Une autre année record pour les homardiers du Québec

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Les homardiers québécois ont vécu une autre année record en 2015, la troisième de suite. En plus d’une solide hausse des captures, ils ont aussi pu bénéficier d’un prix sensiblement plus élevé. Ces deux facteurs combinés ont généré des revenus bruts totaux de 73,1 millions $, une hausse vertigineuse de 43% par rapport à l’excellente année 2014.

Les quatre secteurs de pêche, les Îles-de-la-Madeleine, la Gaspésie, l’ile d’Anticosti et la Côte-Nord, ont généré des prises supérieures à l’année précédente. De façon globale, la hausse des captures s’est établie à 10% pour le Québec.

La hausse la plus faible est survenue aux Îles-de-la-Madeleine, de loin le secteur de pêche du homard le plus abondant du Québec. Les prises ont atteint 3 486 tonnes métriques, une augmentation de 5% comparativement aux 3 313 tonnes de 2014. Ces chiffres sont encore considérés comme préliminaires par le ministère fédéral des Pêches et des Océans.

Les homardiers gaspésiens ont bénéficié d’une solide hausse des prises de 18%, le volume passant de    1 536 à 1 819 tonnes métriques. À l’ile d’Anticosti, l’augmentation des captures a été plus modeste, à 11%, alors que les débarquements ont atteint 503,7 tonnes métriques, comparativement aux 452,4 tonnes de l’année précédente. En Côte-Nord, le plus petit secteur de homard au Québec, les prises ont connu la plus forte hausse, de 51,8 à 70,6 tonnes métriques, un bond de 36%.

«Cette hausse du volume des débarquements est attribuable à une biomasse du homard en abondance dans toutes les zones de pêche», précise Martial Ménard, économiste au ministère fédéral des Pêches et des Océans, pour spécifier que l’effort de pêche, que ce soit le nombre de jours en mer ou le nombre de casiers à l’eau, n’a pas bougé entre 2014 et 2015.

La hausse du prix moyen au débarquement a été encore plus importante, à 30%, que la hausse du volume des prises. Pour l’ensemble du Québec, le prix est passé de 4,33 $ la livre en 2014 à 5,64 $ lors de la dernière saison.

«Il ne s’agit pas d’un record historique, lequel a été atteint en 2004 alors que le homard se transigeait à 6,38 $ la livre. Toutefois, il importe de mentionner que le prix moyen au débarquement n’a cessé d’augmenter depuis 2010, passant de 3,93 $ à 5,64 $ la livre, soit une hausse de 44% sur cinq ans. De récente mémoire, une telle constance de la hausse du prix moyen au débarquement du homard sur une aussi longue période ne s’est jamais produite», ajoute Martial Ménard.

Ce prix moyen est caractérisé par de légères disparités régionales. La hausse de prix la plus élevée est survenue aux Îles-de-la-Madeleine, alors qu’il a bondi de 4,25 $ à 5,72 $ la livre, une hausse de 35%. En Gaspésie, l’augmentation a atteint 21%, en vertu d’un prix passant de 4,55 $ à 5,53 $ la livre.

À l’ile d’Anticosti, le prix moyen a connu une hausse presque aussi forte qu’aux Îles-de-la-Madeleine, à 33%, puisqu’il a bondi de 4,24 $ à 5,63 $ la livre. Une bonne partie des captures effectuées à Anticosti sont débarquées en Gaspésie, ce qui a pour effet d’aligner le prix sur des niveaux assez semblables à ceux de la Péninsule. En Côte-Nord, le prix a grimpé de 25% de 2014 à 2015, passant de 3,95 $ à 4,95 $ la livre.

Ces volumes de prises records et ces prix en forte hausse ont conséquemment propulsé les revenus totaux des pêcheurs à des seuils jamais atteints. Chaque secteur de capture en a bénéficié fortement.

Aux Îles-de-la-Madeleine, les 325 homardiers ont bénéficié de revenus totaux de 44 mil-   lions $, comparativement à 31 millions $ l’année précédente, pour une augmentation de 42%.

Cette hausse a été de 44% en Gaspésie où les revenus bruts des pêcheurs se sont établis à 22,2 millions $, alors qu’ils avaient été de 15,4 millions $ en 2014.

À l’ile d’Anticosti, les revenus bruts ont bondi de 4,2 millions $ en 2014 à 6,25 millions $ en 2015, une hausse de 48%. C’est en Côte-Nord qu’est survenue la plus forte augmentation, toutes proportions gardées, les revenus passant de     451 000 $ à 770 000 $ d’une année à l’autre, pour un bond de 71%.

Si la hausse des prises s’explique par une biomasse en bonne santé, l’augmentation de prix repose sur plus d’une raison.

«Dans un premier temps, notre regard se tourne spontanément du côté du marché américain qui constitue le marché de référence entre la mer et l’assiette. À titre d’exemple, le prix (de gros) du homard d’une livre et quart en mai-juin a été de 6,44 $ américains la livre en 2015, comparativement à 5,31 $ américains en 2014, soit une hausse de 21%. Lorsque le prix augmente sur le marché américain, cela se traduit très souvent par une augmentation du prix moyen au débarquement pour les pêcheurs canadiens», remarque Martial Ménard.

Le taux de change représente l’autre facteur déterminant derrière la hausse de prix de 2015.

«La valeur du dollar canadien pour la période de mai-juin a baissé entre 2014 et 2015, passant de 0,92 $ à 0,81 $ respectivement. Ainsi, en dollar canadien, le prix du homard d’une livre et quart a été de 7,90 $ canadiens la livre en 2015, comparativement à 5,77 $ canadiens la livre en 2014, soit une hausse de 37%. En 2015, la faiblesse du dollar canadien par rapport à la devise américaine, une tendance déjà amorcée en 2013 et 2014, s’est poursuivie sur le marché des changes. Elle a contribué à accroître davantage l’écart entre le prix du homard sur le marché américain une fois converti en dollar canadien», ajoute monsieur Ménard.

La demande chinoise a joué un rôle prépondérant dans la forte hausse du prix aux États-Unis, dans un contexte d’une offre mondiale qui n’a cessé de croître depuis 2007, remarque l’économiste.

«Ces dernières années, les captures ont beaucoup augmenté au Québec, tout comme en Atlantique et aux États-Unis. Dans une économie de marché, l’offre abondante d’un produit combinée à une demande stable sont deux facteurs qui   exercent des pressions à la baisse sur le prix du produit. Ce n’est pourtant pas ce qui s’est produit dans le cas du homard au cours des deux dernières années», analyse Martial Ménard.

L’émergence de la Chine comme acheteur de homard canadien explique en grande partie le phénomène de hausse de demande des deux dernières années. Une entreprise chinoise, Zhangzidao, a notamment acheté Capital Seafood International et ses deux usines en Nouvelle-Écosse. Depuis 2013, les exportations de homard néo-écossais vers la Chine sont en progression fulgurante.

«La Chine est un marché de plus en plus important pour le homard canadien vendu entier sous forme cuite et congelée (…) Concrètement, ce homard qui prend la destination de la Chine se traduit sur le marché nord-américain par du homard en moins en provenance de la Nouvelle-Écosse. Il n’en fallait pas plus pour que cela se traduise par une pression à la hausse sur la demande des consommateurs nord-américains du précieux crustacé», note monsieur Ménard.

Il appuie ses propos par des chiffres. Entre janvier et septembre 2015, les usines québécoises ont exporté 2 680 tonnes   de homard pour une valeur de 70,8 millions $, soit une hausse de 6% du volume et de 34% de la valeur par rapport à la même période l’an dernier. Quant aux exportations canadiennes de homard, elles ont totalisé 57 486 tonnes pour une valeur de 1,3 milliard $, soit une hausse de 7% en volume et de 30% en valeur. Les exportations canadiennes de homard se sont accrues de 33% en Chine, alors qu’elles n’ont augmenté que de 3% aux États-Unis et au Japon.

«Ce nouveau marché très prometteur va assurément aider le secteur canadien de la transformation du homard qui considérait le marché européen comme un marché à maturité, voire saturé. Les usines canadiennes voyaient difficilement comment accroître davantage les expéditions de homard à destination du continent   européen. L’émergence du marché chinois pour le homard canadien est une occasion d’affaires inespérée de développement d’un nouveau marché tant pour les transformateurs que pour les homardiers, surtout en cette période de forte abondance de la biomasse», souligne monsieur Ménard.

Le prix du homard en début de saison était particulièrement élevé en 2015, à 7 $ la livre. Toutefois, ce prix n’a été versé qu’au cours de la première semaine de capture, avant de fléchir abruptement à 5 $, le 10 mai. Puis, contre toute attente, le prix a bondi de nouveau à 7 $ la livre pour les deux dernières semaines de la saison.

Ce début de saison tardif, le 3 mai, en raison de conditions climatiques défavorables et d’un volume limité de prises lors   de la pêche d’hiver en Nouvelle-Écosse, avaient pavé la voie à ce prix de 7$.

«Les consommateurs canadiens étaient impatients de se procurer du homard, d’autant que les premiers débarquements ont été retardés par les aléas climatiques. Bref, la demande a été particulièrement forte au début de la saison de pêche», conclut Martial Ménard.

Réf.: ÉCONOMIE – pages 4 et 5 – Volume 28,6 – Décembre 2015 – Janvier 2016

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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