vendredi, septembre 30, 2022
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Une importante augmentation de quota de crabe des neiges est prévue dans le sud du golfe Saint-Laurent

Le relevé scientifique effectué par l’équipe de biologistes du ministère fédéral des Pêches et des Océans dans le sud du golfe Saint-Laurent indique qu’il devrait y avoir une hausse importante du contingent de crabe des neiges pour les pêcheurs évoluant le long des côtes de ce secteur.

Considérant les indices d’abondance recueillis lors du relevé scientifique réalisé entre juillet et octobre 2021, le contingent global des zones 12, 12E, 12F et 19 pourrait augmenter de 29 % en 2022, par rapport à l’an passé, voire même un peu plus. En 2021, le quota total s’était établi à 24 125 tonnes métriques et il pourrait passer à 33 163 tonnes métriques cette année, si les règles de décision de l’approche de précaution sont suivies à la lettre.

La situation découle de deux facteurs principaux, l’augmentation de 4 %, de 77 748 à 80 950 tonnes métriques, de la biomasse de crabes adultes de taille commerciale disponible pour la pêcherie en 2022 pour l’ensemble du sud du golfe, et le fait qu’en 2021, une baisse volontaire de 15 % du contingent avait été appliquée.

Cette mesure préventive, qui ne sera pas nécessaire cette année, découlait d’un biais possible de l’évaluation scientifique en raison des conditions de capture lors du relevé.

La biomasse pouvait ainsi avoir été surévaluée parce que le chalut utilisé par l’AVALON VOYAGER, le bateau effectuant le relevé, restait plus longtemps dans l’eau, par rapport aux relevés comparables réalisés en 2019 et avant avec le bateau utilisé précédemment pour les traits de chalut, le JEAN-MATHIEU.

La biologiste et gestionnaire Amélie Rondeau, du ministère fédéral des Pêches et des Océans, rappelle qu’une pêche comparative menée avec les deux bateaux en 2019 avait donné des indices d’abondance assez différents, dont une partie restait inexplicable, jusqu’à ce qu’il devienne évident que la remontée du chalut du AVALON VOYAGER prenait une minute de plus à s’enclencher, en ce sens qu’il restait une minute de plus sur le fond de l’eau.

Une minute de plus que les cinq minutes du protocole scientifique, signifiait que le chalut du Avalon Voyager pêchait 20 % plus longtemps que celui du JEAN-MATHIEU.

«C’est pour ça qu’on disait que le chalut du AVALON VOYAGER «surpêchait» par rapport à l’autre», note Amélie Rondeau, qui insiste sur la correction apportée par les biologistes pour régulariser le calcul.

«Les enjeux soulevés en 2020 et 2021, on a pu les ajuster, avec des petits tests, pour s’assurer que le chalut se soulève du fond le plus rapidement possible. Comparativement aux cinq minutes officielles qu’on vise, il y avait un temps plus long passé sur le fond. On capturait sans doute plus de crabe, ce qui faussait l’indice d’abondance. Maintenant, on a ramené la différence (du temps pendant lequel le chalut reste sur le fond) à de 18 à 20 secondes. Une fois la méthodologie adaptée, l’évaluation a pris son envol. On a obtenu une biomasse commerciale estimée de 80 950 tonnes», précise Mme Rondeau.

Elle parle d’une biomasse «estimée» dans le sens que l’équipe scientifique tient à rattacher cet adjectif sur l’évaluation de 2021 en raison des soubresauts des relevés de 2019 à l’an passé.

STABILITÉ OBSERVÉE

«C’est stable, ce passage de 77 748 à 80 950 tonnes métriques. La biomasse commerciale se maintient. On ne l’a pas calculée précisément en raison des ajustements. On a décidé que si la biomasse avait été surestimée en 2020, l’an passé, au comité consultatif, il fallait baisser la biomasse de 15 %. C’était une valeur réduite, donc une valeur réduite qui avait été utilisée pour déterminer le quota de 2021», précise Amélie Rondeau pour expliquer que cet ajustement de 15 % n’est plus nécessaire pour donner une recommandation sur le contingent de 2022.

Avec les données recueillies en 2021, «on ne peut confirmer avec le relevé qu’il n’y a pas eu de surestimation lors du relevé, mais avec les estimations réalisées (en 2021), on peut croire qu’on a maintenant une meilleure évaluation. L’approche prudente de l’an passé, comme abaisser la biomasse et conséquemment laisser des petits crabes dans l’eau, ne cause pas de préjudices», dit-elle, en parlant du contexte général du crabe des neiges dans le sud du golfe Saint-Laurent.

L’équipe scientifique ne s’est pas contentée d’ajuster son évaluation en fonction du temps passé sur le fond par le chalut de l’AVALON VOYAGER.

«La sélection des stations a été revue, un facteur qui aurait pu influencer les résultats de 2021 si on avait procédé exactement comme avec le relevé de 2020. Il peut y avoir un enjeu de dérive des (résultats de) stations, si ça accroche, s’il y a un bris de chalut. Il y avait une crainte que d’une façon tendancieuse, l’évaluation soit biaisée en faveur des stations favorables au crabe des neiges. C’est comme faire un   recensement dans les grandes villes, en se limitant à compter les gens dans les centres d’achat», explique Amélie Rondeau.

UN BON ÉQUILIBRE

Elle note qu’une hausse de 4 % de la biomasse commerciale, si elle peut sembler limitée pour certains observateurs, constitue une augmentation normale et équilibrée.

«On voyait des signes (avant le relevé de 2021). On garde les yeux sur d’autres indicateurs, les petits crabes, les femelles, et c’est ça qu’on voit: un bon équilibre. Le stock continue de grandir, de croître de façon modérée», précise Mme Rondeau.

L’observation de crabes juvéniles a été particulièrement forte lors des 355 traits de chalut du relevé de 2021. De ce nombre, 350 traits ont été considérés valides.

«Cette année, on a vraiment vu un beau pic d’abondance chez les petits crabes, le plus haut de la série historique depuis qu’on suit les crabes, soit depuis 1996. Il s’agit des crabes qui seront dans la pêche dans cinq ou six ans», dit-elle.

Les projections de contingents pour 2022 pour chacune des quatre zones du sud du golfe ne tiennent pas compte d’une surestimation possible de la biomasse des dernières années. «On n’a fait aucune recommandation à cet effet. La biomasse commerciale disponible pour la pêche sera fractionnée selon les zones», ajoute Mme Rondeau.

Puisque les méthodes de calcul des résultats des traits de chalut ont été ajustées à la satisfaction de l’équipe scientifique, la mesure préventive de l’an dernier, une baisse volontaire de 15 % du contingent global, n’est donc pas nécessaire en 2022.

En fonction de la biomasse commerciale actuelle de 80 950 tonnes métriques, le taux d’exploitation du stock devrait s’établir à 40,96 %, et donner un contingent global de 33 163 tonnes métriques. La décision finale appartient toutefois aux gestionnaires nationaux de Pêches et Océans Canada.

«Ce qu’on fait avec l’estimation de biomasse commerciale, on regarde les 40,96 % comme taux d’exploitation suggéré et ça donne une option de capture, pas le total des prises admissibles, et ça donne une indication à la ministre (Joyce Murray), selon les règles de l’approche de précaution. Le stock est dans la zone saine», précise Amélie Rondeau.

CHANGEMENTS CLIMATIQUES : UNE PRÉOCCUPATION

Les préoccupations du secteur des sciences lors de l’analyse globale de l’état de santé du stock de crabe du sud du golfe se portent sur les changements climatiques. Les membres de l’équipe jettent un œil notamment sur les facteurs susceptibles d’influencer sa productivité à court et moyen termes.

«Nous avons des préoccupations un peu globales à propos des changements climatiques. L’un des membres de l’équipe, Joël Chassé, a constaté que l’année 2021 était une année record de température de l’eau. Nous ne sommes pas encore très inquiets. On regarde un peu partout. Il y a une certaine tendance à dire qu’une augmentation de la température de l’eau pourrait avoir un effet négatif sur une espèce d’eau froide comme le crabe. Mais il y a des projets de recherche qui examinent d’autres effets. Les femelles ont un cycle de ponte de deux ans. Dans un contexte de température plus élevée, il pourrait venir à un an. Les larves pourraient se développer plus rapidement et se déposer plus rapidement sur le fond, où elles seraient moins exposées à la prédation que dans la colonne d’eau. Comme il peut aussi y avoir une certaine attrition sur le fond, le crabe pourrait se concentrer sur une surface plus limitée. Certaines idées sont tellement larges qu’il sera difficile de leur répondre avec des projets de recherche», analyse Amélie Rondeau.

Les mesures de protection pour les baleines noires depuis 2017 ne se sont pas traduites par une surexploitation de certains fonds de pêche traditionnels et l’équipe scientifique ne perçoit pas de conséquences néfastes pour les prochaines années. Ces mesures de protection ont mené à l’arrêt de la pêche dans des secteurs d’observations des baleines noires pendant des périodes prolongées, et l’intensification de la capture dans les secteurs disponibles.

«Ce n’est pas flagrant. On sait qu’il y a une grosse inquiétude de l’industrie. Certaines aires pas exploitées ont-elles mené à la présence de plus de vieux crabe? En biologie, ce n’est pas néfaste, même si l’industrie peut voir ça moins positivement. Au sujet de la biomasse résiduelle, on se serait attendu à la voir davantage dans des secteurs de fermeture prolongée, mais ce n’est pas le cas. On voit une pression un peu plus accrue dans certaines aires, mais notre carte de distribution du crabe tapisse assez bien le golfe», souligne Mme Rondeau.

Quant à savoir si le réchauffement climatique peut affecter les taux de capture, elle note que «c’est une bonne question; la température peut affecter la physiologie, le métabolisme dans certains cas, mais on ne parle pas de 10 degrés, on parle de 0,3 ou 0,4 degré pour le moment», dit-elle.

D’autre part, l’équipe scientifique ne remarque pas de déplacement de la ressource vers des lieux peu fréquentés et où l’eau est plus froide.

«On ne le voit pas de façon flagrante (…) On note que dans la zone limitrophe près du chenal laurentien, on voit peu de crabe. Est-ce que c’est une zone qui est en train de devenir moins propice? On peut poser la question, mais on ne voit pas de grands changements de distribution. On a un peu les mêmes données de distribution qu’au cours des dernières années», conclut Amélie Rondeau.

LE SUD DU GOLFE – pages 3-4 – Volume 35,1 Février-Mars 2022

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Gilles Gagné
Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.
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