Le recrutement benthique du stock de homard des Îles-de-la-Madeleine s’annonce supérieur à la moyenne

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Pour la deuxième année consécutive, le recrutement benthique du stock de homard des Îles-de-la-Madeleine s’annonce supérieur à la moyenne. C’est, du moins, ce qui ressort des observations préliminaires du biologiste Benoît Bruneau de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML), qui en fait le suivi annuel en plongée, en septembre, dans la pouponnière des Demoiselles, située dans la baie de Plaisance. «Nous avons une très forte abondance de la déposition larvaire», souligne-t-il.

Selon M. Bruneau, ce sont des facteurs environnementaux, comme le réchauffement de l’eau, qui sont favorables à la ressource. «Cependant, nos travaux ne visent pas à corroborer, à étudier les changements climatiques, prévient-il. On sait, par contre, que la température plus chaude va être favorable à la production et à la survie des populations de homard. Donc, c’est des conditions qui sont favorables en ce moment-ci. Après ça, où est-ce que ça va aller? Je ne le sais pas pour l’instant.»

RIEN D’EXCEPTIONNEL

D’ailleurs, le biologiste note que les changements climatiques pourraient aussi avoir des effets néfastes sur le homard. «Les changements climatiques, ça veut bien dire, c’est un climat qui change. Et puis, quelque chose qui est quand même très caractéristique des changements climatiques, c’est des événements exceptionnels. Donc, si pour X raisons les vents sont plus forts à une certaine période, ça pourrait amener à avoir de la dérive larvaire et peut-être changer un peu le dynamisme de déposition qu’il y a autour des Îles-de-la-Madeleine, dit-il. Ce n’est pas quelque chose qu’on voit à ce moment-ci, mais c’est quelque chose qu’on garde toujours en tête lorsqu’on regarde les résultats, parce qu’on est dans un environnement qui est hautement changeant. Donc, on reste alerte pour pouvoir informer les gens de la Gestion de la ressource et les pêcheurs, au besoin.»

De plus, dans le cadre de sa mission scientifique de suivi du stock de homard des Îles-de-la-Madeleine, l’IML procède à des relevés au chalut, à bord du LEIM. Il est permis d’anticiper une stabilité à ce chapitre, indique Benoît Bruneau. «C’est sûr que dans un trait de chalut, on va avoir des gros homards et des petits; on voit   encore des choses qu’on devrait voir, dit-il. Donc, il n’y a vraiment rien d’exceptionnel. On voit des femelles qui portent des œufs, on voit des petits, on voit des plus gros. Il y a des homards qui ont la carapace dure – plus on se rapproche des côtes, plus les homards sont craquants ou mous – donc craquants ou souples, c’est juste après la mue. Ce n’est rien d’exceptionnel. Et c’est bon signe en soi que ce ne soit pas exceptionnel, souligne-t-il. Parce qu’exceptionnel ça pourrait aussi aller dans un autre sens.»

AVIS SCIENTIFIQUE

À ce propos, M. Bruneau produira un   nouvel avis scientifique sur l’état de la ressource en cours d’hiver. Ainsi, ce n’est qu’une fois ses analyses d’échantillonnage complétées qu’il pourra se prononcer sur son abondance. «Le recrutement benthique – les petits homards qui seront disponibles à la pêche dans sept ans – on ne peut pas se prononcer à ce moment-ci. Il va falloir voir plus tard si ça se révèle, dit-il. Par contre, c’est très bon signe. Et, en ce qui concerne l’année 2019, les données qu’on ramasse au chalut cette année pourront nous donner des indications de la saison prochaine».

M. Bruneau soumettra son rapport d’évaluation à la révision par les pairs en février. Elle sera ensuite présentée aux pêcheurs, dans le cadre de la réunion annuelle du comité consultatif de gestion du ministère des Pêches et des Océans, en mars. «On sait que, pour qu’une population soit saine, il faut avoir assez de mâles pour accoupler les femelles, explique le   biologiste. Ça, c’est le sexe ratio. Donc, à chaque année c’est quelque chose qu’on regarde. Ensuite, on regarde aussi la production d’œufs; quelle a été la production d’œufs des primipares et multipares. Les multipares sont les femelles qui se sont accouplées plus d’une fois et les primipares sont celles qui se sont accouplées seulement une fois.

Alors, ce sont là différents indicateurs qui, avec notre modèle d’analyse, nous donnent un portrait de la santé de la population, et puis nous permettent de faire des prédictions, de savoir si la pêche dans les années proches, les années futures, va être bonne.»

Fait à noter, ce sera la première fois que, dans son avis scientifique 2019, l’IML combinera ses propres relevés d’échantillonnage en mer aux données colligées par les pêcheurs dans leur livre de bord.

BIOLOGIE – page 33 – Volume 31,5 – Décembre 2018 – Janvier 2019

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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