Les homardiers gaspésiens ont vécu une saison phénoménale en 2021 grâce à des captures élevées et des prix records au débarquement

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Les 150 homardiers évoluant en Gaspésie ont connu une saison phénoménale en 2021, tant en ce qui a trait aux prises qu’aux prix. Dans ces deux catégories, le volume capturé et le prix moyen obtenu ont fracassé les marques records enregistrées depuis que le ministère des Pêches et des Océans tient des statistiques, en 1984.

Les nouveaux records s’appliquent aux revenus et aux quantités enregistrés dans les quatre zones de la péninsule, à savoir la zone 19 couvrant le côté nord, de même que les zones 20A, 20B et 21, s’étendant le long du littoral sud.

Globalement, les données gaspésiennes de 2021, encore préliminaires, sont impressionnantes à tous points de vue. Le volume des débarquements s’est établi à 3 798 tonnes métriques, comparativement à 2 927 tonnes métriques en 2020, et 3 011 tonnes métriques en 2019, le précédent record. C’est une hausse de 26,2 % entre 2019 et 2021.

C’est toutefois au chapitre des revenus globaux que le nouveau record est le plus saisissant. En 2021, les homardiers gaspésiens ont touché 69 883 192 $, comparativement à 33,2 millions $ en 2020 et 44,8 millions $ en 2019, encore là l’année de référence en matière de record. Les revenus de 2021 constituent une augmentation de 56 % comparativement à 2019.

Alors que l’année 2020 avait été marquée par les effets de la pandémie sur les prix payés aux pêcheurs, 2021 aura été une année sans précédent, le prix moyen s’établissant à 8,35 $ la livre. C’est une hausse de 62 % par rapport aux 5,15 $ la livre de 2020, et aussi une augmentation de 19,2 % comparativement aux 6,75 $ de 2019, qui n’était pas une année record quant au prix, mais tout proche.

Le directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O’Neil Cloutier, exprime une vive satisfaction devant ces statistiques.

«En Gaspésie, on s’approche des Îles-de-la-Madeleine en matière d’impact économique du homard! Je blague un peu, mais nos données sont en croissance. Avant, nos prises représentaient 25 % du volume pêché aux Îles, puis ça a augmenté à 35 %. C’est plus que ça maintenant. Ce sont des années folles. Nous venons de vivre une année très emballante pour les captures et pour le prix. Jamais, on ne se serait douté que les prix et les quantités   allaient atteindre des seuils pareils», aborde-t-il.

«On avait eu des indices qu’il n’y avait pas beaucoup de homard en inventaire sur les marchés. On a fini la saison à 10,75 $ la livre comme prix. Du côté nord de la péninsule, où les pêcheurs peuvent commencer plus tard, ils ont reçu plus de 11 $ en juillet. La moyenne de prix (de 8,35 $ selon Pêches et Océans Canada) devrait probablement monter un peu, quand la compilation finale sera faite. Ce sera peut-être une moyenne de 8,75 $ à ce moment», note M. Cloutier.

«Il y a eu une modification dans la vente sur le marché. On nous a dit qu’avant, le homard vendu aux États-Unis sur le marché de gros n’était pas distribué dans les chaînes d’alimentation, comme le crabe. Ils (les grossistes) ont changé cette pratique. Une livre de chair de homard valait 45 $ cette année. Si on vend une portion de 150 grammes, le consommateur verra un produit abordable. Il peut se faire un sandwich avec une petite portion», analyse M. Cloutier.

Cette particularité pour la vente de homard au détail dans d’autres endroits que les poissonneries, ou des restaurants fermés pendant de longues périodes, a incité bien des gens, aux prises avec de nombreuses restrictions de déplacement, à en acheter davantage pour l’apporter à la maison, souligne-t-il aussi.

«Une autre raison favorisant des prix avantageux, ce sont les programmes d’aide de COVID, qui ont tellement été généreux. Il y a beaucoup d’argent en circulation. Est-ce que ça va se répéter en 2022? Il pourrait y avoir encore un fort prix en début de saison», dit O’Neil Cloutier.

Les bons prix de 2021 peuvent-ils avoir été influencés par le début de saison hâtif, les casiers ayant été mis à l’eau le 24 avril pour des premières prises le lendemain?

«C’est certain que pour plusieurs sous-secteurs, commencer tôt, c’est avantageux, en termes de prix et de captures. Dans mon secteur, l’Anse-à-Beaufils, si on ne commence pas tôt, on manque des prises. Dans d’autres, c’est le contraire. On essaie donc d’avoir une date d’ouverture mitoyenne», explique M. Cloutier.

«Avec les changements qu’on observe, on va devoir commencer plus tôt. Les baleines noires arrivent de plus en plus tôt. À deux reprises, des quadrilatères ont été fermés proches de la côte, pour les protéger. C’était au large de Newport. Toutes les espèces marines vont s’ajuster aux changements climatiques et leur comportement se modifie», souligne-t-il.

Les prix de 2021 ont contrasté de façon majeure avec ceux de 2020, alors que la moyenne s’était établie à 5,15 $ la livre en Gaspésie. La capture avait commencé le 9 mai, deux semaines plus tard que prévu, en raison de l’incertitude provoqué par la pandémie.

«Ça a été une situation où une partie de l’industrie en a profité. Laquelle? Le secteur de la distribution? Les grandes surfaces? Je ne sais pas. La différence de prix payé aux pêcheurs (62 %) entre 2020 et 2021 n’est pas visible dans la différence de prix affiché dans les supermarchés, de 6,99 $ à 7,99 $», dit O’Neil Cloutier.

Son attention se porte notamment sur les évaluations post-saison réalisées et défrayées uniquement par le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, sans appui du ministère des Pêches et des Océans (MPO).

«Le MPO n’a jamais participé financièrement à nos évaluations post-saison, même si on les fait depuis 2012 ou 2013. Le Ministère participe pourtant ailleurs. Cette année, elles ont lieu dans la zone 20, la grande zone allant de Gaspé à Bonaventure. Elles sont réalisées par cinq pêcheurs. Notre évaluation est basée sur l’utilisation des casiers, alors que d’autres utilisent des chaluts», précise M. Cloutier.

«Nous avons recueilli de très bonnes observations depuis 9 ou 10 ans. En 2021, on voit une augmentation des captures en post-saison. On voit la courbe s’accentuer, à partir de 2015-2016. C’est aussi valable pour nous qu’un autre type d’évaluation», ajoute-t-il, en soulignant le travail du biologiste Jean Côté, au Regroupement.

O’Neil Cloutier exprime une grande confiance en l’avenir de la ressource homard en Gaspésie.

«Je suis très confiant. Je n’ai pas de raison de croire que ce peut être différent dans la pêche en 2022, excepté si les conditions de la mer deviennent horribles. Il y a beaucoup de juvéniles, des petits homards de catégorie 2 qui entrent dans la pêche à l’âge de six ou sept ans. On en a vu énormément, pêle-mêle, des petits, qui passent entre les mailles des casiers. La cohorte des femelles «œuvées» est très, très forte. C’est le changement le plus méritant en termes de modifications vues depuis les dernières années. La ponte est bien meilleure qu’elle l’était avant 2010. L’eau s’est réchauffée, ce qui est favorable à la ponte, et il y a moins de prédation, puisque les espèces pélagiques (hareng, maquereau) sont dans un état pitoyable», explique M. Cloutier.

Le Regroupement réalise une nouvelle fois des ensemencements de petits homards dans deux secteurs en 2021, dans les sous-zones 20A-5, à l’Anse-à-Beaufils,   et 20B-5, à Shigawake. Ce sont entre 225 000 et 230 000 spécimens qui sont immergés en mer cette année.

O’Neil Cloutier spécifie qu’un nouveau projet est développé cette année et il concerne les baleines noires. «Il porte sur les gaines de casiers, avec une résistance de 1 700 livres de tension, comme si une baleine s’accrochait dans le cordage. On devrait avoir les résultats bientôt».

LA GASPÉSIE – pages 6-7 – Volume 34,4 Septembre-Octobre-Novembre 2021

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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