Pêche à la crevette: des captures surprenantes dans la zone Anticosti

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À mi-chemin de la saison, les activités de capture et de transformation de la crevette présentent un état de situation très relatif. Certains intervenants de l’industrie considèrent qu’elles sont pires, d’autres les évaluent comme étant semblables, alors qu’il y en a qui disent qu’elles sont plus satisfaisantes que dans les premières semaines de pêche. Certains considèrent même leurs captures des deux derniers mois comme étant meilleures, voire très bonnes, surtout dans la zone Anticosti.

Rappelons que les crevettiers disposent d’un contingent global identique à celui de l’an dernier, soit un total de 17 337 tonnes pour les zones Sept-Îles, Anticosti, Esquiman et Estuaire.

DÉBUT DIFFICILE

Le début de la pêche, qui s’est ouverte en avril, a été pour le moins difficile pour les intervenants de l’industrie, alors qu’ils doivent déjà composer avec une ressource qui est en déclin depuis quelques années. Les conditions de navigation exécrables et la présence continuelle de forts vents ont compliqué le travail des crevettiers. Les sorties en mer ont donc été limitées et de courte durée. Les faibles débarquements ont eu comme conséquence de faire tourner les trois usines gaspésiennes au ralenti.

TAUX DE CAPTURES NI MIEUX, NI PIRE

En début de saison, l’effort de pêche était principalement concentré dans la zone Sept-Îles, avec des captures qui ont été décevantes. Cependant, pour une partie du mois de mai et depuis le début juin, les captures effectuées dans la zone Anticosti donnent des résultats identiques ou meilleurs qu’à même date l’an dernier. Sans compter que la météo a été un peu plus favorable.

«Dans l’ensemble, c’est bien ordinaire, commente le directeur de l’Office des pêcheurs de crevette du Grand Gaspé (OPCGG), Patrice Element. Du côté de la zone Anticosti, les taux de captures demeurent dans les mêmes eaux que l’année passée. Dans la zone Estuaire, c’est très bon, mais c’est minime [comme quota]. Nous, dans la zone Esquiman, il n’y a personne qui y va. Donc, je ne peux pas en parler. Dans la zone Sept-Îles, c’était comme l’année passée, où ce n’était pas bon. Mais, de ce temps-ci, il n’y a pas beaucoup de pêcheurs. Pour le petit peu qui est là, ce n’est pas mauvais. Finalement, c’est ni mieux, ni pire, cette année.»

TAUX DE CAPTURES ABONDANT DANS ANTICOSTI

Joint en mer à la hauteur d’Anticosti, le pêcheur Roberto Desbois était, pour sa part, très satisfait de ses captures, surtout dans la zone Anticosti. «Ce sont des voyages de 60 000 livres en moyenne, précise-t-il. Anticosti, c’est très bon! Dans l’ensemble, c’est meilleur que l’année passée.»

Selon ce qui lui restera comme quota, le capitaine du YOHAN MIRJA pourrait bien aller pêcher 60 000 livres dans la zone Estuaire à compter de juillet. «Je veux aussi voir quelle sorte de crevette il y a», dit le crevettier de Matane. Comme la pêche est bonne, il s’attend à finir sa saison plus tôt, soit en août.

Si le crustacé était plutôt petit en début de saison, il présente une taille plus intéressante depuis deux semaines, surtout dans la zone Anticosti. C’est du moins ce que constate Patrice Element. «La crevette est d’une bonne grosseur, confirme Roberto Desbois. Elle est plus belle dans Anticosti que l’année passée. Il y a moins de crevette blanche.»

SITUATION SURPRENANTE POUR LES TRANSFORMATEURS

Dans le secteur de la transformation, le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP) estime qu’en vertu des quotas alloués, la situation est plutôt bonne dans les deux usines qu’il représente dans le cadre du plan conjoint du Grand Gaspé, soit Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard et La Crevette du Nord Atlantique de l’Anse-au-Griffon. «C’est même surprenant, surtout dans Anticosti et du point de vue du volume qui était prévu, estime Jean-Paul Gagné. Du côté de mes transformateurs, il y en a qui sont pas mal avancés. C’est une bonne nouvelle pour le quota qu’il nous reste!»

Les semaines de travail en usine sont plus soutenues qu’en avril. «Au rythme où ça rentre et sur le plan de l’atteinte des volumes, c’est correct, estime M. Gagné. Pour les captures, ça va assez bien. Mais, les volumes sont plus petits qu’on a déjà connus. Le portrait ressemble à celui de l’année passée parce qu’on a les mêmes volumes. Il reste que certaines usines essaient de faire travailler leur monde le plus possible. Elles ne peuvent pas les laisser à ne rien faire! Mais, il y a quand même certaines journées où ils ne travaillent pas.» Certains pourront se qualifier à l’assurance-emploi, mais d’autres n’y arriveront peut-être pas.

À Matane, l’usine Les Fruits de Mer de l’Est du Québec roule rondement. «Ça va très bien, se réjouit la présidente du syndicat, Micheline D’Astous. Les pêcheurs font des bonnes captures et on travaille beaucoup. L’usine est à pleine capacité.» L’entreprise compte sur environ 75 employés, dont une quarantaine d’entre eux sont parfois affectés à la transformation du crabe des neiges.

Selon Mme D’Astous, les dirigeants ont du mal à pourvoir tous les postes ouverts. C’est pour cette raison qu’ils ont engagé onze travailleurs mexicains. «Ça leur donne une chance, croit la présidente du syndicat. Ils ont engagé des Matanais aussi, mais ça ne faisait pas assez de monde. Sur le crabe des neiges, ça prend beaucoup de monde.»

L’usine fonctionne sur un seul quart de travail de 11 heures, pendant lequel les employés peuvent transformer de 80 000 à 110 000 livres de crevette par jour. «On travaille sept jours sur sept, sauf s’il n’y a pas de bateau, souligne Micheline D’Astous. On peut faire des semaines de 77 heures, mais ça dépend combien il rentre de produits. Là, on produit sans bon sens! C’est plus constant que l’an dernier. Il y en a presqu’à tous les jours. Ça n’arrête pas beaucoup! L’année passée, on n’avait pas vu ça.»

Comme les employés des Fruits de Mer de l’Est du Québec ont commencé à travailler à la fin mars à la transformation du crabe des neiges et au début avril pour la crevette, certains sont déjà sur le point d’obtenir le nombre d’heures nécessaires pour se qualifier à l’assurance-emploi. «Le monde est moins inquiet, remarque la porte-parole des travailleurs. On travaille plus souvent. Les semaines et la paye sont meilleures que l’an passé! Ça fait du bien au moral de tout le monde. Nos Mexicains ont l’air à aimer ça! Ils se trouvent bien payés.»

La représentante des employés de l’usine accueille bien l’arrivée de ces collègues étrangers, surtout parce que la relève se fait rare. «Le monde vieillit, ici à Matane», souligne la dame qui a commencé à travailler pour Les Fruits de Mer de l’Est du Québec à l’âge de 15 ans et qui cumule aujourd’hui 41 ans d’ancienneté.

DÉBARQUEMENTS ABONDANTS

Micheline D’Astous constate, elle aussi, que les débarquements de crevette provenant de la zone Anticosti sont plus abondants et que le crustacé est plus gros que les autres années. «Ça va être une bonne saison, prédit-elle. Si les pêcheurs continuent comme ça, ils vont atteindre leur quota assez vite! Ce sont les mêmes quotas que l’année passée, mais ils n’en prenaient pas autant.»

La présidente du syndicat se réjouit que Pêches et Océans Canada n’ait pas abaissé les contingents pour conserver les mêmes que l’an dernier. «Sinon, les pêcheurs et les travailleurs auraient eu de la misère», imagine-t-elle.

PRIX PLUS AVANTAGEUX

Comme la crevette est plus grosse, les prix deviennent plus avantageux pour les pêcheurs. Les tarifs payés à quai, qui sont demeurés les mêmes que l’an dernier, sont de 1,68 $ la livre pour la grosse crevette, de 1,35 $ la livre pour celle de taille moyenne et de 1,14 $ la livre pour la petite.

Même s’il ne veut pas discuter des prix, le capitaine du JOHAN MIRJA croit que «le problème vient de Terre-Neuve». «Le prix est de 2,30 $ à Terre-Neuve, et au Québec ils ne paient pas, soutient Roberto Desbois. Le plan conjoint, ça ne sert à rien du tout!»

Patrice Element assure que l’Office des pêcheurs de crevette va demander une renégociation des prix au débarquement pour la deuxième période de pêche qui débute le 1er juillet. «Il y aura un arbitrage le 4 juillet», confirme-t-il. Pour lui, il est clair que les prix actuels au débarquement sont insuffisants. «Les marchés sont meilleurs qu’ils ne l’ont jamais été, soutient-il. Il y a beaucoup de marge par rapport aux prix qui ont été décidés dans le premier arbitrage.»

Du côté de l’AQIP, Jean-Paul Gagné affirme que les usines du Grand Gaspé entendent maintenir les mêmes prix payés à quai pour la deuxième période de pêche. Il mentionne ne pas connaître les tarifs demandés par l’OPCGG.

GASPÉ-NORD – page 08 – Volume 32,3 Juin-Juillet-Août 2019

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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