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Source de plusieurs incertitudes, l’industrie de la crevette de plus en plus fragile

Les intervenants de l’industrie de la crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent composeront avec un total autorisé des captures (TAC) de 14 524 tonnes au cours de la prochaine saison, soit une baisse de 8,15 % par rapport à l’année passée, où le TAC correspondait à 15 812 tonnes. À l’aube d’une nouvelle pêche, plusieurs inquiétudes planent au-dessus de la tête des gens concernés par cette industrie qui a été fortement fragilisée au cours des dix dernières années.

Ces inquiétudes sont causées par un fort déclin de la ressource, une rentabilité précaire des activités de captures et de transformation ainsi que des conditions de mise en marché difficiles.

Pour l’estuaire, le TAC est de 473 tonnes cette année, comparativement à 530 tonnes l’an dernier, pour une baisse de 10,75 %. Dans Sept-Îles, le quota demeure identique, soit 5 304 tonnes. Dans Anticosti, on parle de 4 525 tonnes en 2023 contre 5 153 tonnes l’année précédente, ce qui représente une baisse de 12,19 %. Du côté d’Esquiman, ce sont 4 222 tonnes cette saison par rapport à 4 825 tonnes en 2022, soit une baisse de 12,5 %.

Si l’Office des pêcheurs de crevette du Québec (OPCQ) n’est pas surprise par cette baisse du contingent global puisqu’elle avait été annoncée l’an dernier, ses membres n’en sont pas moins déçus. «On est bien conscient que la biomasse n’est plus ce qu’elle était il y a une dizaine d’années et qu’il faut limiter l’effort de pêche, reconnaît son directeur général, Patrice Element. On n’est pas 100 % convaincu de la pertinence du niveau des coupes, mais il faut qu’on en prenne acte.»

SITUATION ALARMANTE ET PRÉOCCUPANTE

La situation est alarmante et encore plus préoccupante pour la saison qui s’annonce, d’autant plus que plusieurs crevettiers ont connu une dernière année déficitaire. «La rentabilité d’une entreprise de pêche est en fonction de trois facteurs : la quantité de crevettes qu’on a à pêcher, le prix que ça nous coûte pour aller pêcher et le prix qu’on reçoit pour notre profit, précise M. Element. Sur le plan du volume, c’est encore plus bas que l’année passée. Sur le plan des coûts d’opération, c’est le prix du diesel qui nous affecte.»

Si le porte-parole de l’Office se réjouit que le prix du carburant soit inférieur à ce qu’il était l’année passée à pareille date, celui-ci demeure néanmoins plus élevé qu’en 2021, alors qui était déjà plus élevé que lors des années précédentes.

PRIX DE VENTE

Concernant les prix de vente, l’Office n’a pas encore commencé à négocier avec les transformateurs. «On sait qu’il va y avoir certaines améliorations des conditions de marché, s’attend M. Element, mais est-ce que ça va être assez pour compenser les autres facteurs? Ça reste à voir.»

Les pêcheurs sont habitués à composer avec une grande variabilité et une forte volatilité du marché. «Mais, on ne peut pas rester déficitaire ad vitam ӕternam, prévient le directeur général de l’Office. La plupart des gars ont mangé leur coussin, l’année passée. Même si les conditions économiques étaient les mêmes que l’année passée, c’est loin d’être garanti que tout le monde serait capable de supporter une deuxième ou une troisième année comme l’année passée. Il y a des gars qui ont fait des déficits de plusieurs centaines de milliers $.»

Quoi qu’il en soit, aucune entreprise de pêche à la crevette n’a été contrainte de fermer. «Mais, si on continue comme ça, on va arriver à un point où les gars n’auront plus de coussin, appréhende M. Element. Il va arriver un temps où les déficits ne seront plus soutenables et, dans certains cas, on est peut-être arrivé là.»

PAS D’AIDE FINANCIÈRE À COURT TERME

Malgré le contexte difficile, tout en sachant que les perspectives à court terme ne sont pas des plus encourageantes concernant l’état des stocks de crevette, les pêcheurs n’ont aucune attente des autorités provinciales et fédérales.

«L’année passée, on a demandé de l’aide, notamment auprès du MAPAQ [ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec], et on a reçu une fin de non-recevoir», déplore le représentant des crevettiers.

Comme les démarches faites chacun de leur côté et de façon conjointe par les transformateurs et les pêcheurs n’ont donné aucun résultat, M. Element ignore, pour le moment, si ses membres devront refaire de telles démarches. Cela dépendra des négociations et de l’évolution des marchés. «Dans un monde idéal, les conditions de marché vont débloquer et les transformateurs vont être capables de nous offrir des prix qui vont nous permettre de faire nos frais ou, à tout le moins, de passer à travers», espère-t-il.

RÉVISION DE L’APPROCHE DE PRÉCAUTION ATTENDUE

Comme l’approche de précaution est le cadre qui définit la façon dont les quotas sont calculés ou alloués en fonction des stocks, une révision est prévue depuis quelques années. L’an passé, les scientifiques ont fait savoir que, selon leur vision, l’approche de précaution actuelle n’était plus valide et qu’il fallait calculer autrement.

En novembre, les différentes associations de pêcheurs ont eu une rencontre avec le ministère des Pêches et des Océans (MPO), où leur a été présenté le premier jet du cadre général d’une nouvelle approche de précaution. «Si la nouvelle façon de calculer ressemble à ce qui nous a été présenté, ça va impliquer des baisses de quotas très importantes, même si la biomasse ne change pas, se désole M. Element. Ça risque d’être catastrophique. Ça va mal cette année et ça risque d’aller encore plus mal l’année prochaine!»

En vertu de l’approche actuelle, les quotas étaient calculés en fonction des relevés scientifiques et des données de captures. Maintenant, les scientifiques estiment que les captures ne sont plus significatives et qu’ils ne peuvent plus en tenir compte. Par conséquent, ils prendront uniquement les données des relevés scientifiques pour calculer les quotas. «On est plus ou moins d’accord avec ça, fait savoir le directeur général de l’OPCQ. Tout le monde convient que ces données ne sont pas complètes.»

PÊCHE AU SÉBASTE

Sans nécessairement être la seule porte de sortie pour les crevettiers à long terme, l’accès à la pêche au sébaste demeure une avenue intéressante, de l’avis de Patrice Element «pour mettre un peu de baume sur les blessures et compenser en partie les pertes de revenus, les baisses de quotas et les augmentations de dépenses qu’on subit».

Cependant, le MPO se montre encore une fois très discret sur une possible reprise de la pêche commerciale de cette espèce dans le golfe du Saint-Laurent. «Il est grand temps que ça débloque, croit le porte-parole des crevettiers. Ça fait longtemps que Pêches et Océans dit que la décision va être annoncée rapidement. Tout le monde dit qu’il commence à être temps de savoir où on s’en va, même ceux qui n’ont pas la même vision que nous de ce que  devraient être les allocations.»

GASPÉ-NORD– page 12 – Février-Mars 2023

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