lundi, mars 4, 2024
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Les casiers sans cordage entraîneraient des pertes importantes de productivité et de revenus chez les homardiers

Les nouveaux engins de pêche sur demande communément appelés casiers sans cordage, pour éviter les empêtrements des baleines noires menacées d’extinction, entraînent d’importantes pertes de productivité et de revenus chez les pêcheurs de homard.

Une étude produite par la firme américaine Homarus Strategies LLC, sur la base des rendements 2015-2019 des 3 280 pêcheurs de homard du Massachusetts, fait état d’une baisse moyenne de revenus à quai de 40,8 millions $ par année si la totalité de la flottille avait remplacé 100% de ses casiers traditionnels par des casiers sur demande. Le manque à gagner est dû au fait qu’il faut en moyenne 1,82 minute de plus pour sortir un casier sur demande de l’eau, faire le tri des captures et le redéployer en mer, qu’il n’en faut pour les casiers traditionnels. Autrement dit, cette perte de temps se serait traduite par une diminution de 3,74 millions de livres en volumes débarqués.

Homarus Strategies LLC, en collaboration avec la Darmouth’s School of Marine Science & Technology de l’Université du Massachusetts, a notamment fait un calcul de temps de production comparatif entre deux lignées de 40 cages chacune, l’une traditionnelle et l’autre de technologie Edge Tech, déjà bien connue des crabiers acadiens qui en font l’expérimentation dans les zones du sud du Golfe fermées à la pêche en raison de la présence des baleines. Il faut savoir que la bouée et le cordage de cette approche technologique novatrice sont posés sur le fond avec les casiers et remontent à la surface grâce à un système de senseur électronique qui doit être actionné manuellement à bord des bateaux. Or, comme ils ne sont pas visibles sur l’eau, c’est le temps de localisation qui fait la différence. S’ajoute aussi le temps nécessaire pour tout rembobiner, remballer et reconfigurer le système.

MODÈLE ÉVOLUTIF

L’étude intitulée Estimating the Costs of Using On-Demand Gear in Massachusetts Lobster Fisheries a été produite pour le compte de la Massachusetts Division of Marine Fisheries responsable de la gestion des pêcheries de cet état de la Nouvelle-Angleterre. Elle propose un modèle d’évaluation des coûts moyens d’opération des engins sans cordage en intégrant plusieurs variables, telles que la longueur des bateaux, leur vitesse et le nombre de cages pêchées par voyage.

Ses auteurs soulignent également qu’il s’agit d’un modèle économique évolutif. Ils conviennent que plusieurs autres facteurs peuvent influencer les coûts d’opération des pêcheurs, dont leur efficacité à apprendre à les utiliser et les conditions de mer selon les saisons. Pour l’avenir, d’autres données socioéconomiques seront aussi à y intégrer tels que l’impact des changements climatiques sur l’abondance de la ressource et peut-être bien l’ajout d’une prime au prix du marché considérant les bienfaits de cette innovation pour protéger les baleines noires.

RENDEMENTS PAR CASIER?

De plus, Marcel Hébert, directeur général de l’Association des crabiers acadiens (ACA), note que le taux de rendement des casiers sur demande manque à l’équation d’Homarus Strategies LLC. «Il aurait fallu analyser le taux de capture entre le casier sans cordage et le casier normal, pour avoir un indicateur direct de la différence de performance d’un casier par rapport à l’autre, commente-t-il. Parce qu’au crabe des neiges, bien qu’il n’y ait pas eu de comparaison officielle de faite, on voit   que ce ne sont vraiment pas les mêmes rendements. Les taux de capture des casiers sur demande sont beaucoup plus bas que ceux des casiers traditionnels».

Le biologiste de profession explique ce plus faible rendement des engins de pêche sans cordage par le fait qu’ils sont déployés sur le fond marin par lignée d’une quinzaine de cages, alors que traditionnellement les crabiers ne jettent à l’eau qu’une seule cage à la fois. «Pour un casier avec un cordage, l’attraction est beaucoup plus grande parce que le nombre de crabes commerciaux par kilomètre carré est limité, indique Marcel Hébert. Et si tes casiers sont très proches l’un de l’autre, comme c’est le cas avec les casiers sur demande, tu vas attraper beaucoup moins de crabes par casier.»

Cela dit, le dg de l’ACA doute qu’on en arrive un jour à remplacer à 100% les casiers de pêche au crabe ou au homard par ces engins sur demande. C’est que la technologie n’est pas assez précise, à son avis, pour composer avec la très forte de densité de casiers qui se trouvent à l’eau en même temps. «Même avec les casiers avec cordage, ça arrive que certains pêcheurs se mêlent avec les casiers d’un autre pêcheur, expose M. Hébert. Ça fait qu’imaginez avec les casiers sans cordages, sans repères, le problème que ça pourrait engendrer!»

82 M$ US INVESTIS

Depuis 2017, les empêtrements dans les cordages de pêche sont responsables de 23% des cas de mortalités recensés chez les baleines noires et la cause de plus de 76% de leurs maladies et blessures graves. Cet automne, le gouvernement américain a annoncé des investissements de 82 millions $ sur trois ans dans différentes mesures visant à réduire les risques d’interaction avec ces mammifères dont la population est inférieure à 350 individus. De ce montant, une somme de 17,9 millions $ est justement allouée aux engins de pêche sur demande afin, entre autres, de développer des «normes d’interopérabilité» et d’entrainer les pêcheurs à leur utilisation.

Pour sa part, le ministère des Pêches et des Océans (MPO) salue cette annonce qui concorde, nous dit-on, avec les investissements de près de 152 millions $ sur trois ans annoncés dans le budget 2023 «pour protéger les baleines en voie de disparition et leurs habitats». Le MPO nous apprend aussi qu’il est présentement à élaborer une stratégie quinquennale sur les engins de pêche sécuritaires pour les baleines. Il planifie «une mobilisation externe» sur sa proposition, au cours des prochains mois, après quoi la version définitive de la stratégie sera publiée en cours d’année 2024. Elle inclura tant les engins sur demande que les engins à faible résistance à la rupture.

EXPÉRIMENTATION – page 38 – Volume 36,5 Décembre 2023-Janvier 2024

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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