Malgré un léger fléchissement du prix moyen versé à quai, les crabiers ont connu une autre bonne année

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Les crabiers québécois ont globalement livré un peu moins de prises en 2015 qu’en 2014 et ils ont dû accepter une légère baisse de prix, mais la dernière année demeure quand même bonne, compte tenu qu’ils ont encaissé des revenus bruts totaux de 84,1 millions $.

C’est une baisse de 8,5% par rapport aux 91,9 millions $ de 2014. Cette baisse est attribuable à une diminution des prises de 7% dans l’ensemble des zones auxquelles les crabiers québécois ont accès. Ces prises sont passées de 15 956 tonnes métriques en 2014 à 14 760 tonnes cette année. Le fléchissement de 1% du prix moyen versé au Québec, de 2,61 $ à 2,58 $ la livre, a aussi contribué légèrement à la baisse des revenus totaux des crabiers.

Par secteur de pêche, les débarquements ont diminué de 17% en Côte-Nord pour totaliser 6 876 tonnes, au lieu de 8 277 tonnes un an auparavant. Les revenus ont totalisé 37,8 millions $, 15% de moins que les 44,4 millions $ de 2014. Le prix a augmenté légèrement en Côte-Nord, passant de 2,43 $ la livre à 2,50 $, une augmentation de 3%. C’est la seule des trois régions où le prix a emprunté une pente ascendante.

En Gaspésie, les prises ont atteint 6 358 tonnes au lieu de 5 989 tonnes en 2014, soit une hausse de 6%, la seule région québécoise à vivre une augmentation en la matière en 2015. Les revenus totaux ont aussi augmenté entre 2014 et 2015, de 36,6 millions à 37,3 millions $, un léger bond de 2%. Là aussi, la Gaspésie a été la seule région de capture à vivre une hausse de revenus globaux. Le prix a fléchi de 4% d’une année à l’autre, de 2,77 $ à 2,66 $ la livre.

Aux Îles-de-la-Madeleine, les captures ont totalisé 1 526 tonnes métriques, soit une baisse de 10% par rapport aux 1 689 tonnes de 2014. Les revenus ont fléchi de 17%, de 10,8 millions $ à 8,95 millions $ de 2014. Le prix a baissé de 8%, de 2,90 $ à 2,66 $ la livre.

En ce qui a trait aux zones de pêche, 2015 a été marquée par une hausse de 8% des débarquements québécois dans la zone 12, laquelle est le reflet d’une hausse de 18% des quotas dans cette zone, la plus importante en termes de volume des débarquements pour les crabiers québécois. La zone 12 couvre une grande partie du sud du golfe du Saint-Laurent.

Malgré tout, le volume total des débarquements, toutes zones confondues, a connu une baisse de 7% attribuable à la baisse des quotas dans la plupart des autres zones de pêche : 25% dans la zone 16, 7% dans la zone 17, 21% dans les zones 12A et 12B, 10% dans la zone 12C et 44% dans la zone 12F, rappelle Martial Ménard, économiste pour le ministère fédéral des Pêches et des Océans.

«On pourrait résumer la situation en disant que les quotas des pêcheurs de la zone 12 ont compensé en partie les pertes de la zone 16 et des autres zones dans lesquelles les crabiers pêchent», note monsieur Ménard.

Les zones 13 et 14, plus modestes, ont été caractérisées par des hausses de quota, mais cette situation n’a pu contrebalancer les forts fléchissements ailleurs, exception faite de la zone 12.

En ce qui concerne les revenus, monsieur Ménard ne manque pas de rappeler que les données demeurent préliminaires et qu’elles n’incluent pas les ristournes versées en fin d’année, s’il y a lieu.

La baisse du prix du crabe des neiges sur le marché américain et la dévaluation du dollar canadien par rapport à la devise américaine, des forces qui se sont annulées, expliquent la très faible variation du prix moyen versé aux pêcheurs entre 2014 et 2015.

FORCES DIVERSES SUR LES PRIX

Deux forces travaillant en sens opposé, une offre accrue de crabe et la dépréciation du dollar canadien, ont influencé les prix en 2015, note l’économiste Martial Ménard.

«Entre avril et aout 2015, période correspondant à la saison de pêche du crabe des neiges au Québec, le prix moyen de la section cuite 5 – 8 onces a été de 5,07 $ américains la livre, en baisse de 7% par rapport à la même période en 2014. En dollars canadiens, ce prix est passé de 5,96 $ canadiens en 2014 à 6,38 $ la livre en 2015, soit une hausse de 7% et ce, en raison de la faiblesse du dollar canadien par rapport à la devise américaine», dit-il.

Le taux de change entre les dollars canadien et américain a ainsi permis de limiter l’impact de la baisse du prix américain du gros du crabe des neiges sur le prix moyen au débarquement du crabe des neiges au Québec.

L’année 2015 a été marquée par une hausse de l’offre mondiale de crabe des neiges. Les quotas en Alaska ont bénéficié d’une hausse de 26% en 2015, mais cela faisant suite à deux années de baisse, de   25% en 2012-2013 et de 20% en 2013-2014.

Martial Ménard note une autre variable au fort impact sur l’offre mondiale. «Les Russes pêchent encore massivement le crabe des neiges, mais nous disposons de peu de données sur ces débarquements. Les experts et les analystes s’entendent néanmoins pour affirmer qu’une part importante des captures russes échappe en grande partie aux statistiques officielles, en raison du braconnage dans la mer du Japon et dans la mer d’Okhostk. Ces captures russes de crabe des neiges issues du braconnage sont estimées à 100 000 tonnes.»

Le crabe russe concurrence fortement les exportations canadiennes et québécoises de crabe des neiges au Japon. On estime à 90% la part de crabe russe exporté, entre autres, vers le Japon. Une partie de ce crabe est aussi exporté vers la Chine et la Corée du Sud où il est transformé et acheminé vers les États-Unis et le Japon.

Martial Ménard voit un autre élément à surveiller au cours des prochaines années, la pêche dans la mer de Barents. «En 2014, 4 200 tonnes de crabe des neiges ont été capturées dans les eaux internationales. À ce moment-ci, c’est très peu. Toutefois, sachant que la biomasse y est très abondante et qu’il y a un désir du côté de la Russie et de la Norvège à exploiter cette ressource, il faudra surveiller la situation de près.»

Les usines québécoises ont exporté 8 345 tonnes de crabe des neiges pour une valeur de 110,8 millions $ entre janvier et septembre 2015, une baisse de 2% en volume et une hausse de 7% en valeur pour la même période de 2014. Quatre-vingt-sept pourcent de ces exportations sont allées aux États-Unis, 10% au Japon et 2% en Chine. Les exportations québécoises de crabe des neiges à destination des États-Unis ont diminué de 5%, probablement en raison d’une hausse de l’offre domestique de crabe d’Alaska.

«L’année 2015 a également été marquée par la dépréciation du yen par rapport au dollar canadien. Dans les faits, pour les consommateurs japonais, cette dépréciation de leur devise par rapport à notre dollar fait en sorte qu’il en coute plus cher pour les consommateurs japonais pour se procurer du crabe des neiges canadien. Un yen affaibli fait en sorte que les produits marins canadiens rapportent moins aux transformateurs canadiens en dollars canadiens», analyse monsieur Ménard.

Les exportateurs québécois ne semblent pas avoir trop écopé de la dépréciation du yen, puisqu’ils ont acheminé 844 tonnes au Japon, soit une hausse de 40% en volume et de 30% en valeur, des données préliminaires, prévient Martial Ménard.

Réf.: ÉCONOMIE – page 3 – Volume 28,6 – Décembre 2015 – Janvier 2016

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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