samedi, juillet 13, 2024
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Pêche au homard gaspésien : pas d’augmentation de la taille légale à l’horizon

Malgré l’augmentation éventuelle de la taille du homard vivant entrant aux États-Unis, hausse prévue pour 2026, le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie prévoit éviter une augmentation similaire à court terme.

Afin d’augmenter la taille du stock de géniteurs, les autorités américaines prévoient augmenter de 84 à 86 millimètres la taille des homards pêchés le long de la côte est des États-Unis d’ici deux ans. Présentement, la taille légale du homard pêché est Gaspésie est de 83 millimètres au céphalothorax.

«Actuellement, 70 % du homard vivant pêché en Gaspésie reste au Québec et 100% du homard transformé se rend aux États-Unis. Le homard transformé ne serait pas touché par l’augmentation de la mesure américaine, d’après ce qu’on croit savoir», précise O’Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie.

Il serait d’une part possible assez facilement de classer séparément la portion de homard vivant gaspésien répondant au critère de 86 millimètres, même si ça demanderait une manutention supplémentaire. D’autre part, des marchés d’exportation, sans compter le marché de l’Ontario, s’ouvrent au homard gaspésien.

MESURE PROTECTIONNISTE

«Nous, on sait que cette mesure deviendra une mesure protectionniste. Ils vont fixer à 86 millimètres pour empêcher les exportations (des transformateurs canadiens). Mis à part ce facteur, est-ce que des marchés intérieurs ou de transformation sont suffisants pour assurer l’écoulement de nos produits? Je crois que oui. C’est sans compter le développement du marché asiatique. C’est l’année du dragon en Chine et la demande pour le homard est croissante en Corée du Sud. Si des gens s’inquiètent de trouver des débouchés, notons que les prises sont en forte réduction dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Les prises du Québec ne représentent que 7% des débarquements canadiens. Les prises des États-Unis baissent; il y a du marché en masse», observe M. Cloutier.

Il ajoute qu’un «stock de homard à 84 millimètres, c’est costaud. Alors imaginons à 86 millimètres. Mais le homard s’en va en diminuant aux États-Unis et il y a un vent de panique là-bas pour augmenter le nombre de géniteurs. On l’a fait pour cette raison-là, notre augmentation de la taille légale, et on vit une croissance de notre stock», rappelle M. Cloutier en faisant référence à une décision remontant à 1997.

L’expérience des homardiers gaspésiens prouve que chaque millimètre ajouté à la taille légale retranche 10% des captures   potentielles de l’année en cours. Il faut quelques années avant que cette masse de géniteurs engendre assez de homards pour compenser cette diminution.

«On n’en a même pas parlé», précise O’Neil Cloutier en mentionnant les sujets abordés le 27 février lors de l’atelier annuel de travail regroupant les homardiers gaspésiens et des représentants du ministère fédéral des Pêches et des Océans.

Potentiellement, c’est au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard que l’implantation d’une nouvelle taille légale américaine pourrait avoir un plus grand impact, la taille du côté sud de la Baie-des-Chaleurs s’établissant maintenant à 81 millimètres, et à 74 millimètres à l’île.

À QUAND L’OUVERTURE DE LA SAISON?

L’hiver clément de 2024 ouvre la porte à un début de saison hâtif dans la pêche du homard en Gaspésie. À la suite de l’atelier de travail du 27 février, il était toutefois trop tôt pour trancher entre les deux dates en jeu, les 20 et 27 avril.

«Dans un vote préliminaire, 61 pêcheurs ont choisi une ouverture le 20 avril, et 59 favorisaient le 27 avril, avec 10 abstentions. C’est assez divisé. On aura notre assemblée générale annuelle les 27 et 28 mars et on prendra une décision finale à ce moment. De toute façon, il y a toujours un appel quelques jours avant le début choisi, en fonction des conditions climatiques», rappelle O’Neil Cloutier.

L’atelier de travail du 27 février réservait une surprise aux homardiers gaspésiens, une initiative de Pêches et Océans Canada qui pourrait mal passer dans la péninsule, c’est-à-dire une nouvelle tentative du ministère d’utiliser une drague récemment acquise pour les essais post-saison d’évaluation du homard menés annuellement par les pêcheurs.

«Le ministère voudrait compléter notre évaluation avec une drague, un certain type de drague. On l’avait essayé à l’époque de Louise Gendron (ex-spécialiste du homard en Gaspésie, travaillant pour l’Institut Maurice-Lamontagne, à Mont-Joli). C’est une drague à patins. On n’est pas convaincu qu’on doive utiliser ça. On a une méthode qui fonctionne depuis des années. Notre stock est en santé, et nos captures augmentent. On n’est pas certain que le  besoin soit là. On sait ce qu’il y a dans le fond de nos eaux. Les pêcheurs connaissent de bonnes saisons depuis des années et le homard est en progression. Si ce n’est qu’ils (les gens de Pêches et Océans Canada) veulent utiliser cette drague, de notre côté, les pêcheurs ne sont pas favorables. C’est à suivre. C’est pour toute la Gaspésie. Notre point de vue, c’est que si on a réussi à se passer de ça et parce que le financement n’était pas là pendant des années, pourquoi on en aurait besoin aujourd’hui?», demande M. Cloutier.

PROTECTION DES BALEINES NOIRES

Un suivi a également été effectué sur l’imposition éventuelle de nouvelles dispositions du Marine Mammal Protection Act, venant des États-Unis, et visant la protection des mammifères marins par les pêcheurs.

«Son entrée en vigueur a été reportée en 2025 par les Américains. Les Canadiens   disent : «ce qu’on est en train de faire pour protéger les baleines, ça pourrait être bon pour les espèces en péril», mais on ne sait pas lesquelles. Les marsouins? On parle    d’espèces ciblées par le gouvernement canadien. Nous, ce qu’on veut, c’est de mettre en place des mesures pour empêcher l’empêtrement des baleines. Au Regroupement, on est les plus avancés partout. Il y a encore des endroits (des secteurs côtiers) sans essais de mécanismes de relâchement des engins de pêche. Les homardiers respectent les proportions suggérées, qui étaient de 50 % en 2023 et ce sera 75 % en 2024. On va le faire. Chez un grand nombre de pêcheurs, 100 % des mouillages sont déjà assurés par des mécanismes de relâchement. Le maillon faible est le plus courant. La gaine est plus difficile à poser et elle a tendance à s’étirer avec le temps. Il faut alors la changer. On se positionne bien en matière de rendements. Le tour sera  joué quand les Américains débarqueront avec leurs grands sabots», explique O’Neil Cloutier.

BRACONNAGE EN HAUSSE

Il est d’autre part assez inquiet au sujet de l’augmentation du braconnage de homard un peu partout en Gaspésie. «L’an passé, le phénomène était concentré dans le secteur de Sainte-Anne-des-Monts, mais ça s’étend. L’impression qu’on a, c’est que les gens se donnent des permissions de récolter des homards à gauche et à droite. Un livre dont la parution est survenue en 2023 recommande de se nourrir avec des produits qui se retrouvent dans la nature, dont le homard», précise M. Cloutier, qui  a saisi Pêches et Océans Canada de cette situation.

Au milieu de la crise touchant la crevette, le turbot et le hareng, il entend des pêcheurs désireux de se tourner vers le homard et réclamer une hausse du nombre de permis de ce crustacé, dont la biomasse est en progression constante depuis 10 ans.

«On est là pour gérer un stock. L’augmentation des permis de homard, des crevettiers l’ont en bouche, et des autochtones. Il y a des demandes. De Rivière-à-Claude à la rivière Tartigou, il y a 200 kilomètres de côtes avec quatre permis. De Baie-Comeau à Blanc-Sablon, sur la Basse-Côte-Nord, il y a 30 permis pour 800 kilomètres de littoral. L’Alliance des pêcheurs professionnels du Québec demande une augmentation des permis depuis quelques années. Mais on ne pourra pas sauver les crevettiers avec le homard. Il y a quand même 148 homardiers du côté sud de la Gaspésie», souligne M. Cloutier.

Il n’ose s’avancer sur un prix de départ pour le homard presque deux mois avant l’amorce de la saison. «On va attendre le Boston Seafood Show pour voir ce qui se  dit».

LA GASPÉSIE – pages 11-12 – Volume 37,1 Février-Mars 2024

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Gilles Gagné
Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.
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