Pêche au flétan du Groenland : des captures abondantes et une baisse du TAC qui passe de travers

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Les activités de capture et de transformation du flétan du Groenland vont bon train, mais les membres de l’industrie s’expliquent toujours mal la baisse du total autorisé des captures (TAC) en 2021.

Les turbotiers ont pris la mer au début du mois de juin après l’annonce d’une baisse de 10 % du TAC par l’ex-ministre des Pêches et des Océans Bernadette Jordan. Deux mille vingt-cinq (2 025) tonnes peuvent être prélevées cette année, et ce, jusqu’au 31 octobre. À la mi-septembre, selon les secteurs de capture fréquentés au large de la Gaspésie et de la Côte-Nord, les débarquements enregistrés peuvent correspondre jusqu’à 70 % du TAC autorisé.

Le secrétaire de l’Office des pêcheurs de flétan du Groenland du Québec et directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du Nord de la Gaspésie, Jean-René Boucher, s’explique mal cette baisse du TAC: «C’est une baisse qui était tout à fait injustifiable et inappropriée de notre point de vue. Ce qu’on nous a présenté comme résultats des différents relevés scientifiques nous laissait croire à une bonne saison. On ne demandait pas d’augmentation, la demande qu’on avait faite à Pêches et Océans Canada était un statuquo des captures par rapport à 2020. Cette baisse de 10 % passe très mal. Bien qu’on la justifie du point de vue des sciences, on trouve que les justifications fournies ne tiennent pas la route. Cette année, on a eu des taux de capture incroyables. Des pêcheurs terminent leur saison tellement tôt qu’ils ne sont pas en mesure d’assurer la qualification à l’assurance-emploi de leurs employés parce que le quota est trop bas et ils l’ont récolté trop vite. C’est vraiment excellent en termes de captures.»

M. Boucher nuance ses propos en affirmant que les turbotiers reconnaissent l’importance de la protection de ce poisson de fond: «On comprend qu’il faut faire attention à la ressource, on veut voir à long terme, on est conscient qu’on est dans un creux de vague et que si on exploite trop ce qui reste de turbot, on pourrait franchir une ligne qu’on ne veut pas atteindre. Mais cette baisse de 10 % du TAC en 2021, j’ai l’impression que c’est juste pour importuner les pêcheurs.»

Le directeur de l’Office des pêcheurs rappelle qu’au cours des 5 dernières années, le contingent global a baissé de 55 %. «Les données qu’on nous a présentées ne laissaient pas entrevoir de baisse, parce qu’on était de retour vers une augmentation des stocks. Les deux baisses précédentes qu’on a eues, de 25 % et de 33 %, étaient quand même substantielles. Dix pourcent (10 %), ça n’aura à peu près aucun impact sur l’état du stock dans son ensemble», dit-il.

Pour l’année prochaine, M. Boucher affirme que son organisation voudra récupérer le 10 % du TAC perdu en 2021. «Considérant qu’on voit de la relève, que les taux de capture sont bons, on est   conscients qu’il faut faire attention à la ressource, mais ce qu’on a perdu cette année, on va vouloir le ravoir. On va voir ce qui va nous être présenté comme chiffres au courant de l’hiver, mais on s’attend à récupérer ce qui a été enlevé», dit-il.

Selon M. Boucher, la pêche a été constante et abondante: «Ça a été généralement bon partout. On a des pêcheurs qui étaient bien répartis sur l’ensemble du territoire de pêche», dit-il.

DÉBARQUEMENTS CONSTANTS

Du côté du secteur de la transformation, à la Poissonnerie Blanchette de Tourelle, le directeur Gérard Collin est satisfait de sa saison: «La quantité est au rendez-vous, la taille du turbot est un peu petite. La ressource a été pêchée rapidement, donc je n’avais pas besoin de garder plusieurs employés en attendant les débarquements. Quand on en pêche moins, les employés sont appelés de manière irrégulière. Mais cette année vu les bons débarquements, on a pu offrir plusieurs semaines de travail consécutives. Ça a été plus rapide. Ils ont travaillé 16 à 17 semaines.»

M. Collin affirme que les conditions de mise en marché étaient bonnes aussi, qu’il a pu éviter de conserver de grandes quantités de poisson congelé: «Le turbot, à 90 %, est vendu au Québec. Je fournis des grossistes, dans le frais. Côté ventes, je suis content et je n’aurai pas de turbot qui va traîner cet hiver.»

Chez Crabiers du Nord de Portneuf-sur-Mer, le contrôleur financier Patrice Jean est lui aussi satisfait de sa saison de transformation. Un seul turbotier fournit son établissement, mais la diversité des espèces transformées permet d’offrir un travail constant aux employés. Le stock s’écoule immédiatement sur les marchés.

Enfin, Jean-René Boucher précise que le prix au débarquement pour la saison actuelle est considéré bon par les pêcheurs en s’établissant à 1,95 $ la livre. Concernant la petite taille du poisson, il ajoute: «Depuis le début août, Pêches et Océans Canada ferme la zone 4T4 qui est très vaste, en raison de la petite taille du turbot. Effectivement dans certains secteurs, le turbot était un peu plus petit. Toutefois, selon nous, cela ne justifiait pas la fermeture de zones.»

LES POISSONS DE FOND – page 4 – Volume 34,4 Septembre-Octobre-Novembre 2021

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À propos de l'auteur : 

Ariane Aubert Bonn
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