samedi, juillet 13, 2024
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Pêche au crabe des neiges de la zone 12 : une chute de prix majeure, légèrement contrebalancée par un fort quota

Le premier mois de pêche au crabe des neiges dans le sud du golfe Saint-Laurent a été marqué par des prises fort abondantes lors des trois premières semaines, puis par un léger ralentissement dans le rythme des captures.

Le coup d’envoi a été donné le 11 avril. Le volume débarqué a été très bon malgré le ralentissement lors de la quatrième semaine puisqu’après 29 jours de pêche, à l’aube du     11 mai, le taux de capture s’établissait à 66,16% du contingent global de 31 352,52 tonnes métriques.

Le 5 mai, certains crabiers traditionnels détenant un permis simple avaient même légèrement dépassé les 250 000 livres d’un contingent individuel se situant dans la fourchette de        315 000 à 375 000 livres en 2023. Cette année est marquée par une hausse de quota de 12 % pour les crabiers évoluant dans la partie du sud du golfe couverte par la zone 12.

Les usines ont vu entrer de très forts  volumes de crabe. Par exemple, à l’usine de la firme E. Gagnon et Fils de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, certaines journées d’avril ont été ponctuées par des arrivages de 300 000 livres de crustacé. Ce complexe devrait accueillir un total de 12 millions de livres de crabe des neiges au cours de la saison se terminant le 30 juin.

«La mer était comme un lac pendant les trois premières semaines de pêche. Les conditions étaient idéales. La petite tempête de mardi, mercredi et jeudi (2, 3 et 4 mai) a ralenti les efforts, mais on a franchi les 65 % de débarquements attendus au quai. On est généralement un peu d’avance par rapport au rythme des prises de la zone 12», aborde Bill Sheehan, vice-président de E. Gagnon et Fils.

«Les baleines noires arrivent; alors ça va rétrécir le terrain de jeu. Elles ont été vues dans un carré (quadrilatère) ou deux qui touchent la zone 12. Nos pêcheurs ne sont pas là, mais elles se déplacent vite», ajoute M. Sheehan à propos d’une observation rapportée par Oceana au cours de la soirée du 8 mai.

CHUTE DE PRIX

L’élément qui retient le plus l’attention en ce printemps 2023, c’est le prix offert aux pêcheurs et le prix offert par le marché américain. Le prix aux pêcheurs était de 8,25 $ à 8,75 $ la livre en début de saison 2022. En 2023, c’est 2,25 $ pour les crabiers équipés de cale à glace, et 2,50 $ pour ceux équipés de cale à eau.

Ce prix suit exactement la tendance sur le marché américain, où E. Gagnon et Fils exporte entre 90 et 95% de sa production totale.

«La section de crabe de cinq à huit onces se vend actuellement 4,75 $ américains la livre. C’est aussi trois fois moins que l’an passé. Avant qu’on commence la transformation l’an passé, j’ai vu le prix des sections grimper à 16,75 $ puis 16,85 $ américains la livre. Il est certain que le prix payé au pêcheur est très sensible au prix du marché», précise Bill Sheehan.

Il rappelle que le présumé boycott du crabe russe du printemps 2022 n’a pas eu l’effet escompté.

«L’an passé, le boycott du crabe ne s’est pas passé comme prévu parce que les acheteurs américains avaient payé d’avance certaines quantités, qu’ils se sont fait livrer jusqu’en juin. En fait, le boycott, c’est nous qui l’avons subi, pas formellement, mais quand le temps est venu d’acheter nos produits, les acheteurs américains avaient fait leurs réserves avec le crabe russe», explique M. Sheehan.

Un mois après le début de la capture de 2023, le prix n’avait pas bougé. La grève des crabiers de Terre-Neuve a certainement évité une baisse, mais elle fait aussi miroiter un éventuel arrivage massif du crustacé sur les marchés.

«Le prix est stable. Ça se maintient. Il ne baisse pas. La situation à Terre-Neuve, ça ressort quand on veut monter le prix, qui reste à 2,25 $ et 2,50 $ selon le type de bateau. Ça ne bouge pas. On arrive aux deux-tiers de la saison, mais quand on veut monter le prix, les acheteurs nous disent que le problème de Terre-Neuve pourrait se régler», analyse Bill Sheehan.

DE GROS VOLUMES

Les quotas en vigueur à Terre-Neuve en 2023 ajouteront 120 millions de livres, principalement sur le marché nord-américain. À titre comparatif, le sud du golfe Saint-Laurent générera 69 millions de livres de crabe des neiges en 2023.

«Si on répartit 120 millions de livres sur 10 semaines, ça ferait 12 millions de livres par semaine qui prendraient le chemin des États-Unis. Ce serait considérable. On réussit à écouler notre produit, mais pas au prix qu’on voudrait», note Bill Sheehan.

E. Gagnon et Fils emploie 400 personnes en production, et 650 au total quand on ajoute les postes administratifs, les préposés au débarquement, les camionneurs et les préposés au chargement des remorques.

Près d’une centaine des employés de production sont Mexicains. «Je crois qu’on en a demandé 104 et que 92 sont venus. On demande plus et certains changent d’idée en cours de route. Ça s’en va en grandissant, le nombre de travailleurs étrangers. Nos travailleurs prennent de l’âge et il y a une compétition pour la main-d’œuvre. On a commencé avec 20, puis 40, 60, 80 et 100. Il faut être capable de trouver une solution aux problèmes du logement et de la logistique de tout ça, dont le transport par autobus. Il faudrait laisser aller une partie des bateaux si on n’avait pas ça. On devrait fermer des quarts de nuit, qui sont aussi importants que le quart de jour. Les travailleurs étrangers, ce n’est plus une question, c’est une obligation», souligne M. Sheehan.

Des 31 352,52 tonnes métriques de crabe des neiges venant du sud du golfe Saint-Laurent, les crabiers traditionnels ont reçu 21 234,1 tonnes, les Premières Nations, 5 422,8 tonnes et les pêcheurs du nouvel accès, 4 695,61 tonnes.

Le président de l’Association des crabiers gaspésiens, Daniel Desbois, décrit le début de saison 2023 comme une période idéale pour la capture.

«On a eu deux semaines de rêve, vraiment. Il a fait très beau», signale M. Desbois, qui a aussi noté des signes prometteurs pour l’espèce, en ce sens que des crabes de plusieurs classes d’âge sont entrés dans ses casiers.

Il a essentiellement fréquenté le banc de Bradelle pendant le premier mois de capture. «C’est là que je pêche. Le rendement par casier a été très bon pendant les premières semaines, mais il a ralenti avec la tempête du début de mai», précise M. Desbois, qui était alors au large.

Il a livré ses prises à Caraquet, au Nouveau-Brunswick, de même qu’à l’usine d’Unipêche MDM de Paspébiac au cours des premières semaines de capture. Il avait atteint 60 % de son contingent individuel le 9 mai. Il pêche toutefois en vertu d’une équivalence d’un permis et demi, ce qui lui laisse une importante quantité à capturer à ce moment.

L’année 2023 sera-t-elle rentable pour les crabiers, malgré un prix nettement inférieur à celui de 2022? «Si les captures se maintiennent, ça va aider, parce qu’il y aura moins de frais. Avec les baleines, c’est moins évident, parce que ça étire la saison. La rentabilité, ça dépend de chaque crabier, un gars qui vient d’acheter (un permis et un bateau) a d’autres obligations qu’un pêcheur qui a fini de payer ses dettes», note Daniel Desbois.

Le signalement de deux baleines noires le 8 mai l’inquiétait. «Elles sont de passage. C’est dans la zone E. On n’a même pas   besoin d’une grande quantité pour être  inquiets; si elles se mettent à explorer, ça n’en prend pas beaucoup pour fermer le golfe», assure M. Desbois.

Daniel Desbois et Bill Sheehan s’entendaient le 9 mai pour dire qu’il est trop tôt pour prédire si les transformateurs verseront une ristourne aux pêcheurs à la fin de 2023.

«C’est vraiment difficile à dire. Il y a tellement d’inconnues. Ça dépend si les crabiers de Terre-Neuve vont pêcher et quand ils le feront, s’ils y vont», dit M. Desbois.

«C’est une très bonne question. Tant que le marché restera comme ça, ce sera difficile d’y penser. Il n’y a pas de oui, pas de non pour l’instant», précise M. Sheehan.

LE SUD DU GOLFE – page 2 – Volume 36,2 Avril-Mai 2023

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Gilles Gagné
Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.
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