Pêche au homard : stock en croissance et perspectives de marchés intéressantes

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La réunion annuelle du comité consultatif de gestion du homard des Îles-de-la-Madeleine s’est déroulée dans l’harmonie, le vendredi 11 mars, à Cap-aux-Meules, malgré l’esprit de confrontation qui régnait jusque-là entre les différentes organisations de pêcheurs. Le nouveau Rassemblement des pêcheurs et des pêcheuses des côtes des Îles (RPPCI) y occupait d’ailleurs une majorité de cinq sièges, contre trois pour l’Association des pêcheurs-propriétaires des Îles.

CONSENSUS

On y a décidé que la mise à l’eau des cages se fera le samedi 30 avril, en autant que le dragage des havres de pêche soit complété partout. Quant au livre de bord, les pêcheurs continueront d’avoir le choix, cette année, entre les versions papier et électronique, explique Luc Boucher, directeur de secteur chez Pêches et Océans Canada. «Dans le cas du livre de bord papier, ça va être une version un tout petit peu allégée, dit-il, dans la mesure où les champs de données ont été révisés entre les deux saisons. Par exemple, les données relatives à la météo ne figureront plus au journal de bord papier.»

Monsieur Boucher précise que, pour la version électronique du livre de bord, les pêcheurs auront le choix de deux technologies cette année : le logiciel utilisé en 2015 ou encore celui développé par le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud la Gaspésie. Ce dernier permet de fonctionner à la fois avec un ordinateur ou un appareil mobile, et ce, peu importe sa marque de commerce.

De plus, il est convenu que le Ministère fasse la démonstration de l’utilité du livre de bord pour le suivi scientifique de la ressource afin de répondre aux critiques soulevées par le Rassemblement. Le biologiste chargé de l’évaluation du stock, Benoît Bruneau, précise qu’il lui faudra d’abord en compiler les données sur au moins trois ans encore pour en dégager une tendance. «À la prochaine évaluation, nous serons rendus à quatre années de données, dit-il, que je vais pouvoir mettre en parallèle avec d’autres indicateurs pour essayer d’apprécier la qualité des données et de voir la prédictibilité ou l’utilité de ces données-là pour évaluer le stock.»

STOCK EN CROISSANCE

D’autre part, Benoît Bruneau rapporte que l’abondance commerciale de la population de homard de la zone 22 des Îles est de plus de 50% supérieure à la moyenne des 25 dernières années. Les débarquements, qui ont atteint un pic historique ces deux dernières années, ont eux-mêmes augmenté de près de 32% depuis 2011, date de la dernière évaluation scientifique du stock.

Le biologiste de l’Institut Maurice-Lamontagne signale que ce principal indice d’abondance concorde avec ses données d’échantillonnage en mer qui démontrent une croissance de la taille moyenne des crustacés depuis quatre ans. «Lorsqu’on regarde au niveau de la productivité de la population, ce qui va s’en venir éventuellement, bien, on voit qu’il y a beaucoup de signes positifs pour maintenir ou même augmenter les données au niveau de la population», affirme monsieur Bruneau.

Ainsi, les indices de recrutement du stock sont également très positifs, dit-il. Il note en particulier que le succès d’accouplement de 2015 est d’environ 84%, ce qui est supérieur à la moyenne des 11 dernières années. «On voit que pour la cohorte 2008, qui va entrer dans la pêche cette année, c’était une bonne cohorte. 2009 était un peu plus faible. 2010 est 2,5 fois plus grande!»

Benoît Bruneau constate, par ailleurs, une hausse des rendements de la pêche de deux fois plus importante au nord qu’au sud, au cours des quatre dernières années. Bien qu’il assure que cette tendance ne soit pas inquiétante, il dit qu’il faut quand même s’y intéresser.

PRIX EN HAUSSE

Sur les marchés, malgré une offre mondiale plus forte que la demande, le prix du homard est en hausse. C’est ce qui ressort du portrait économique et commercial de la ressource que vient de publier le bureau régional du MPO à Québec. L’économiste Martial Ménard explique cette croissance des prix par la très forte progression des exportations de homard de la Nouvelle-Écosse vers la Chine. Elles ont bondi de 430% depuis 2011. «Parce que la Nouvelle-Écosse envoie davantage de homard vers la Chine, c’est du homard en moins pour satisfaire la demande nord-américaine, expose-t-il. Et donc, là, les prix augmentent.»

Néanmoins, monsieur Ménard fait remarquer que ce sont les États-Unis qui font figure de locomotive pour l’économie mondiale, actuellement. Il souligne que 87% de leurs achats en homard proviennent du Canada. «Là, présentement, ce qui se passe, dit-il, c’est que le dollar canadien est faible par rapport à la devise américaine. Ça, ça veut dire qu’une fois converti en dollar canadien, le prix du homard sur la côte est américaine va être plus élevé.»

Grâce à la faiblesse de leur taux de change, les exportateurs canadiens ont obtenu un boni moyen de près de 1,50 $ la livre sur le marché américain, au cours des mois de mai et juin 2015, selon les données du MPO. Martial Ménard mentionne que le prix de gros du marché, de 6,44 $ US la livre, s’est alors traduit par une valeur de 7,92 $ en devise canadienne.

EFFERVESCENCE À BOSTON

L’optimisme régnait d’ailleurs à Boston, lors du grand rendez-vous annuel des transformateurs, acheteurs et exportateurs des produits de la mer, au début mars, selon Pierre Déraspe, directeur adjoint de Fruits de Mer Madeleine. Il raconte que sa délégation de quatre personnes n’a cessé d’y multiplié les rencontres avec les clients, connus et potentiels. Monsieur Déraspe affirme que la demande américaine est clairement plus forte que ces dernières années, grâce à la baisse de la valeur du dollar canadien. «Les dernières années étaient plus tranquilles, dit-il. On avait moins d’appels, on était moins sollicité pour des rencontres. Et, tant que l’économie américaine était à terre, c’était plus compliqué. Tandis que, là, bien, on est sollicité pour avoir des rencontres pour les produits qu’on a à offrir et c’est comme un retour en force.»

Le ministre des Pêches et des Océans, Hunter Tootoo, était lui-même présent au Seafood Show de Boston pour y rencontrer les représentants de l’industrie canadienne de la pêche. Il a profité d’un point de presse pour souligner que la valeur de leurs exportations a augmenté de 20% en 2015, pour franchir le cap des six milliards $. Il a même prédit le gain d’un milliard additionnel, cette année. «Nous savons que les États-Unis demeurent l’un de nos plus importants partenaires commerciaux, comptant pour, grosso modo, 65% de nos exportations de poissons et fruits de mer», précise monsieur Tootoo.

Quant à Pierre Déraspe, il dit que, en plus, de consolider leur réseau d’acheteurs à la foire de Boston, les industriels des Îles en profitent pour s’informer des plus récentes avancées technologiques en matière d’équipements. Outre Fruits de Mer Madeleine, La Renaissance et la Coopérative des pêcheurs du Cap Dauphin étaient également sur place, pour ce rendez-vous annuel incontournable de l’industrie de la pêche. Le Boston Seafood Show enregistre plus de 1 200 exposants et une soixantaine de milliers de visiteurs en trois jours.

LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE – page 11 – Volume 29,2 – Avril-Mai 2016

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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