Un second arbitrage pour fixer les prix de la crevette au débarquement

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Pour une deuxième fois cette saison, le 25 juin, l’Office des pêcheurs de crevette du Québec (OPCQ) et l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP), qui représente les trois usines gaspésiennes de transformation concernées, ont fait valoir leurs arguments devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec pour l’établissement des prix payés à quai.

Contrairement à la première, cette deuxième séance d’arbitrage était à la demande des transformateurs afin que la Régie puisse statuer sur les prix à payer pour la deuxième période de pêche qui a débuté le 1er juillet. La première séance d’arbitrage avait été demandée par l’OPCQ parce que les deux parties n’avaient pu s’entendre au préalable sur les prix de la crevette pour la première partie de la saison, qui s’étend du 1er avril au 30 juin.

Dans une décision rendue le 13 mai, la Régie des marchés avait alors retenu la proposition de l’Office en décrétant un prix de 1,48 $ la livre pour la grosse crevette, de 1,15 $ pour celle de catégorie moyenne et de 0,96 $ pour le crustacé de petite taille. De leur côté, les transformateurs avaient proposé des prix correspondant respectivement à 0,97 $, 0,89 $ et 0,78 $ pour chacune des catégories.

La pêche a pris son envol à la mi-mai pour les crevettiers rattachés à l’usine La Crevette du Nord Atlantique de l’Anse-au-Griffon. Ceux livrant leurs captures aux usines Les Fruits de mer de l’Est-du-Québec de Matane et Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard ont effectué leur première sortie en mer au début juin. Cette année, le total autorisé des captures est demeuré identique à celui de l’an dernier, soit 17 999 tonnes.

L’OFFICE DEMANDE LE STATU QUO

L’Office des pêcheurs demande le statu quo par rapport aux prix obtenus dans la première moitié de saison. «On considère que ces prix sont justes et raisonnables et qu’ils reflètent les conditions à venir du marché pour la prochaine année», soutient le directeur de l’Office des pêcheurs de crevette du Québec, Patrice Element. Quant à l’AQIP, elle propose 1,25 $ la livre pour la grosse crevette, 1 $ pour la moyenne et 0,90 $ pour la petite.

Selon M. Element, les prix proposés par l’AQIP sont nettement en bas des conditions de marché à venir. «Ce qu’on avait dit lors du premier arbitrage en avril, ça tient encore, à quelques virgules près. La meilleure preuve que notre prix est juste et raisonnable, c’est qu’autant à Terre-Neuve qu’au Nouveau-Brunswick, ce sont les mêmes prix à quelques cents près. Le transformateur du Nouveau-Brunswick s’est aligné sur les prix décrétés au Québec pour la première moitié de saison. Du côté de Terre-Neuve, pour la deuxième moitié de saison, les transformateurs ont offert un prix qui est encore là, à toute fin pratique, identique à ce qu’on demande. Donc, si les transformateurs de Terre-Neuve offrent ce qu’on demande, ça doit dire que ça ne doit pas être si pire que ça!»

PRIX TROP ÉLEVÉS SELON L’AQIP

De l’avis du directeur général de l’AQIP, les prix qui avaient été fixés pour la première période de pêche sont trop élevés, particulièrement pour le marché européen. «On ne peut pas arriver avec ces prix-là, estime Jean-Paul Gagné. Pour le marché québécois, ça pourrait peut-être aller. Mais, pour le marché européen, ça ne fonctionne pas. On a deux usines qui vendent beaucoup sur le marché européen. Elles ne sont pas toutes sur le marché québécois!»

Par conséquent, les conditions de mise en marché ne se sont pas améliorées sur les marchés de référence, tels le Royaume-Uni et les États-Unis. «Les prix ne sont pas là, martèle M. Gagné. Il y a un an, il avait été dit devant la Régie que la COVID serait finie dans deux mois. Mais, on est encore dedans.» L’AQIP a retenu les services d’un économiste de Raymond Chabot Grant Thornton. «Il arrive aux mêmes conclusions que nous», indique M. Gagné.

RENTABILITÉ DES USINES INCERTAINE

«Il y a des catégories où on est déficitaire, argue le représentant des industriels de la pêche. L’article 5 de la Loi dit qu’un plan conjoint est pour une mise en marché ordonnée du produit. Alors, une mise en marché ordonnée, ce n’est pas d’imposer aux usines de faire des déficits! Il faut que ce soit équilibré entre les pêcheurs et les usines de transformation. C’est ce qu’on a plaidé devant la Régie. J’ai bien hâte de voir la décision qui va être rendue.»

Cette année, la rentabilité des entreprises de transformation sera donc dépendante des prix que la Régie va fixer, selon M. Gagné. «Il y a deux usines qui n’avaient pas voulu acheter au départ parce qu’elles étaient en train de perdre leur personnel et leur marché. On prévoit que la Régie devrait être en mesure d’équilibrer les choses pour la deuxième période du 1er juillet jusqu’au 31 décembre.»

Selon lui, les prix trop élevés ont des conséquences. Même si les activités de transformation ont commencé tardivement cette année, soit entre la mi-mai et le début juin, M. Gagné indique que la crevette transformée est actuellement en entrepôt. «Il faut être réaliste! L’Office des pêcheurs prétend qu’il va y avoir une hausse de prix en Europe à un certain   moment, mais on ne sait pas encore quand. Nous autres, on prétend que, d’après les informations qu’on a, il n’y aura pas de hausse de prix ou elle va être très faible. On n’est pas sur la même longueur d’onde!»

CREVETTE DE PETITE TAILLE

Une partie importante de la crevette capturée de la mi-mai à la mi-juin dans la zone Anticosti est de petite taille. «Dans la zone Anticosti, la crevette est toujours plus petite que dans les zones Sept-Îles, Estuaire et même Esquiman, confirme M. Element. En 2019, elle était spectaculairement petite. L’an passé, elle était, au contraire, assez grosse par rapport au standard de la zone Anticosti. Cette année, c’est un peu mieux que 2019 comme grosseur, mais elle est plus petite que l’année passée.»

Pour le directeur de l’Office des pêcheurs, ce n’est pas une mauvaise nouvelle sur le plan de la conservation de la ressource. «Mais, du côté de la transformation et du côté des pêcheurs, on aime bien avoir la crevette la plus grosse possible parce que c’est elle qui commande les meilleurs prix.»

Jean-Paul Gagné le confirme: la crevette est très petite et pas seulement dans la zone Anticosti, mais en général. «On ne peut pas vendre du riz, illustre-t-il. Elle est tellement petite qu’on a été obligé d’avertir les pêcheurs qu’à une telle grosseur, on ne pouvait pas l’acheter parce qu’on ne peut pas la mettre sur le marché. L’Office a admis devant la Régie que la crevette était petite. C’est la réalité.»

En revanche, les premières captures dans la zone Sept-Îles sont bonnes. «Les taux de captures sont intéressants pour le petit peu qu’on a vu dans Sept-Îles et dans Estuaire, admet Patrice Element. Mais, à part quelques voyages, la majorité des pêcheurs sont présentement dans la zone Anticosti.» La grosseur est tout aussi bonne, estime le directeur de l’OPCGG, précisant cependant que les données dont il dispose sont très préliminaires. «Ce n’est pas à 100 % de la grosse crevette, mais ce n’est pas mauvais.»

Patrice Element s’attend à ce que la Régie prenne un peu plus de temps pour faire connaître sa décision. «On n’attend pas de résultats avant le 10 ou le 15 juillet.» Entre-temps, tant que la Régie n’aura pas rendu sa décision, les prix payés aux pêcheurs sont provisoirement ceux accordés lors de la première moitié de saison. Si l’arbitre fixe les prix plus bas que ceux qui sont actuellement offerts, les trop-perçus des pêcheurs seront remboursés aux transformateurs.

GASPÉ-NORD – pages 3 et 4 – Volume 34,3 Juin-Juillet-Août 2021

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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