Rationalisation de la flotte de pêche au homard : un objectif souhaité par le RPPCÎ et pour une meilleure rentabilité

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Le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles (RPPCÎ) souhaite une rationalisation de la flotte de pêche au homard. L’objectif est de ramener le nombre de détenteurs de permis de 325 à 300, pour assurer une meilleure rentabilité à ceux qui resteront.

Le président du RPPCÎ, Charles Poirier, précise qu’un chargé de projet sera bientôt embauché pour y travailler. «Il faut qu’on ait une flottille que quand ça va mal dans le prix, que ce soit rentable pour les pêcheurs, dit-il. Ça fait qu’en augmentant notre moyenne par pêcheur, ça ferait une flottille de pêche qui serait rentable en cas d’année de vache maigre.»

Pour financer la rationalisation de la flottille, le RPPCÎ mise sur l’obtention de sa juste part du contingent de crabe des neiges dont dispose l’Association des pêcheurs propriétaires des Îles (APPIM) depuis la crise du poisson de fond, en guise de compensation. Monsieur Poirier note que Pêches et Océans Canada (MPO) a aussi un programme de soutien. «Les programmes de rationalisation sont encore ouverts. La Gaspésie a embarqué là-dedans. Nous autres, la flottille d’ici n’avait pas voulu embarquer dans ce programme-là. Mais, nous autres, on pense qu’on est rendus à un tournant où il faut qu’on embarque là-dedans.»

En vertu du Plan de gestion intégré du crabe des neiges de 2014, les homardiers des Îles ont droit à 0,27% du contingent à des fins de développement. En comparaison, les Gaspésiens ont une allocation trois fois plus importante, soit 0,88%.

De son côté, l’APPIM ne veut pas réagir pour l’instant à ce projet de rationalisation de la flottille de pêche au homard. L’association a toujours prôné le maintien de 325 permis, pour ne pas éroder le nombre de familles qui puisent leurs revenus de la pêche et les retombées économiques qui en découlent. Son conseil d’administration devrait prendre position, nous dit-on, en assemblée générale annuelle.

SUIVI DE TEMPÉRATURE

D’autre part, le RPPCÎ préconise une nouvelle approche pour déterminer la date d’ouverture de la saison de pêche au homard. Son président rappelle que la saison dernière, malgré le signal habituel du réchauffement de l’eau, la capturabilité de la ressource était faible. Le RPPCÎ, de concert avec les responsables du suivi du stock à l’Institut Maurice-Lamontagne et chez Merinov, convient que des tests de température sur le fond pourraient être faits dès le début avril. «Pour savoir où ce que le homard est rendu, pour pas qu’il nous arrive comme l’année passée, tu sais; on a mis nos cages à l’eau et le homard était à huit, neuf de protéine : il n’avait pas faim et il ne se cageait pas», rappelle Charles Poirier.

Cependant, le capitaine du Bay Catcher de la Pointe-Basse précise que ces prises de données en mer devront être menées par les biologistes, pour éviter de donner un avantage à quelconque pêcheur. «Qu’ils prennent le bateau de Merinov qu’ils ont ici et qu’eux fassent les tests et qu’ils disent : «Bon, le homard est rendu à un tel niveau de protéine et l’eau est rendue à un tel niveau de température». Qu’on sache au moins où c’est rendu avant qu’on mette les cages à l’eau.»

Monsieur Poirier prévoit que cette proposition fera l’objet de discussions à la prochaine réunion annuelle du comité consultatif du homard des Îles, en février. Le   biologiste Jean-François Laplante, du Centre d’innovation de l’aquaculture et des pêches, Merinov, indique, pour sa part, qu’on pourra l’appliquer pourvu qu’elle soit soutenue financièrement.

ARBITRAGE

Enfin, notons que c’est le jeudi 10 novembre que la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec a tenu la séance d’arbitrage sur le prix du homard 2016. Les pêcheurs madelinots demandent une révision du prix des cinq premières semaines de la saison, parce que l’écart est de plus de 25 cents la livre avec la balise du Seafood Price Current.

L’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP) plaide pour le remplacement de cette valeur témoin du marché américain par une formule d’ajustement automatique du prix payé à quai, dès que la valeur du crustacé est supérieure à 6,75 $ la livre. «Il ne faudrait pas qu’on nous impose le Seafood Price Current au complet, explique son dg, Jean-Paul Gagné. Ce serait désastreux pour la saison, pour les acheteurs. Ce n’est pas le prix qu’on reçoit du premier acheteur, ça fait qu’on ne peut pas se baser là-dessus.»

De son côté, l’Office des pêcheurs de homard réclame le statuquo de la formule de fixation des prix de la convention de mise en marché qui lie les deux parties, parce qu’il ne fait pas confiance aux données de vente des acheteurs auxquelles il n’a pas accès. Son directeur intérimaire, Claude Régnier, explique que la balise du Seafood Price Current est le seul outil dont disposent les pêcheurs pour s’assurer de l’adéquation entre le prix qu’ils reçoivent et l’état du marché. «Cette formule-là apporte stabilité et permet aux acheteurs de savoir à l’avance quels sont les montants qu’ils doivent débourser, dit-il. La seule inconnue – ça n’a rien à voir avec la formule, ça n’a rien à voir avec le marché – c’est combien de homard chaque pêcheur va débarquer.»

La décision de la Régie se traduirait par un ajustement de 11 à 14 cents la livre, sur les débarquements 2016, selon qu’elle retienne la proposition de l’AQIP ou le statuquo.

Du point de vue de l’Office, Me Régnier calcule que le manque à gagner moyen se chiffre à 2 500 $ pour chacun de ses 325 membres. Les pêcheurs ont déjà reçu un prix moyen de 6,60 $. C’est 15% de plus que l’an dernier.

LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE – page 28 – Volume 29,6 – Décembre 2016 – Janvier 2017

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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