Pêche au hareng : des captures plus régulières et des marchés stables

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La pêche au hareng en Gaspésie s’est fort bien déroulée en fin d’été. Les prises ont été réalisées de façon plus régulière qu’en 2015 et le prix, 24 cents la livre, un seuil qui n’avait pas été vu depuis le milieu des années 1990, a naturellement plu aux pêcheurs.

Le pêcheur Gilles Duguay, de Saint-François-de-Pabos, a remarqué d’emblée quelques caractéristiques de la saison 2016, qu’il considère en gros équivalente aux dernières années pour le volume de ses prises.

«Je n’ai pas pris de poisson à Cap d’Espoir. Je suis allé quelques fois, mais il n’y avait rien. Ce secteur-là avait aussi été tranquille l’an passé. J’ai pris un tiers de mes prises à Miscou et deux tiers entre Pabos et la Pointe aux Maquereaux en face de Newport. La différence cette année, c’est qu’on a beaucoup de thons rouges dans le secteur. L’écran de la sondeuse devient plein. Le hareng, c’est une pêche avec lumières. Aussitôt que les lumières sont allumées, le thon rouge arrive et le hareng disparaît. On pêche donc à la noirceur», explique Gilles Duguay.

«Mardi soir, on était 10 bateaux à la Pointe aux Maquereaux. On a pêché sans lumière, en communiquant seulement au téléphone, pas de VHF, et on a pris un bon volume. La soirée suivante, tout le monde est venu pêcher aux lumières et il n’y a pas eu de poisson», précise-t-il, en faisant référence aux soirées des 6 et 7 septembre.

Gilles Duguay évalue que les prises de 2016 ont été plus régulières qu’en 2015. «C’est peut-être l’avantage d’avoir commencé un peu plus tard».

La capture a ainsi débuté le 21 août, une semaine plus tard qu’en 2015. En plus d’une réduction de quota de 8%, le ministère fédéral des Pêches et des Océans (MPO) a imposé deux changements, une limite de quota quotidien à 22 500 livres, comparativement à 25 000 livres il y a un an, et une diminution de longueur du filet de 150 à 125 brasses.

Gilles Duguay se réjouit du prix de 24 cents la livre, comparativement à 22 cents en 2015. Il a vendu ses prises à l’usine Poisson Salé Gaspésien de Grande-Rivière.

«C’est le même prix qu’au Nouveau-Brunswick, où les usines paient 60 $ du quart. C’est la compétition entre les deux provinces qui justifie ce prix», note-t-il.

Quand Pêche Impact a parlé à Gilles Duguay, il ne lui restait probablement qu’une seule sortie pour compléter sa saison. «J’ai pris environ 185 000 livres de hareng. Si tout se passe bien, je devrais approcher 200 000 livres pour la saison.»

Du côté de la transformation, Roch Lelièvre, propriétaire de l’usine Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, estime que la saison s’est bien déroulée.

«La pêche avait été tardive en 2015. Il avait fallu plusieurs jours avant que les pêcheurs trouvent le hareng. Ce n’est pas le cas cette année. C’est plus égal. Il y a moins de gros coups», signale M. Lelièvre.

Il y a eu quelques jours de vents solides, par contre. Ainsi, le matin du 9 septembre, l’usine de Sainte-Thérèse n’avait rien à transformer. «Les pêcheurs sont sortis mais ils ont viré de bord. C’était trop venteux», ajoute-t-il.

Vingt-deux pêcheurs ont approvisionné son usine en 2016, dix du Nouveau-Brunswick en plus des 12 Gaspésiens. Les prises tendaient vers un volume total de trois millions de livres avec une soirée de capture à faire pour compléter la saison.

PRIX ÉLEVÉ DE LA RAVE

Le prix de 24 cents la livre est attribuable au fort prix de la rave, les œufs de hareng, en 2016. «Le marché de la rave est meilleur cette année. C’était un marché nerveux l’an passé», signale Roch Lelièvre, qui n’a souvenir d’un seul prix supérieur à 24 cents, soit 25 cents, «vers 1995», dit-il.

Ainsi, même si la rave ne représente que 5% du poids total du hareng, sa valeur peut influencer le prix du poisson dans une proportion de 10% à 20%. C’est ce qui est arrivé au cours des deux dernières années. Roch Lelièvre préfère ne pas donner le prix qu’il reçoit pour les œufs de hareng.

Des trois millions de livres entrant dans son usine, une proportion de 40% sera acheminée aux Fumoirs Gaspé Cured, que Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan exploite conjointement avec Poisson Salé Gaspésien, à Cap d’Espoir. Cette usine fonctionne généralement de septembre à avril.

Une autre proportion de 40% des prises est congelée afin de servir pour les appâts des crabiers et des homardiers en 2017. Le solde du volume de hareng est envoyé dans d’autres fumoirs de la région de Cap Pelé, au Nouveau-Brunswick, ou pour le marché local des produits frais. Ce dernier débouché accapare une très faible proportion du volume pêché.

Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan a embauché 125 travailleurs pendant la saison de hareng, une quinzaine de moins qu’en 2015.

Quant aux marchés, ils sont avantageux sur plusieurs fronts en 2016, pas seulement sur celui de la rave.

«Les inventaires sont bas. Le taux de change est avantageux. On envisage une bonne année, mais dans les pêches, ça change vite. On a appris ça au fil des ans», analyse Roch Lelièvre.

Les produits des Fumoirs Gaspé Cured sont essentiellement exportés aux États-Unis et aux Antilles, tandis que les œufs prennent la route du Japon.

Réf.: LES PÉLAGIQUES – page 2 – Volume 29,4 – Aout – Septembre 2016

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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