vendredi, février 23, 2024
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Une pêche rapide pour les pêcheurs madelinots

En date du 21 juin, les Madelinots qui exploitent le crabe des neiges des zones 12 et 12F du sud du Golfe avaient capturé 2 512 tonnes métriques (TM) de crustacés, sur des allocations totalisant 2 497 TM. Selon les données préliminaires du ministère des Pêches et des Océans (MPO), ce sont les participants à la pêcherie dans la zone 12 qui ont enregistré un dépassement de 18 TM, tandis que ceux de la 12F encaissent un léger manque à gagner de trois tonnes. Les pêcheurs n’ont fait, dans l’ensemble, qu’un total de 354 voyages de pêche, contre 415 l’an dernier. Il en résulte un rendement de 7,87 TM/voyage dans la zone 12, contre 5,40 TM/voyage en 2022; et de 5,98 TM/voyage dans le secteur 12F, contre 5,28 TM/voyage un an plus tôt.

«Ça a très bien été!», résume-t-on, tant chez les pêcheurs que les industriels des Îles-de-la-Madeleine, qui sont tous satisfaits du bon déroulement de la saison de pêche 2023. Le capitaine du PHOENIX IX, Jocelyn Thériault, dit avoir capturé son quota de 154 000 livres en seulement huit voyages dans la petite zone 12F le long du chenal Laurentien, contre 12 la saison précédente et ce, malgré une hausse d’allocation de 10 %. «Les prises sont excellentes! Les rendements par casier étaient de 20 % à 25 % plus élevés que l’année dernière, souligne-t-il. Les prévisions scientifiques   du MPO sur l’état de la ressource étaient bonnes. Ça concorde.»

M. Thériault, au contraire de son confrère Marcel Cormier, capitaine du CAP ADÈLE, a pu manœuvrer sans être dérangé par les baleines noires menacées d’extinction. Il raconte qu’il s’apprêtait déjà à retirer ses cages de l’eau lorsque le ministère a émis un avis de fermeture temporaire de la portion nord de la 12F, en date du 8 mai, afin de protéger un couple de mammifères qui passaient par là. «J’ai fini le 15 de mai et puis on avait un délai de trois jours pour lever les casiers avant la fermeture des quadrilatères touchés, explique-t-il. Mais comme je pêchais au sud de ces quadrilatères, je n’ai pas eu de problème. J’ai été chanceux!»

Le capitaine Cormier, quant à lui, a dû déménager tout son gréement au complet, lors de cette fermeture temporaire décrétée par le MPO afin de minimiser les risques d’empêtrement de baleine. Il estime néanmoins avoir tiré son épingle du jeu avec seulement 10 voyages de pêche, soit le tiers de moins que la saison 2022. «Ce sont les baleines qui mènent, désormais!, souligne-t-il. Mais même si on a été dérangé, on a pu faire notre quota. Les captures ont été plus rapides. La saison s’est déroulée pas mal comme on l’avait prévu.»

Pour sa part, le capitaine du FRANCIS ÉRIC, Francis Poirier, qui pêche dans la grande zone 12 du sud du golfe du Saint-Laurent, a réussi à capturer son total de prises admissibles en moins de cinq semaines. Les contingents individuels moyens des crabiers traditionnels variaient entre 315 000 et 375 000 livres, ce qui représente une hausse de 12 % par rapport à l’an dernier.

«Les prises étaient super bonnes, commente-t-il. La ressource était au rendez-vous. Et pour la première fois depuis qu’on a la problématique des baleines, on n’a pas du tout été incommodé. C’est la première fois qu’on finit notre saison sans avoir été amputé par les baleines dans la zone 12. Elles sont arrivées un peu plus tard et nous, on a commencé quand même assez tôt, environ quatre, cinq jours plus tôt que l’an passé. Je pense que c’est le secret pour une bonne cohabitation : pêcher tôt en avril, quand les baleines ne sont pas là. C’est la meilleure façon de protéger l’industrie et de protéger la baleine.»

BAISSE DE PRIX

Cela dit, les pêcheurs n’ont reçu que 2,25 $/lb-2,50 $/lb pour leurs débarquements 2023, ce qui représente une diminution de 60 % par rapport au prix final de 6 $/lb de la saison précédente. «Ç’a baissé énormément! Quand on va tout additionner les dépenses : le carburant, les appâts, le permis – tout ça, ça n’a pas baissé –, on va peut-être dégager un petit profit, mais pas énorme! On n’est pas loin du déficit», laisse tomber Marcel Cormier.

«Le prix est le seul point négatif d’une autrement très belle saison, ajoute Denis Éloquin, capitaine du JEAN MATHIEU. On n’y peut pas grand chose, à moins d’espérer que 2024 soit mieux. C’est ridicule de pêcher du crabe à 2,50 $ quand le reste des prix sont encore hauts. Pour le homard, c’est encore très bon. Ça na pas de sens du crabe à deux et demi en 2023!»

De son côté, le directeur général de   l’usine Fruits de Mer Madeleine, James Derpak, note que le prix du marché est quand même resté stable, à 4,75 $US/lb, malgré un léger fléchissement en début de saison, en raison d’importants inventaires cumulés suite à l’effondrement de la demande en 2022. Il précise que 90 % de sa production a été livrée au Japon, cette année, contre seulement 25 % l’an passé. «Il y a beaucoup d’enjeux sur le marché américain et on a ajusté notre stratégie de vente, indique M. Derpak. Ce n’est pas plus compliqué que ça! Mais on avait quand même tout vendu l’année passée, malgré les difficultés généralisées, et c’est pareil cette année.»

PRODUCTIVITÉ EN HAUSSE

De plus, M. Derpak se félicite de ce que la qualité du crabe soit optimale cette année et que son traitement en usine ait atteint un seuil de productivité record. Il en attribue le mérite à l’ensemble de ses 150 employés, dont plus du tiers sont d’origine mexicaine. «La production n’a jamais été aussi bien ici, à l’usine, en termes de volumes traités. À notre plus grosse journée de production, on a transformé 84 000 livres. Et avant cette année, notre record était de 72 000 livres. Toute notre équipe a travaillé très fort. Tout le monde a été   efficace partout dans l’entreprise, tant au débarquement que dans l’usine.»

D’ailleurs, Fruits de Mer Madeleine planifie d’importants investissements au cours des deux prochaines années afin d’augmenter sa production quotidienne de crabe à plus de 100 000 livres, voire 120 000 livres. L’entreprise a notamment bénéficié d’une subvention de 800 000 $ de la part du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec pour la supporter en ce sens. Selon James Derpak, cela lui permettra d’éviter de détourner du crabe vers l’Île-du-Prince-Édouard en début de saison, lorsque les volumes dépassent sa capacité de production.

Pour sa part, le président de Pêcheries LéoMar, Christian Vigneau parle d’un début de saison de transformation rocambolesque à l’usine de Grand-Entrée, reprise de la faillite de LA Renaissance des Îles à quelques jours du départ en mer des pêcheurs. Il a dû vendre la moitié de ses approvisionnements de crabe à une usine de Matane parce que ses travailleurs étrangers temporaires n’étaient toujours pas arrivés dans l’archipel.

«Nos deux équipes [constituées des anciens travailleurs de LRDI et de ceux de Poissons Frais des Îles] ont mis l’épaule à la roue et ça nous a permis d’être prêts à temps, dit-il. Avec nos travailleurs locaux, on s’est familiarisé avec les nouvelles installations et l’année prochaine, on sera fin prêt!»

Autrement, M. Vigneau qualifie la demande de bonne, bien que les premières commandes aient été lentes à se manifester. «Ça s’est quand même bien écoulé. Les commandes étaient régulières, affirme-t-il. On a d’anciens clients de LA Renaissance qui font affaires avec nous et on a eu beaucoup de demandes d’information sur nos produits et d’offres de prix. On est en train de se bâtir de nouvelles relations et toute la production était déjà écoulée à la mi-juin, compte tenu que la moitié de nos approvisionnements ont dû être transférés en Gaspésie. On en aurait pris plus!»

Pour l’instant, il est encore trop tôt pour dire si un boni sur le prix anémique payé à quai cette saison, sera versé. À la lumière de la situation du marché, qui est toujours à son plus bas, l’industrie devrait se concerter sur la question en cours d’automne.

LE SUD DU GOLFE – page 10 – Volume 36,3 Juin-Juillet-Août 2023

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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