vendredi, septembre 30, 2022
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L’industrie maricole québécoise demeure fragile et réclame davantage de support du MAPAQ

L’industrie maricole québécoise a fait du surplace en 2021, en raison de la pandémie. C’est le constat de Gilbert Scantland, conseiller pour le Regroupement des mariculteurs du Québec (RMQ) qui compte 16 membres. L’organisation tiendra son assemblée générale annuelle vers la fin avril, début mai.

«C’est une industrie encore fragile et la pandémie a eu un impact important sur les entreprises avec la fermeture des marchés, en particulier les marchés qui s’adressent à la restauration, dit-il. Les mariculteurs ont eu de la difficulté à écouler leurs produits et donc ça été une année plus difficile pour eux.»

M. Scantland note que certaines entreprises ont ralenti leur production et que les projets de développement sont au point mort. «La Ferme Belles Amours, qui a été rachetée sur la Basse-Côte-Nord, fait toutefois exception, nuance-t-il. L’entreprise est en restructuration et a de beaux projets sur la table. Ailleurs, je dirais que c’est relativement stable. Quelques mariculteurs se sont dirigés vers l’élevage de l’huître plutôt que de la moule. Donc ça, c’est intéressant pour nous, parce que c’est un marché plus facile d’accès pour les entreprises.»

De plus, le président et directeur général du RMQ, Sylvain Vigneau souligne que la crise sanitaire de la COVID-19 a tout de même mené à une diversification des marchés. «Du fait que la restauration était fermée pendant presqu’un an, ça a frappé dur! Les producteurs se sont davantage dirigés vers le marché de détail des grandes chaînes d’alimentation, précise-t-il. Mais, comme c’est un marché beaucoup plus compétitif parce que les Maritimes sont là, ils se sont principalement concentrés dans les régions.»

Il faut comprendre que les producteurs de l’Île-du-Prince-Édouard, qui comptent pour 90 % de la production canadienne de moules, se sont massivement rabattus sur le marché de Montréal quand ceux des États-Unis, d’Europe et d’Asie se sont fermés sous le coup de la pandémie. «Ça a fait une énorme pression à la baisse sur les prix du marché intérieur, affirme M. Vigneau. Le marché de Montréal est tombé tellement bas, parce qu’il y avait beaucoup de surplus de production à l’Île-du-Prince-Édouard, que c’était plus intéressant pour nous d’aller vers le marché du détail en périphérie, ailleurs au Québec.»

PERSPECTIVES 2022

Pour sa part, la Société de développement de l’industrie maricole (SODIM) a accordé un congé de remboursement de prêts d’un peu plus de six mois, aux entreprises qui en ont fait la demande au cours de l’année 2020-2021, afin de les soulager du stress financier provoqué par la pandémie. «Les entreprises qui ont bénéficié du moratoire semblent aujourd’hui en pleine possession de leurs moyens, commente la directrice générale de l’organisation, Mélanie Guérette. Elles se sont adaptées, entre autres en changeant leurs formats pour la vente au détail. Elles ont été très innovatrices pour s’adapter à la situation.»

Toutefois, Mme Guérette reconnaît que seulement trois des entreprises détentrices d’un permis maricole de la province ont des activités d’ordre commercial. Deux sont actives aux Îles-de-la-Madeleine, Les Moules de culture des Îles et Les Cultures du Large, tandis que la troisième, Ferme maricole du Grand Large, œuvre en Gaspésie. Sept entreprises ont des productions dites artisanales, écoulées sur le marché local, tandis que six autres n’enregistrent aucune vente.

Cela fait dire à Sylvain Vigneau que l’objectif du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) de doubler la production maricole québécoise au cours de la période 2018-2025 n’est pas très ambitieuse. «Deux fois zéro, ça reste zéro; deux fois un, ça fait juste deux, énonce-t-il. Quand tu mets l’objectif si bas, t’as pas besoin de rien mettre en place; c’est à peu près sûr que ça va se faire.»

Or, le président du RMQ a beau espérer une relance pour 2022, avec la réouverture des restaurants, il n’en croit pas moins que le MAPAQ devrait justement appuyer davantage l’industrie. Aussi réclame-t-il une reconduction du programme de compensation des pertes dues à des phénomènes naturels exceptionnels, tel qu’un ouragan ou la prédation par les canards.

Ce programme annoncé en 2018 et seulement mis en œuvre en 2019, n’a pas été renouvelé en 2021, déplore Sylvain Vigneau. «Si on veut pousser pour que les entreprises augmentent leur production, ça prend une assurance pour diminuer les risques quand tu empruntes de l’argent pour produire des stocks, insiste-t-il. C’est notre priorité 2022 : faire en sorte que les mariculteurs aient accès à une certaine couverture de risque liée à la production.»

AU CALENDRIER

D’ailleurs, afin de tenter de minimiser les risques de prédation des élevages de moules, le RMQ conduira un projet de recherche et développement visant à tester des cages de protection. Les ravages causés par les canards de mer continuent d’être particulièrement problématiques en Gaspésie, selon Gilbert Scantland. «Quand ton élevage est attaqué par les canards, il est perdu pour trois ans, fait-il remarquer. Ça peut prendre énormément de temps avant de rebâtir ton élevage et, puisqu’il n’y a pas de programme de stabilisation des revenus comme on peut retrouver en agriculture, bien, c’est difficile de passer à travers.»

Le projet de recherche et développement, pour tester l’élevage des moules dans des cages, sera mené dès ce printemps chez Ferme maricole du Grand Large, dans le secteur de la Baie des Chaleurs. «C’est un projet qui a été développé par le dirigeant de l’entreprise Éric Bujold et le Regroupement l’a repris à sa charge pour travailler à développer la méthode, expose M. Scantland. C’est un projet assez intéressant, d’une durée de trois ans, auquel des chercheurs sont également associés. Quant au financement, nous allons laisser aux politiciens le soin d’en faire l’annonce!»

D’autre part, la SODIM se donne comme objectif «post-pandémie» de sortir sur le terrain pour aller à la rencontre des producteurs, au cours de la saison de production 2022, de même que de participer aux différents événements d’intérêt pour l’industrie.

Sa directrice générale se félicite notamment du succès du premier Salon Fourchette Bleue, qui s’est tenu à Rivière-du-Loup, en février. Mélanie Guérette a aussi assisté, à Moncton au mois de mars, au Fish Canada Workboat, le principal événement pour les industries maritimes commerciales du pays. Elle se promet également une l’Association aquacole du Canada et la World Aquaculture Society.

«C’est important d’aller voir ce qui se fait ailleurs et de voir si on est capable d’attirer des investisseurs ou, du moins, des acheteurs de produits maricoles pour susciter la production, fait valoir Mme Guérette. Le Québec a pour objectif de doubler la production d’ici 2025, donc il faut trouver des investisseurs, il faut trouver des marchés pour y arriver.»

En date du 31 mars 2021, le Fonds d’investissement de la SODIM disposait d’un capital de 921 000 $. Depuis sa création en 1993, la société avait alors investi plus de 11,4 M$ dans 132 projets.

MARICULTURE – page 29 – Volume 35,2 Avril-Mai 2022

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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