Prix du homard en 2020 aux Îles-de-la-Madeleine : une séance d’arbitrage de la Régie des marchés est prévue en janvier

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La Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (Régie) présidera une séance d’arbitrage, le mardi 25 janvier 2022, sur les prix versés aux pêcheurs madelinots pour les semaines 3, 4 et 5 de la saison de pêche au homard 2020.

En assemblée générale annuelle (AGA) 2020, décalée de mars à octobre 2021 en raison de la pandémie, le président de l’Office des pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine (Office), Pascal Chevarie a expliqué s’être résigné à demander l’arbitrage après avoir échoué, au terme de huit rencontres de négociation et de deux rencontres de conciliation, à faire infléchir l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP) représentant les six acheteurs inscrits à la convention de mise en marché liant les deux parties. Pour ses 325 pêcheurs membres, une somme de 2,1 M$ est en jeu, souligne-t-il. «On est conscient que le prix a baissé partout sur la planète en raison de la pandémie de COVID-19, affirme M. Chevarie. Mais on trouve que pour les semaines 3, 4 et 5, notre prix a baissé de façon beaucoup plus accentuée que dans les secteurs environnants. Même en Gaspésie on a dit que le prix qu’on avait reçu n’avait pas d’allure.»

Le directeur général de l’AQIP, Jean-Paul Gagné, qualifie de très tardive, cette date du 25 janvier. «C’est sûr que je n’ai pas un mot à dire : c’est la Régie qui décide. Mais reste qu’on va s’aligner sur la prochaine saison 2022 et là, on va taponner sur 2020. Ça fait que, c’est ça qui est ça. L’Office est dans son droit. On verra.»

D’autre part, l’Office rejette les doléances de l’Association des pêcheurs propriétaires des Îles (APPIM) qui critique, dans une info-pub publiée dans l’hebdomadaire local Le Radar cet automne, la façon dont les acheteurs et les pêcheurs utilisent désormais la référence américaine du Seafood Price Current (SPC) pour s’assurer que le prix versé à quai soit juste.

Depuis le printemps 2021, et ce, suivant une recommandation de mise à jour maintes fois répétée par la Régie, l’Office et l’AQIP ont convenu d’établir un ratio entre le prix moyen versé à quai et le prix moyen affiché par le SPC les trois années précédant la saison de pêche en cours – excluant l’année 2020, atypique en raison de la COVID-19. «Nous avons ainsi une référence dynamique plutôt que fixe, qui suit les fluctuations du marché, fait valoir Nadine Cyr, gestionnaire de l’Office. Et il ne s’agit que d’un indicateur qui nous permet d’évaluer s’il y a lieu de négocier un ajustement ou non; ce n’est pas un automatisme.»  

Pour la saison 2021, l’Office se félicite d’ailleurs que le prix moyen la livre de 8,53 $ versé à quai ait été de 0,65 $ supérieur à la référence du SPC actualisée.

SEUIL DE RENTABILITÉ

Sur un autre front, l’Office appelle ses membres à être nombreux à répondre à l’invitation de la firme comptable Cyr, Landry, Lapierre de Cap-aux-Meules, à qui il a confié le mandat, l’hiver dernier, de produire une étude sur le coût de production de la flotte des homardiers de l’archipel afin d’établir son seuil de rentabilité. Le problème, c’est que seulement 23 pêcheurs avaient, en date du 29 octobre, répondu à l’appel. Ils n’étaient, du reste, que cinq, sans compter les administrateurs de l’organisation, à participer à l’AGA 2020. «Je ne trouve pas ça normal que l’Office ait une réunion par année qui concerne les 325 pêcheurs de homard et que le monde ne s’y intéresse pas, déplore Pascal Chevarie. Tout le travail de l’Office est concentré sur le prix du homard que chacun de ces 325 pêcheurs vont avoir et ils ne sont pas là pour donner leur idée, pour discuter de la situation; ça n’a pas de bon sens.»

La firme comptable estime avoir besoin d’un échantillonnage d’au moins 25 % de la flottille, au mieux de 100 à 150 répondants, pour dresser un portrait probant de leurs dépenses annuelles d’opération. «Il est important de déterminer combien ça nous coûte pour sortir une livre de homard de l’eau, si ce n’est que pour comparer avec la Gaspésie, insiste le président de l’Office. Nous devons connaître nos coûts de production; c’est un outil important pour négocier et pour déterminer la bonne méthodologie de fixation des prix.»

M. Chevarie, qui fait remarquer que toutes les données transmises à la firme comptable sont confidentielles, espère la conclusion de l’étude pour la fin décembre. Comme les coûts de production peuvent varier énormément d’un pêcheur à l’autre, il s’attend à ce que le rapport établisse des moyennes selon les différents seuils d’endettement. «Aller au homard, ça coûte de l’argent et ça a augmenté terriblement dans les dernières années, dit-il. Ce n’est pas normal qu’on ne sache pas combien coûte une saison de pêche. Chaque pêcheur le sait, lui, pour sa business, mais pour les acheteurs, tant qu’on n’a rien d’écrit noir sur blanc, c’est comme si on n’avait pas de dépenses.»

Cela dit, le président de l’Office des pêcheurs de homards des Îles-de-la-Madeleine s’inquiète de la surenchère sur le prix des permis de pêche, en ces années de forte abondance de la ressource et de robustesse de la demande des marchés. «Si un pêcheur a acheté il y a 10 ans et qu’il a payé 100 000 $ et qu’aujourd’hui il paie 1,5 M$, il n’a pas le même paiement à la fin de l’année. Pour acheter un permis à un million et demi en 2021, il faut que le revenu de 2021 reste pour les 20 prochaines années. Ce n’est pas garanti, ça! Oui, il y a eu baisse des captures cette année plus que compensée par la hausse des prix, mais si ça baisse encore l’année prochaine et que le prix baisse aussi, ça va faire une différence! On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve.»

LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE – page 38 – Volume 34,5 Décembre 2021-Janvier 2022

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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