Vers l’établissement d’une culture de sécurité en mer

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La rencontre annuelle du Comité permanent sur la sécurité des bateaux de pêche du Québec (CPSBPQ) fait ressortir l’importance de l’instauration d’une culture de sécurité à bord, auprès de tous les membres d’équipage, peu importe le type d’embarcation.

Le comité s’est rencontré du 6 au 8 février dans le cadre de son assemblée générale annuelle, autour de laquelle une série d’ateliers et de conférences ont pris place. Le gestionnaire à la Sécurité maritime à Transport Canada, Région du Québec et vice-président du conseil administratif du CPSBPQ, Robert Fecteau, affirme que les pratiques en matière de sécurité évoluent rapidement. «Il y a dix ans, on n’aurait jamais vu les hommes travailler avec des gilets de sauvetage en mer. Aujourd’hui, c’est plus de 60 % d’entre eux qui portent un gilet de sauvetage gonflable.» L’image ne peut être plus claire pour illustrer la «culture de sécurité» qui s’installe à bord des bateaux.

Selon le capitaine crabier et président du CPSBPQ, Marc Doucet, la sécurité doit être discutée en équipe. «C’est l’affaire de tout le monde à bord. Moi-même, je viens à la rencontre annuelle avec des employés. Ça les aide à comprendre pourquoi on demande certaines choses et ils sont plus solidaires quand vient le temps d’appliquer les règles de sécurité. Ils font partie de l’équipe et vont nous aider à voir à certains aspects qu’on aurait pu négliger», dit M. Doucet.

Le capitaine Doucet ajoute que la formation sur la sécurité à bord doit être propre à chaque embarcation. «Même si un nouvel employé a déjà travaillé sur des bateaux, c’est mieux de montrer à tout le monde comment ça marche. C’est plus sécurisant de partir en mer avec notre équipe, on a confiance. C’est plus facile d’entretenir notre bateau aussi, et de donner des responsabilités à tous les membres de l’équipage. Aussi, parfois, les aides-pêcheurs ont de bonnes idées, ça ne vient pas toujours du capitaine.»

M. Doucet souligne de plus que lorsque les bateaux sont à quai, il est maintenant fréquent d’entendre les alarmes d’incendie, alors que différentes équipes effectuent des pratiques pour se parer à toute éventualité. Ce genre d’exercice était plus rare il y a quatre ou cinq ans. L’annonce du règlement sur la sécurité des bateaux de pêche et sa récente entrée en vigueur ont accéléré ce changement de comportement, affirme le capitaine. «Au Québec on a déjà une longueur d’avance sur les autres provinces», ajoute-t-il, tout en spécifiant que, malgré tout, il ne faut pas arrêter le travail: «Sur les plus petits bateaux de moins de 15 tonneaux, il y a encore environ la moitié de la flotte qui n’a pas été ins-pectée. Ça devrait avoir lieu cette année.»

DISCUSSIONS ET ATELIERS

Lors de la rencontre annuelle du comité, le travail avec facultés affaiblies par la fatigue, la drogue, l’alcool ou les médicaments a été présenté comme un enjeu majeur, souligne Robert Fecteau: «C’est peut-être moins visible dans les pêches côtières, mais dans les pêches semi-hauturières, on observe parfois cinq jours de travail consécutifs avec très peu d’heures de repos. Des gens tombent endormis à la barre.»

Le capitaine du YOHAN MIRJA, Roberto Desbois, était sur place cette année, afin de témoigner de cette réalité. Il a relaté la collision entre son bateau et le navire NORD TAIPEI en juin 2017, à la suite d’un problème de fatigue. La CNESST et Transports Canada se sont également montrés intéressés par ce problème. Un panel de discussion mené par le Bureau de la Sécurité des Transports a permis de mettre en lumière certaines solutions comme la rotation d’équipage. Celle-ci consiste à changer un ou deux membres de l’équipage par voyage pour leur permettre d’avoir une période de congé. Bien entendu l’importance de la sensibilisation à la fatigue a aussi été mise de l’avant.

Concernant la consommation d’alcool et de drogues, peu d’informations sont disponibles. «On nous dit que ce n’est pas pire qu’ailleurs, mais l’enjeu est reconnu», affirme Robert Fecteau. Un atelier sur le cannabis a été prodigué par la Gendarmerie Royale du Canada afin de bonifier les connaissances sur le sujet.

D’autres ateliers sur la règlementation, sur les exercices de sauvetage et sur la pêche sportive se sont avérés particulièrement populaires auprès des 200 participants à la rencontre annuelle. Transports Canada était également sur place pour présenter les travaux en cours pour l’élaboration sur les prochaines parties du règlement sur la sécurité des bateaux de pêche.

Le homardier et président du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, Joël Berthelot, affirme que la rencontre annuelle du CPSBPQ est particulièrement importante pour les capitaines et les membres d’équipage: «Ça nous permet de nous garder à jour en ce qui a trait à la règlementation et la formule exposition permet de voir et acheter le matériel de sécurité dont on a besoin selon notre type d’embarcation et de pêche.» Celui-ci ajoute qu’au cours des dernières années, celui-ci s’est équipé d’un kit de survie et d’un filet de récupération, entre autres, afin de pouvoir récupérer plus facilement une personne en mer. «Durant la rencontre, on nous donne des exemples concrets d’accidents ainsi que ce qui aurait pu être fait pour sauver des vies. Ça fait réfléchir», dit-il.

DANGER À DOCUMENTER

Même si une culture de sécurité prend de plus en plus sa place à bord des navires, les chances de perdre sa vie en mer demeurent les mêmes depuis une vingtaine d’années. «Il faut vraiment que tout le monde travaille ensemble. Le milieu de l’éducation, les autorités règlementaires, les assureurs, les constructeurs de navire, les pêcheurs (…) il faut que tous tiennent le même discours pour rendre nos pêcheurs conscients des risques auxquels ils font face.»

Robert Fecteau ajoute que pour y parvenir, un projet de recherche sur deux ans est mené par Transports Canada depuis novembre, afin de dresser un portrait de situation de la sécurité dans les pêches au Québec. «On veut savoir où les accidents arrivent, pourquoi, sur quel type de navire, quel type de pêche, etc. On veut vraiment identifier les facteurs de risque pour être en mesure de mieux agir», affirme M. Fecteau.

Des bases de données de la Garde Côtière, de la CNESST, des assureurs, de Transports Canada et de Pêches et Océans seront mises à profit afin de récolter l’information. Par la suite, une seconde phase au projet de recherche consistera à définir mesurer la culture de sécurité sur le terrain. Des questionnaires seront remis à différents corps de métier tous les cinq ans pour mesurer l’évolution de cette dernière, ainsi que les impacts sur les pertes de vies et réclamations aux assureurs.

SÉCURITÉ À BORD DES NAVIRES – page 22 – Volume 32,1 Février-Mars 2019

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À propos de l'auteur : 

Ariane Aubert Bonn
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