plus que la normale climatologique des 30 dernières années, pour toutes les strates d’eau monitorées l’an dernier, de la surface au fond, en passant par la couche mélangée et les grandes profondeurs.

L’océanographe physicien Peter Galbraith explique que la température de surface, qui se propage dans la colonne d’eau, est directement influencée par l’air ambiant. «La température de l’air, pour avril à novembre 2021, a été la plus chaude enregistrée depuis 1872, incluant le mois de juillet qui a été le seul sous la normale, dit-il. Et la corrélation est fiable à 76 % entre les deux séries air-eau, ce qui fait qu’on peut se servir des températures de l’air pour reculer dans le temps et obtenir le réchauffement exercé sur le Golfe depuis 150 ans. De plus, sur l’ensemble du Golfe, à 150 mètres en descendant dans la colonne d’eau jusqu’à 300 mètres, sur toutes ces profondeurs-là, on a enregistré des records plus que centenaires», souligne le scientifique.

AUTOMNE CHAUD

Peter Galbraith note, entre autres, que la couche des eaux de surface de l’Estuaire s’est exceptionnellement étendue jusqu’à 100 mètres de profondeur, l’été dernier, alors qu’elle ne fait généralement que 10 mètres. De plus, l’eau y était plus chaude à l’automne qu’au mois d’août. «Alors que le mois d’août a lui-même été supérieur à la normale, les températures ont continué de se réchauffer en septembre et ont même explosé en octobre et novembre. C’est complètement flyé!, s’exclame le chercheur de l’IML. On a eu des anomalies de plus de 4 ˚C.»

Sur l’ensemble du Golfe, les températures de surface d’octobre et de novembre ont été les plus chaudes depuis le début des prises de données de télédétection en 1981. Et pour la moyenne de saison, de mai à novembre 2021, on parle de la 3e plus chaude série temporelle des 40 dernières années, indique Peter Galbraith.

Quant à la couche intermédiaire froide mesurée en été, elle est le reflet de l’hiver précédent. Et, comme l’hiver 2021 a été très doux, elle a été la plus chaude de l’ère des données océanographiques modernes, débutée en 1981. «Sur le plateau madelinien, la couche intermédiaire froide touche le fond, fait remarquer l’océanographe physicien. Et en juin, par exemple, la température minimale devrait être plus froide que zéro; mais en 2021, on n’a enregistré aucune valeur sous zéro. C’est la première fois qu’on voit ça. C’est exceptionnel!»

TENDANCE LOURDE

En ce qui concerne les eaux de profondeur qui nous viennent de l’océan, le long du chenal laurentien et jusque dans l’Estuaire, c’est en 2010 que l’IML a remarqué leur première anomalie chaude. M. Galbraith précise que le mélange des eaux froides du Labrador et chaudes du Gulf Stream prend trois ans pour rejoindre l’Estuaire, une fois qu’il est siphonné dans le détroit de Cabot. «En 2009, on avait des températures moyennes de 5,3˚C à 300 mètres de profondeur dans le Golfe, et là, on a vu du 6,9˚C en 2021. En moyenne, ça nous donne une progression de 1,6 ˚C en 12 ans.»

Peter Galbraith rapporte également que la superficie du fond marin recouverte par des températures plus grandes que 6 °C est à un niveau record dans les chenaux profonds du Golfe. En juin, sur le plateau madelinien autour de l’archipel madelinot, on n’avait que 59 % de la superficie habituelle du fond marin dont la température était inférieure à 1 ˚C, et cette proportion a fondu de moitié en septembre, à seulement 31 %.

Pour Peter Galbraith, il ne fait aucun doute que ce réchauffement des eaux du Golfe qui se fait plus tôt en saison, et dont le refroidissement arrive de plus en plus tard à l’automne, soit lié aux changements climatiques. «La couche intermédiaire froide va devenir de plus en plus restreinte en termes d’épaisseur dans la colonne d’eau, affirme-t-il. Et on peut s’imaginer que l’année 2021 sera considérée comme une référence d’année normale dans une cinquantaine d’années.»

IMPACT SUR LES ESPÈCES

À ce propos, le chercheur scientifique admet que l’avenir s’annonce inquiétant pour certaines espèces, telles que la crevette et le crabe des neiges, qui ont besoin d’un habitat d’eau froide pour leur cycle de vie. «On a de la misère à mettre un indicateur de couleur sur nos graphiques de température d’eau pour en exprimer l’impact sur les espèces, parce que ce qui est bon pour une espèce n’est pas bon pour une autre, indique Peter Galbraith. Par exemple, les températures profondes chaudes, sont super bonnes pour le sébaste et moins bonnes pour la crevette nordique.»

Cela dit, l’océanographe physicien ne prévoit qu’un léger réchauffement du Golfe en 2022, parce que l’eau du détroit de Cabot est la seule qui n’ait pas atteint un seuil record, l’an dernier. «C’est peut-être une bonne nouvelle dans le sens qu’elle est moins chaude que l’an passé; elle est peut-être comme il y a deux ans. Mais ce n’est pas une case bleue inférieure à 6 ˚C; c’est encore une case très rouge de plus de 7 ˚C», nuance-t-il.

Pour ce qui est du crabe des neiges, M. Galbraith note qu’il peut tolérer un habitat de 3 ˚C.

«Et, même pour une année record comme 2021, où les eaux sont vraiment chaudes, nos données montrent que dans le sud du Golfe, la superficie recouverte par des eaux plus froides que 3 ˚C ne varie pas beaucoup de manière interannuelle. Donc, même quand on a une année catastrophique, comme en 2021, le 3 ˚C n’en souffre pas trop. La température moyenne de l’habitat du crabe des neiges reste super chaude – de 1 à 1,5 ˚C de plus que la normale – mais c’est comme une bonne nouvelle malgré tout qu’il n’y ait pas trop de variabilité dans la superficie de son habitat idéal.»

CHANGEMENTS CLIMATIQUES – page 26 – Volume 35,1 Février-Mars 2022

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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