vendredi, septembre 30, 2022
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L’industrie du crabe des neiges accueille la hausse importante de contingent avec satisfaction

Tant les crabiers que les transformateurs de produits marins accueillent avec satisfaction la hausse sensible de contingent de crabe des neiges attendue dans les quatre zones du sud du golfe Saint-Laurent en 2022. Cette hausse, qui se situerait à au moins 29 %, et la fermeté des prix du crustacé depuis un an annoncent une très bonne année.

Alors que les crabiers de la zone 12 pouvaient compter sur un quota individuel variant entre 208 000 et 230 000 libres en 2021, ces paramètres pourraient se situer davantage entre 275 000 et 300 000 livres en 2022, voire un peu plus si la hausse de contingent s’établit à 35 %. Si ce scénario se confirme par la décision de la ministre des Pêches et des Océans, Joyce Murray, le quota global, pour les quatre zones de pêche, passerait de 24 125 tonnes métriques à 33 163 tonnes métriques entre 2021 et 2022.

Cette hausse de contingent est en petite partie attribuable à l’augmentation estimée de la biomasse commerciale, et dans une plus grande proportion à l’annulation d’une mesure de prévention ayant soustrait 15 % au quota, en 2021.

Le président de l’Association des crabiers gaspésiens, Daniel Desbois, rappelle «qu’on est toujours un peu surpris avec des écarts comme ça, mais très rassuré que le problème de l’an passé, le chalut qui restait sur le fond plus longtemps que prévu, soit réglé. L’an passé, on avait obtenu un quota avec 15 % de moins (de crabe). Le biais (attribuable au chalut) n’était donc peut-être pas aussi prononcé qu’on le pensait».

Daniel Desbois ajoute que les récentes années, si on excepte l’ajustement préventif de    15 % en 2021 et la récupération de cette quantité cette année, se caractérisent par des écarts moins forts en matière de biomasse commerciale et, par conséquent, de contingents globaux et individuels.

«On voit des hausses et des baisses remarquables, mais ça ne descend pas aussi bas qu’avant. Ça reste à un niveau plus élevé qu’avant. C’est plus régulier, avec une moyenne plus élevée», note le crabier.

Les variations, même si celle de 2022 devait se traduire par une hausse du contingent de 29 à 35 %, ne le surprennent «pas tant que ça», assure-t-il.

«C’est difficile de juger. On finit plus tôt la pêche depuis quelques années. On voit moins de crabe en mue. On a moins de repères qu’avant, que dans le temps où on pêchait plusieurs semaines de plus. On a vu du crabe en mue plus tôt, en 2021. On l’a vu dès le mois de mai. Habituellement ça arrive plus tard. C’est un signe de bon recrutement. Le relevé scientifique avait indiqué la présence de beaucoup de petits crabes. C’est rassurant», souligne M. Desbois.

La stabilité du stock de la zone 12, où l’on retrouve autour de 85 % de la biomasse du sud du golfe Saint-Laurent, le rassure. «Oui, la quantité observée est même surprenante. Il y a des pics de grosseurs qu’on n’a pas vu souvent, chez les mâles et les femelles», dit-il.

Les mesures de protection de la baleine noire inquiètent les crabiers gaspésiens, pas parce qu’ils sont réticents à protéger ces mammifères, mais parce qu’il reste bien des aspects à organiser de façon optimale chez les organismes de surveillance, note Daniel Desbois.

«C’est sûr que c’est une préoccupation, les mesures à venir du MMPA (Marine Mammals Protection Act). Rien de ce qui a été proposé n’est prêt. C’est préoccupant. Ce n’est tout simplement pas applicable, comme le lien faible, un câble qui se rompt avec une tension de 1 700 livres. Une compagnie propose un déclencheur qui semble fonctionner, grâce à une bouée qui sera récupérable de la surface, mais ce n’est pas prêt à servir dans des conditions de pêche. Au sujet du lien faible, tout ce qui a été testé n’est pas bon. Si on ne récupère pas le casier, c’est de la pollution inutile et le casier continue à pêcher. Les tests de récupération des engins perdus n’ont pas donné de bons résultats non plus», précise Daniel Desbois.

La hausse plus que probable de 35 % du contingent spécifique à la zone 12 s’accompagne d’une certaine inquiétude quant aux débarquements puisque la saison sera plus longue que l’an dernier et que les baleines feront leur apparition à un certain moment. Les glaces pourraient aussi jouer un rôle dans le départ hâtif souhaité par les crabiers, considérant que l’hiver 2022 est beaucoup plus froid que le précédent. En 2021, les crabiers sont sortis en mer le 3 avril.

«C’est certain qu’il ne faudrait pas que la saison débute trop tard, mais les taux de capture resteraient bons plus longtemps avec un quota plus élevé. La présence de glaces, c’est relatif aux conditions du printemps. Il peut y en avoir beaucoup, mais la direction et la force des vents pourront la sortir des havres. L’an passé, c’était en bas de la moyenne», dit-il.

Le premier appel du comité des glaces est prévu pour le 15 mars. La Garde côtière canadienne a entamé au cours de l’hiver les démarches visant à dégager les havres du sud du golfe, essentiellement les ports de la Péninsule acadienne. La possibilité d’utiliser le remorqueur Océan Sept-Îles, basé à Paspébiac et assurant l’escorte des navires chargeant du ciment à Port-Daniel, est également en pourparlers avancés.

«La Garde côtière a sorti un appel d’offres pour assurer la présence d’un brise-glace et un autre appel d’offres pour un plus petit brise-glace, pour les zones plus difficilement accessibles. On en parlait depuis longtemps, de cette utilisation d’un brise-glace pour dégager les ports de la Péninsule acadienne, mais la baleine n’était pas là à l’époque. Maintenant, ça fonctionne. Pour l’utilisation du remorqueur de Port-Daniel, c’est réglé, selon ce que j’entends», souligne M. Desbois.

AUTRE PRIX RECORD AU DÉBARQUEMENT?

Comme tout le monde, le président de l’Association des crabiers gaspésiens entend les rumeurs à l’effet que le prix au débarquement serait encore meilleur que les 8,50 $ la livre payés aux pêcheurs dont le bateau est muni d’une cale à glace, et 9 $ pour ceux équipés d’une cale à eau. Le prix de 10 $ et même plus est évoqué pour la saison 2022.

«C’est plausible. Ça semble plausible en raison de l’effondrement des stocks en Alaska. On sait qu’il n’y a pratiquement pas d’inventaires sur les marchés», signale Daniel Desbois.

Du côté de la transformation, Bill Sheehan, vice-président de l’entreprise E. Gagnon et Fils, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, s’attend aussi à une année record, à moins que la situation mondiale dégénère sérieusement en raison du conflit déclenché par la Russie en Ukraine.

«Le marché est presque vide. Les distributeurs et les grossistes gardent de petites quantités pour certains clients, mais il n’y a pas de prix pour le gros crabe. C’est bon pour l’industrie du crabe. Un prix de 10 $ au débarquement est possible. Ça fait peur à dire, mais ce sera dans ces eaux-là», note Bill Sheehan.

GUERRE EN UKRAINE : UNE INCERTITUDE

La situation de la guerre en Ukraine vient cependant ajouter un élément d’incertitude pouvant jouer dans les deux sens.

«Ce n’est qu’une rumeur, mais avec ce qui se passe en Ukraine, on entend dire que les États-Unis pourraient imposer un embargo du crabe venant de la Russie. Il est aussi possible que le Japon boycotte le crabe russe. Ce serait bénéfique pour nous. Par contre, si le conflit s’étend dans d’autres pays européens, s’il (le président russe Vladimir Poutine) se sert de l’arme nucléaire, ce sera évidemment mauvais pour l’industrie. Il est aussi possible qu’un autre variant arrive. On ne le souhaite pas, c’est évident. Le début de la saison est dans moins d’un mois en principe. On peut prévoir des quotas et un prix historique, mais un reconfinement, bien que moins possible, c’est un nuage au-dessus de nos têtes. Je ne mettrai pas un prix pour la saison demain matin, mais pour le moment, on peut s’attendre à un prix record», analyse M. Sheehan.

«La devise peut être influencée par ce qui se passe sur la planète, mais pour le moment, ça ne bougera pas énormément en deux-trois semaines», ajoute-t-il.

Bill Sheehan n’est pas vraiment surpris de constater une augmentation possible de 35 % du contingent en 2022 pour la zone 12.

«Une hausse de 35 % nous remet à des niveaux de 2020. Les 26 % de baisse de l’an passé nous avaient surpris, dit-il en comptant la réduction de quota attribuable aussi à la courbe de biomasse. Là, c’est une autre surprise. Les prises étaient là en 2021, mais vers la fin, avec les baleines, c’est toujours un peu plus compliqué, et même beaucoup plus compliqué, à mesure que la saison avance. On dirait que les quadrilatères sont fermés dans les fonds où le crabe se trouve», note-t-il.

L’an passé, l’usine de E. Gagnon et Fils a transformé près de huit millions de livres de crabe des neiges.

«Cette année, ce sera tout près de 10 millions de livres si on conserve la même flottille. On ne voit pas beaucoup de mouvements entre les usines; c’est toujours possible (…) On a une usine bien située par rapport à la ressource. Le problème, c’est la capacité de prendre tout le crabe. Il y a beaucoup de pression au début parce que les pêcheurs veulent livrer avant l’arrivée des baleines. On ne peut pas tout prendre. On peut en prendre tant par jour. C’est ce qui fait qu’on se retrouve après trois semaines avec 60 % de la saison débarquée. On a la chance de pouvoir   assurer la transition pour les travailleurs avec du homard», note Bill Sheehan.

La direction de l’usine de Sainte-Thérèse-de-Gaspé ne prévoit pas de changement majeur des conditions d’exploitation en 2022.

«Avec les deux quarts de travail dans l’usine, toutes les équipes de débarquement, les camionneurs, le contrôle de la qualité et l’équipe des bureaux, on aura encore un peu plus de 600 employés, dont 400 en production. On aura 80 travailleurs du Mexique dans notre équipe. On est passé de 20, à 40, à 60 puis 80 cette année. C’est une augmentation qui se poursuivra pour quelques années», dit-il.

L’an passé, la mise en quarantaine des travailleurs mexicains a forcé l’entreprise à concentrer ses ventes sur le marché américain, et en délaissant pour la première fois en quelques décennies le marché japonais.

«À cause de la quarantaine, il a fallu se concentrer sur les plus gros formats du marché américain, mais c’était une bonne année pour ça parce que les prix le justifiaient. Le Japon est plus frileux depuis quelques années. Les Japonais veulent de la qualité supérieure. Ils achètent avec les yeux. Il y a un prix à ça. Le manque de main-d’œuvre nous a empêché de faire cette production avec des portions plus petites, avec un emballage plus soigné, mais l’avoir fait pour le Japon, le prix n’aurait pas été là», précise Bill Sheehan.

Quand il a parlé à Pêche Impact, il était en préparation pour le Boston Seafood Show, prévu du 13 au 15 mars.

«De notre côté, on a entendu dire que certaines compagnies ne seront pas présentes, et des compagnies du Québec ne seront pas autorisées à entrer, mais nos clients américains seront là. Au kiosque du Québec, il y a seulement deux preneurs: Unipêche et nous. On est en plein centre du salon, dans l’axe de circulation. Ce sera plus tranquille, mais nos rendez-vous sont déjà pris avec nos clients américains. De plus, les Européens et les Japonais seront là. C’est là que tu as de bons indicateurs au sujet de qui en veut et qui n’en prend pas. Les acheteurs américains ne prennent pas de chance. Avant de rendre du produit à Los Angeles, ça prend six semaines», conclut Bill Sheehan.

LE SUD DU GOLFE – pages 5-6 – Volume 35,1 Février-Mars 2022

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Gilles Gagné
Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.
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