Pêche au crabe des neiges : baisse anticipée du contingent global de plus de 19%

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Le contingent global de crabe des neiges pour le secteur du sud du golfe du Saint-Laurent devrait fléchir de plus de 19% en 2016, en se basant sur les résultats du relevé scientifique réalisé entre juillet et octobre par le ministère fédéral des Pêches et des Océans.

Les évaluations touchent les zones 12, 19, 12E et 12F. La biomasse totale de ces quatre zones atteint 58 808 tonnes métriques, comparativement à 67 518 tonnes métriques il y a un an.

«En théorie, le quota de pêche pour 2016 devrait être de 21 579 tonnes métriques. En 2015, il avait été de 25 842 tonnes, une fois révisé», précise le biologiste, Marc Lanteigne, de Pêches et Océans Canada.

Avant le relevé scientifique, monsieur Lanteigne s’attendait à une légère baisse de la biomasse disponible à la pêche en 2016, mais il croyait initialement qu’elle serait moindre, «de 8% à 10%, au lieu de 12,9%», note-t-il.

Les 25 842 tonnes de 2015 avaient été calculées à partir d’un taux d’exploitation de 38,4%, une proportion tenant compte de la biomasse commerciale. Cette biomasse étant en baisse en 2016, le taux d’exploitation est rajusté à la baisse, à 37,2%, en vertu des dispositions de l’approche de précaution. Cette approche ajuste le taux d’exploitation en fonction de la biomasse commerciale.

SAUT DE MUE

«Il n’y a pas de surprise. Elle (la baisse) était prévue parce qu’on essaie de prévoir sur deux ans quand on fait un relevé scientifique. La surprise, c’est que beaucoup de crabes n’ont pas mué. Il y a eu un saut de mue», explique Marc Lanteigne.

«Quand on a fait le relevé en 2015, on a vu un pourcentage de crabes assez petits qui n’ont pas mué. Ils ne peuvent se retenir longtemps», ajoute-t-il.

Une assez bonne proportion de ces crabes aurait atteint la taille les qualifiant pour la biomasse commerciale s’ils avaient mué, note monsieur Lanteigne.

Le saut de mue peut être attribuable à différents facteurs difficiles à pondérer. Quelques hypothèses sont envisagées par les chercheurs.

«On parle de température de l’eau, plus chaude ou le réchauffement de certains secteurs. Deuxièmement, il y a l’effet de densité. En plus grande densité de crabes, il pourrait y avoir des changements de comportement (…) Les mâles pourraient attendre leur tour pour avoir des femelles», note monsieur Lanteigne qui prend soin d’ajouter que ces facteurs ne sont pas encore pleinement explicables.

Les crabes mâles sont significativement plus gros que les femelles et ils constituent la quasi totalité sinon la totalité des spécimens inclus dans la biomasse disponible pour la pêche. Les femelles sont, de toute façon, remises à la mer quand elles se retrouvent dans les casiers des pêcheurs.

LA BIOMASSE DES ZONES 12, 19, 12E ET 12F

Les relevés scientifiques ont été réalisés entre la mi-juillet et le début octobre à bord du bateau semi-hauturier Jean-Mathieu. L’uniformité de la méthode d’une année à l’autre est primordiale pour la validité de l’échantillonnage, assure Marc Lanteigne.

«On vise 355 traits de chalut. Cette année, deux traits ont été manqués. Il y a eu 353 traits réussis. C’est pas mal comparable à la moyenne des autres années», dit le biologiste.

«On utilise un chalut à langoustine, un équipement européen, avec «bicycle», ce qu’il faut pour aller dans la vase», ajoute-t-il.

Le chalut gratte le fond. Les biologistes comptent d’abord les crabes matures qui ont survécu à la pêche de l’année précédente. «En deuxième lieu, on regarde les crabes prêts à muer. Ils seront disponibles à la pêche», dit monsieur Lanteigne, spécifiant que la somme des deux comptes donnera la biomasse commerciale.

Si la baisse prévue de la biomasse commerciale disponible pour 2016 est un peu plus importante que prévue, le fait qu’elle soit attribuable à un saut de mue pourrait constituer une bonne nouvelle pour l’année prochaine.

«Il est possible que 2017 augure très bien», résume Marc Lanteigne, puisque les crabes qui n’ont pas mué devront plus tôt que tard perdre leur carapace et croître pour entrer dans la pêche.

Alors que la biomasse commerciale de crabe des neiges chute souvent pendant deux ou trois ans, quand elle se dirige avec le creux du cycle, ce fléchissement ne pourrait donc ne durer qu’un an.

RÉACTIONS

Daniel Desbois, président de l’Association des crabiers gaspésiens, accueille les dernières nouvelles du relevé scientifique avec philosophie.

«On s’attendait au statuquo ou à une légère baisse. Un saut de mue, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça», dit-il.

Monsieur Desbois souhaite que le saut de mue ait un effet positif sur la biomasse commerciale de 2017, comme l’entrevoit Marc Lanteigne. «Il y a un bon recrutement de petits crabes. Si tout va bien, en 2017, ça devrait revenir au niveau de ressources de 2015.»

Daniel Desbois s’attend tout de même à une assez bonne saison en 2016. «On n’a pas vraiment d’indication précise sur le prix qu’on pourrait avoir, mais, comme tout le monde, on voit le taux de change, un dollar canadien très bas par rapport au dollar américain, ce qui est bon pour les exportations. On voit aussi les effets de la baisse de quota de 40% en Alaska et les prix élevés payés là-bas. Mais tant que le Boston Seafood Show n’est pas passé, c’est très difficile d’avoir une idée du prix.»

Du côté de la transformation, Gino Lebrasseur, directeur général de Unipêche MDM, de Paspébiac, refuse de parler de surprise quant à la baisse anticipée de plus de 19% du contingent global pour l’en-semble du sud du golfe.

«Les gens ne veulent pas revivre les évènements d’il y a quelques années», résume-t-il, en faisant référence à la baisse de contingent de 63% qui avait marqué la saison 2010, contre toute attente.

Quant au prix qui pourrait caractériser le crabe des neiges en début de saison, monsieur Lebrasseur concède que «c’est favorable. Le taux de change est basé sur l’économie mondiale. Il faut voir comment ça évoluera. Au printemps, le dollar canadien perd toujours de la force. C’est ce qui se passe depuis des années. C’est tellement variable, d’une année à l’autre, mais, cette année, c’est vrai que la différence (entre dollars américain et canadien) est forte. Ça risque d’être encore bon quand la saison débutera.»

À la fin de février, le dollar canadien se situait à environ 0,70 $ américains, avec le résultat qu’un dollar américain rapportait près de 1,40 $ canadien.

La relative absence de glace solide dans le golfe laisse de plus entrevoir un début hâtif de pêche au printemps. «S’il n’y a pas de grands froids pour les trois à quatre semaines suivant la mi-février, je n’attends pas de problème», signalait alors le biologiste Marc Lanteigne.

LE SUD DU GOLFE – page 4 – Volume 29,1 – Février – Mars 2016

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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