Perspectives d’une reprise de la pêche au sébaste : les Madelinots s’y intéressent

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Le directeur de l’entreprise Ka’Le Bay, de Sydney, en Nouvelle-Écosse, qualifie de fantastiques les perspectives de reprise de la pêche commerciale au sébaste dans le golfe du Saint-Laurent. Jan Voutier, qui était conférencier au Rendez-vous 2017 de l’industrie de la pêche et de la mariculture des Îles, en décembre dernier, note que le recrutement de la ressource est à ce point abondant qu’il soutiendra la relance pour les 30 à 40 prochaines années.

Or, tandis que seulement la moitié des poissons qui atteindront la taille commerciale en 2018 seront matures sexuellement, M. Voutier appelle à un lent redémarrage. Après plus de 25 ans de moratoire, une toute nouvelle réalité attend l’industrie de la pêche du sébaste, tant en mer qu’en usine, prévient-il. «Des discussions ont déjà cours pour que la pêche canadienne au sébaste soit écocertifiée par le Marine Stewardship Council (MSC), pour faciliter sa reconquête du marché», explique l’industriel néo-écossais.

LES MADELINOTS À L’AFFÛT

L’entreprise Madelipêche, pour sa part, souhaite une pêche commerciale d’au moins 5 000 tonnes métriques dès cette année, dans les deux unités des zones 4RST, à l’intérieur et à l’extérieur du golfe. Son gestionnaire, Paul Boudreau, affirme qu’il faut commencer dès maintenant à s’adapter aux nouvelles bases de l’industrie. «On veut une petite pêcherie pour être capable de s’organiser, d’ajuster les engins de pêche, de voir avec quel engin on va pêcher, de mettre des échantillons sur le marché, de présenter nos produits, expose-t-il. Si on attend à 2020, quand le poisson va tout être de taille commerciale, à ce moment-là on va perdre du temps à s’ajuster, à obtenir une certification pour cette espèce.»

Selon M. Boudreau, Pêches et Océans Canada tiendra d’ailleurs une quatrième rencontre de planification de la relance de la pêche au sébaste dans le golfe, en cours d’hiver. Il précise qu’un éventuel rehaussement de la taille minimale des captures de 22 à 25 centimètres fait partie des discussions.

De son côté, l’entreprise Fruits de Mer Madeleine dit se tenir à l’affût des opportunités de diversification qu’offrira la reprise de la pêche commerciale au sébaste. Mais, le directeur général de l’usine de l’Étang-du-Nord spécialisée dans le crabe des neiges dit qu’il est encore trop tôt pour faire des annonces d’investissement dans des équipements de transformation.

Pierre Déraspe assure néanmoins que son entreprise saura s’adapter à la demande du marché, si le créneau s’annonce rentable. «Il faut être prudent dans les investissements, dit-il, et il faut aussi être réaliste dans les calculs quand ça vient le temps d’en faire. Ça fait que, je pense qu’on n’est pas rendu là au niveau du poisson rouge, mais je pense qu’on se doit, comme entreprise de transformation, d’être toujours informé et d’être prêt à toute éventualité quand ce sera le temps de transformer.»

Fruits de Mer Madeleine anticipe aussi un soutien du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec à la relance de cette industrie. «Les programmes gouvernementaux ne sont pas nécessairement annoncés, non plus, fait remarquer M. Déraspe. C’est quoi les aides qui vont être attribuées aux entreprises de transformation pour ceux qui voudront embarquer dans ce processus-là?», se questionne-t-il.

INVESTISSEMENTS PÊCHEURS

Chose certaine, certains pêcheurs investissent déjà pour la relance de la pêche au sébaste. Bruno-Pierre Bourque, de l’Étang-du-Nord, qui est capitaine semi-hauturier depuis une dizaine d’années,     se prépare notamment à pêcher le sébaste pour la première fois cette année; que ce soit en pêche indicatrice ou commerciale.

Cet habitué de la pêche au poisson de fond à la senne danoise s’est récemment doté d’un chalut pélagique, que les anciens pêcheurs hauturiers de Madelipêche disent plus propice à la capture du sébaste au printemps, à l’automne et en hiver. Le jeune homme explique que son gréement a été fabriqué sur mesure pour son nouveau bateau de 50 pieds, le Boréas VII. «On a fait affaire avec l’ACPG (l’Association des capitaines-propriétaires de la Gaspésie), à Rivière-au-Renard, qui, eux, ont pris le chalut de Patrick Cousin, consultant expert en engins de pêche en France, indique le capitaine Bourque.»

Quant au capitaine du Jean-Mathieu, Denis Éloquin, de Grande-Entrée, il a fait l’acquisition d’un second navire de 65 pieds, spécifiquement pour la pêche au sébaste.

Il s’agit d’un chalutier terre-neuvien en fibre de verre, l’Avalon Voyager. «C’est que le Jean-Mathieu c’est un bateau qui est polyvalent, dit-il; c’est davantage un crabier. Il sert aussi à la capture du poisson de fond, mais la cale n’a pas une grosse capacité comme l’Avalon Voyager. Ce dernier a une cale qui peut contenir 175 000 livres de poisson; puis dans le Jean-Mathieu, c’est à peu près 75 000 à 80 000 livres. Ça fait que c’est déjà le double.»

L’Avalon Voyager est équipé d’un chalut de fond traditionnel. Denis Éloquin dit qu’il le changera au besoin, pour un équipement pélagique, si une éventuelle écocertification de la pêche au sébaste du golfe en fait une exigence.

Entretemps, notons que, selon les données du marché de la Nouvelle-Angleterre, le sébaste se négocie entre un 1,15 $ et 1,26 $ la livre. En comparaison, la morue et la plie grise valent respectivement plus de 5 $ et de 7 $ la livre.

LES POISSONS DE FOND – page 28 – Volume 31,1 – Février-Mars 2018

 

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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