Premier contact avec Hunter Tootoo, nouveau ministre fédéral des Pêches

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Pêche Impact a posé quelques questions au nouveau ministre fédéral des Pêches et des Océans, Hunter Tootoo, à propos de ce qu’il entend faire en lien avec quelques enjeux chers au monde des pêches au Québec. Ces questions ont été acheminées au ministre moins d’un mois après sa nomination, alors que son équipe n’était pas complètement formée et en tenant compte du fait qu’il doit lui-même se familiariser avec un secteur d’activités qui est nouveau pour lui.

Né à Rankin Inlet, au Nunavut, Hunter Tootoo est toutefois familier avec le travail gouvernemental, ayant siégé à l’Assemblée législative de son territoire et ayant occupé des fonctions ministérielles dans les secteurs de l’habitation, des sans-abris, de l’énergie et de l’éducation. Le premier ministre Justin Trudeau lui a déposé une liste de responsabilités très exhaustives. La recherche océanographique visant à protéger les stocks halieutiques, la recherche en eau douce, l’intégration des effets des changements climatiques dans la prise de décisions et le travail de concert avec les provinces figurent au rang de ces responsabilités.

Pêche Impact

On sait que le précédent gouvernement avait tenté, il y a deux ans et demi, d’ouvrir la porte à l’achat de permis de pêche par les usines de transformation de produits marins. Quelle est la position actuelle du ministère des Pêches et des Océans en ce qui concerne les politiques du propriétaire-exploitant et de la séparation des flottilles de pêche?

Hunter Tootoo

J’appuie l’indépendance de nos pêches côtières dans l’Atlantique. Mon Ministère et moi nous engageons à respecter les politiques à l’appui de notre flottille côtière dans l’Atlantique et au Québec, notamment celles sur les propriétaires-exploitants, sur la séparation de la flottille et sur la préservation de l’indépendance de la flottille de pêche côtière dans l’Atlantique canadien (PIFPCAC). Nous agirons en conséquence si nous découvrons d’autres accords de contrôle non déclarés qui pourraient porter atteinte aux principes de la politique sur la PIFPCAC. De cette façon, nous veillerons à ce que les propriétaires-exploitants indépendants de petits bateaux demeurent l’élément central des pêches et des collectivités sur la côte est du Canada et à ce que les avantages découlant des permis de pêche profitent aux pêcheurs et aux collectivités côtières.

PI – En début de mandat, avez-vous une idée de mesures que votre gouvernement pourrait appliquer spécifiquement à la côte atlantique canadienne, le Québec inclus, qu’il s’agisse de gestion des stocks ou d’accès aux ressources?

HT – Au moment de prendre des décisions touchant les stocks de poissons et la gestion des écosystèmes, j’utiliserai des preuves scientifiques, j’adopterai le principe de l’approche de précaution et tiendrai compte des changements climatiques. Mon Ministère et moi ferons en sorte que les décisions de gestion soient prises en consultation étroite avec l’industrie, les groupes autochtones et les intervenants, tout en respectant la durabilité environnementale, la viabilité économique, la contiguïté et l’attachement historique. Nous reconnaissons qu’une gestion efficace de nos pêches est essentielle pour assurer la réussite durable et à long terme de notre industrie de ressources alimentaires marines et de l’industrie des produits de la mer et pour assurer la santé des collectivités côtières où il y a exploitation de pêcheries.

PI – Votre gouvernement compte-t-il restaurer l’évaluation annuelle des stocks pour des espèces comme la morue et le homard?

HT – Je reconnais l’importance de la pêche à la morue et de la pêche au homard du Canada atlantique. Mon Ministère continuera de contrôler de façon régulière l’état de ces ressources clés afin de s’assurer qu’elles sont gérées de façon durable.

Notre gouvernement attribue une grande valeur aux sciences et s’assurera qu’un appui solide de recherche scientifique soit disponible pour éclairer toutes les décisions du gouvernement.

J’ai hâte de pouvoir discuter avec nos scientifiques, les provinces, les territoires, les autochtones et les autres intervenants afin de découvrir la meilleure manière d’appuyer la recherche scientifique visant à promouvoir des pêches responsables et durables pour les trois côtes du Canada.

PI – Le nouveau gouvernement entend-il rouvrir les laboratoires de sciences environnementales fermés par le précédent régime, comme le laboratoire de l’Institut Maurice-Lamontagne, un institut de recherche géré par votre Ministère?

HT – L’Institut Maurice-Lamontagne est pleinement opérationnel et fournit une expertise scientifique précieuse qui éclaire les décisions en matière de navigation maritime et de conservation de nos ressources et de nos milieux marins.

J’ai demandé au Ministère de mettre sur pied des options sur la manière de continuer à nous assurer que nous détenons tous les éléments de preuve scientifiques nécessaires pour appuyer les besoins de gestion actuels et futurs dans ce secteur.

Je suis impatient de pouvoir discuter de notre programme des sciences avec nos scientifiques, les intervenants et nos partenaires du milieu universitaire.

PI – Le rôle du ministère fédéral des Pêches et des Océans a énormément diminué au cours des dernières années en matière de protection des eaux. Quelle orientation comptez-vous prendre afin d’évaluer les différents projets d’exploration d’hydrocarbures au large des côtes bordant le golfe du Saint-Laurent et l’océan Atlantique ?

HT – Bien que la protection des eaux ne m’incombe pas uniquement, mon objectif très important vise à protéger nos trois océans, nos côtes, nos voies navigables et nos pêches afin d’assurer qu’ils demeurent en bonne santé pour les générations futures. Mon Ministère et moi travaillerons avec le ministère de l’Environnement et du Changement climatique en vue d’accroître la proportion de zones marines et côtières protégées, à   5% d’ici 2017 et à 10% d’ici 2020, grâce à de nouveaux investissements en matière de science et de consultation des collectivités.

De plus, de concert avec le ministère des Richesses naturelles et le ministère de l’Environnement et du Changement climatique, nous passerons en revue les processus canadiens d’évaluation environne-mentale afin d’introduire de nouveaux processus équitables qui permettront :

  • de rétablir une surveillance étroite et des évaluations environnementales exhaustives des secteurs relevant de la compétence du gouvernement fédéral, tout en travaillant avec les provinces et les territoires pour éviter tout chevauchement;
  • de veiller à ce que les décisions se fondent sur la science, les faits et les éléments de preuve et servent l’intérêt du public;
  • de fournir aux Canadiens et aux Canadiennes des moyens pour exprimer leurs points de vue et aux experts la possibilité d’y contribuer réellement; et
  • d’exiger que les promoteurs de projets choisissent les meilleures technologies disponibles pour réduire les incidences environnementales.

 

Réf.: SCÈNE FÉDÉRALE – pages 8 et 9 – Volume 28,6 – Décembre 2015 – Janvier 2016

 

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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