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L’ISMER-UQAR disposera d’un nouveau laboratoire de recherche sur les changements globaux touchant les organismes du Saint-Laurent

L’Institut des sciences de la mer de l’Université du Québec à Rimouski (ISMER-UQAR) ajoutera des cordes à son violon grâce à un nouveau laboratoire de recherche sur les changements globaux touchant les organismes du Saint-Laurent. Le projet de près de 7,5 M$ consiste à agrandir la station aquicole de l’institution pour y accueillir la nouvelle infrastructure, afin de réaliser des travaux d’intérêt tant  national qu’international. Il s’agira d’un laboratoire unique au Canada, se félicite son directeur, Guillaume St-Onge.

«ll y a trois, quatre stations marines au pays – donc, en milieu marin – mais ici, on parle d’une situation unique en milieu estuarien, précise le chercheur. C’est un milieu très riche, où on retrouve une grande diversité et où énormément de processus biogéochimiques se produisent. Donc, c’est important de bien comprendre l’impact des changements climatiques et la réponse des différents organismes et de  l’écosystème à ces changements. […] Et comme tous les grands fleuves ont des estuaires qui ont une grande biodiversité, ce sont des enjeux mondiaux que nous avons la chance de pouvoir étudier, ici, dans notre Saint-Laurent, avec des retombées de connaissances qui vont servir à tous.»

Les travaux qui seront réalisés en laboratoire porteront spécifiquement sur la tolérance et la résilience des organismes de l’estuaire du Saint-Laurent aux changements climatiques. L’objectif ultime sera de trouver des solutions d’adaptation en matière de gestion de l’environnement, de l’habitat et des ressources aquatiques, poursuit M. St-Onge. «En milieu estuarien, les processus sont vraiment particuliers parce que c’est là où l’eau douce rencontre l’eau de mer, souligne le chercheur. C’est un milieu particulièrement productif et c’est important d’en comprendre tous les processus biogéochimiques pour comprendre ensuite tous les écosystèmes marins au sens large.»

Guillaume St-Onge précise que l’investissement, auquel contribuent à parts égales de près de 3 M$ la Fondation canadienne pour l’innovation et le gouvernement du Québec, permettra non seulement d’agrandir la station aquicole de l’ISMER-UQAR, mais surtout de la doter de nouveaux bassins et instruments de pointe. «On pompe de l’eau du Saint-Laurent et ça nous permet d’avoir des conditions naturelles en temps réel sur toute l’année, fait-il valoir. On peut étudier les cycles saisonniers, les variations dans une journée complète, et on peut ensuite faire des suivis pluriannuels. C’est vraiment un outil extraordinaire! Et la nouveauté, c’est que l’agrandissement va nous permettre d’avoir des salles très flexibles, modulables pour faire plus facilement des expériences de différentes durées. Parce qu’avec nos bassins actuels, on ne peut pas nécessairement en changer le mode de fonctionnement rapidement.»

LABO MULTIFONCTIONNEL

Le professeur en écophysiologie et aquaculture Réjean Tremblay a d’ailleurs lui-même plaidé en faveur du nouveau laboratoire d’étude sur les changements globaux en milieu estuarien, qu’il codirigera avec son confrère Zhe Lu, spécialisé en écotoxicologie marine. Il raconte qu’en menant des travaux de recherche sur l’impact des microplastiques sur l’environnement marin en particulier, on a réalisé que les outils actuels de la station aquicole de l’ISMER-UQAR ne suffisaient plus.

«On s’est rendu compte qu’on avait des limitations sur certains appareils; il nous manquait certains appareils pour aller voir plus en profondeur, indique M. Tremblay. Dans les changements globaux, les microplastiques en font partie, les contaminants aussi. Même le son émis par le transport maritime est une nouvelle source de pollution émergente qui est de plus en plus importante dans les milieux marins. Ça fait que ce sont tous ces éléments, tous ces facteurs qu’on intègre. C’est pourquoi on parle de changements globaux et pas seulement de changements climatiques, dont les variations de température, d’oxygénation et de pH.»

De l’avis du professeur-chercheur, les nouvelles installations et instrumentations multifonctionnelles permettront, entre autres, de pousser plus à fond la recherche sur la façon dont les changements glo-baux de l’environnement marin affectent les différentes espèces de la chaine alimentaire, au-delà de leur physiologie et de leur biologie. «Si les changements globaux ont un impact sur les premiers chainons comme le phytoplancton marin, comme c’est le cas ici dans le milieu estuarien, ça va évidemment avoir un impact sur les autres organismes qui vont les manger, leurs prédateurs. Et ça, ça va avoir une influence qui peut amplifier les effets de ces changements globaux-là, qui seraient difficilement étudiés avec les équipements qu’on a présentement, expose-t-il. Il faut vraiment des appareils de pointe pour arriver à identifier et à mesurer la présence de toutes les sources alimentaires qui ont des caractéristiques particulières quand elles se trouvent au niveau du système digestif et dans les tissus, une fois qu’elles sont digérées et assimilées.»

PROJET AUX ÎLES

Réjean Tremblay mentionne également qu’un projet de recherche sur trois ans spécifique au milieu lagunaire des Îles-de-la-Madeleine débutera cet été grâce aux nouveaux équipements dont se dotera son institution. Mené par une étudiante au doctorat en collaboration avec le ministère des Pêches et des Océans, il visera à évaluer le potentiel reproducteur du homard qui se trouve dans les lagunes du territoire.

«On soupçonne que les lagunes ont un bon recrutement de homard, mais il n’y a pas d’études qui ont été faites sur le succès de recrutement, relate le professeur. Les pouponnières connues sont plus à l’extérieur des lagunes qu’à l’intérieur et donc toutes les études qui se font sur les populations se font à l’extérieur. On veut savoir, par exemple, si les larves, les juvéniles qui se retrouvent en lagune sont en meilleure ou en moins bonne condition physiologique, ou encore si leur alimentation est modifiée. On se pose des questions sur le rôle des lagunes comme pouponnière pour le développement des jeunes homards.»

Les travaux d’agrandissement de la station aquicole de l’ISMER-UQAR seront lancés cet été et devraient être complétés pour l’automne 2025. Notons que l’annonce de l’aménagement du nouveau  laboratoire de recherche pour mieux comprendre l’impact des changements globaux sur les ressources estuariennes coïncide avec le 25e anniversaire de l’ISMER, soit le plus grand institut de recherche universitaire francophone au Canada dédié à la formation et à l’avancement des connaissances sur les milieux marins et côtiers dans une perspective de changements climatiques et de développement durable.

DÉVELOPPEMENT – page 23 – Volume 37,2 Avril-Mai 2024

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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